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EADS-BAE : florilège de réactions à la fusion avortée

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[Actualisé] A peine la rumeur évoquant un échec des négociations dans le projet de fusion entre l’européen EADS et le britannique BAE Systems en raison d’un blocage de l’Allemagne propagée que les réactions se sont multipliées. Tour d’horizon.

EADS-BAE : florilège de réactions à la fusion avortée © D.R. - EADS

Sommaire du dossier

La "fusion de la décennie", la  "méga-fusion"…  Les réactions des observateurs après l’annonce de l’échec des négociations entre le géant européen de l’aérospatiale EADS et le britannique BAE Systems étaient à la hauteur des superlatifs employés pour qualifier le projet de rapprochement entre les deux groupes.

La rumeur révélant que les deux groupes mettaient fin aux pourparlers, diffusée peu après 13h30 par l'AFP et très vite confirmée par un communiqué officiel, n’a en effet pas tardé à bousculer médias, analystes et membres des différents gouvernements concernés.

Mais cette nouvelle n'est cependant pas une surprise pour tout le monde : mi-septembre, après l'annonce d'un mariage envisagée entre les deux groupes, la plupart des journalistes spécialisés n'y croyaient pas.

Les cours de Bourse, premiers à réagir

Les titres d'EADS et de BAE ont connu des variations contraires peu après la confirmation de l'échec du projet de fusion. A 14h37 à la Bourse de Paris, le cours de l'action EADS -qui avait perdu 12% depuis l'annonce du projet de fusion- s'envolait ainsi de 4,03%, quand le titre du britannique chutait de 1,75% à la même heure.

 


 

Les analyses des médias britanniques et allemands

Outre-Manche, l'éditorialiste de la BBC Robert Peston s'est rapidement livré à une analyse des raisons l'échec des négociations (à voir en vidéo ici). Pour lui, ce projet était dans l'impasse à partir du moment où le gouvernement allemand y était "fondamentalement opposé".

 

 

Une vision que Robert Peston a davantage détaillé dans un billet publié sur le site de BBC une fois la rumeur confirmée.

Quant à savoir si BAE y avait vraiment intérêt, Robert Preston répond que le groupe britannique spécialisée dans la Défense souhaitait "ne pas avoir ses œufs dans le même panier". A ce titre et dans un contexte de réduction des budgets militaires américain et britannique, l'alliance avec un géant de l'aviation civile lui aurait donc permis de se diversifier.

Cependant, l'éditorialiste explique que pour les gros actionnaires de BAE, qui étaient pour certains opposés aux projets, cette annonce est donc une bonne nouvelle.

Pour le Financial Times, la responsabilité de l'échec des négociations est attribuée à Paris et Berlin. Le quotidien britannique explique notamment qu'Angela Merkel n'aurait pas souhaité prendre le risque de donner son accord. Des élections auront lieu l'année prochaine et la chancelière ne veut pas se mettre en danger.

En Allemagne, l'hebdomadaire Wirtschafts Woche justifie également cet échec par l'impossibilité de concilier les différents intérêts des Etats, France et Allemagne en tête. Le journal souligne en outre la déception des deux groupes qui avaient cru dans la logique industrielle du projet et pour qui il apparaissait comme une opportunité unique de regrouper leurs activités.

Pour François Hollande : "C'est la décision des entreprises"

En réaction à l'échec de la fusion, François Hollande a indiqué qu'il s'agissait de "la décision des entreprises" et que ce n'était pas à lui de se réjouir ou de regretter quoique ce soit à ce sujet. "L'Etat français, à sa place, fera tout pour que cette entreprise (EADS) ait tous les soutiens nécessaires" à l'avenir, a-t-il ajouté, estimant qu'il n'y avait pas à "regretter ou se réjouir" de l'échec des négociations.

Dans un communiqué commun, Pierre Moscovici et Jean-Yves Le Drian ont fait savoir que l'Etat avait "examiné le projet avec la plus grande attention, tout particulièrement ses implications en termes de protection de ses intérêts de défense, de stratégie industrielle et d'emploi."

Accusé de toutes parts d'avoir fait capoter le projet de fusion, Berlin n'a pas tardé à réagir. "Pour le gouvernement allemand, l'important est désormais qu'EADS puisse se développer de façon positive dans tous ses secteurs d'activité", a réagi Steffen Seibert, porte-parole du gouvernement allemand. "Pour cela, le gouvernement allemand poursuivra entre autres ses négociations pour la reprise de la part de Daimler par la (banque publique) KfW", a-t-il ajouté.

Pour Londres, concilier Paris et Berlin était "trop compliqué"

En milieu d'après-midi, le gouvernement britannique n'avait toujours pas officiellement réagi. Mais, selon des sources proches du dossier et afin de préserver les relations privilégiées entre le Pentagone et BAE systems, Londres aurait cherché à concilier ces deux partenaires, sans succès donc. Les Etats-Unis avaient en effet exprimé leurs réticences à l'idée d'une participation trop importante des Etats au capital de la future entité.

Le ministre de la défense britannique, Philip Hammond, a en effet reconnu un peu plus tard dans la journée que concilier Paris et Berlin était "trop compliqué", rapporte le site de The Independant. Reconnaissant que la participation des Etats représentait le principal point de blocage entre les trois pays, il a toutefois renoncé à blâmer un des deux parties en particulier, rappelant que le principal objectif de son gouvernement était de préserver les intérêts du Royaume-Uni en termes de sécurité et d'emploi.

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