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EADS-BAE : échec des négociations en vue de la fusion

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[ACTUALISE] - Berlin serait en partie à l'origine du blocage des discussions entre les deux groupes spécialisés dans l'aéronautique-défense officialisées le 12 septembre.

EADS-BAE : échec des négociations en vue de la fusion © D.R - EADS

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C'en est fini pour le géant mondial de l'aéronautique. Dans un communiqué conjoint, EADS et BAE Systems ont fait part officiellement de la fin des discussions sur leur projet de fusion. Les deux entreprises ne vont pas demander ce 10 octobre au régulateur britannique une extension du délai pour mener à bien les négociations.

D'après une source proche du dossier citée par l'AFP, "ça n'a pas marché parce que les Allemands ont bloqué".

"Les discussions avec les gouvernements concernés (France, Allemagne, Grande-Bretagne, ndlr) n'ont pas atteint un point où les deux sociétés auraient pu révéler pleinement les avantages et le dossier détaillé de cette fusion", indique le communiqué.

"Nonobstant un accord d'engagement constructif avec les gouvernements concernés tout au long de ces dernières semaines, il est devenu évident que les intérêts des actionnaires publics ne peuvent pas être conciliés les uns avec les autres, ou avec les objectifs fixés par EADS et BAE Systems pour la fusion", est-il précisé.

"BAE et EADS ont donc décidé qu'il était dans l'intérêt de leurs entreprises et de leurs actionnaires de mettre fin aux négociations, afin de se concentrer sur leurs stratégies respectives pour l'avenir",  tranche le communiqué.

Déception manifeste pour Tom Enders et Ian King

Après un mois d'âpres négociations avec leurs actionnaires, les dirigeants des deux groupes ne cachent pas leur amertume.

"Nous sommes évidemment déçus de ne pas être parvenus à un accord acceptable avec nos actionnaires gouvernementaux. Nous pensons que la fusion présentait une opportunité unique pour BAE Systems et EADS de combiner deux entreprises de rang mondial complémentaires pour créer un groupe leader mondial de l'aéronautique, de la défense et de la sécurité", commente Ian King, le directeur général de BAE Systems, dans le communiqué, qui a également confirmé "ne pas rechercher activement d'autre partenaire".

Du côté d'EADS, le président Tom Enders a trouvé "dommage" l'échec de la fusion, mais reste "content" d'avoir essayé. "Je suis sûr que d'autres challenges communs se présenteront pour nos deux groupes dans le futur", a-t-il assuré.

L'Allemagne et la France relativisent déjà l'échec

Berlin, désignée par des sources proches du dossier comme pour partie responsable de l'échec des négociations tripartites, se tourne déjà vers l'avenir. "Pour le gouvernement allemand, l'important est désormais qu'EADS puisse se développer de façon positive dans tous ses secteurs d'activité", a réagi Steffen Seibert, porte-parole du gouvernement allemand, comme le rapporte l'AFP. "Pour cela, le gouvernement allemand poursuivra entre autres ses négociations pour la reprise de la part de Daimler par la (banque publique) KfW", a-t-il ajouté.

"L'Etat allemand a toujours oscillé entre être au capital d'EADS (pour préserver les sites et emplois) ou ne pas y être (au nom du non- interventionnisme). Cela explique la violence des confrontations entre les différents acteurs allemands, quitte à faire capoter le projet, mais aussi entre Allemands, Français et Britanniques", apprend-on dans un reportage sur les coulisses de la négociation publié par Le Monde.

Même son de cloche de la part de la France. "C'est la décision des entreprises", a déclaré François Hollande lors d'une conférence de presse commune avec le chef du gouvernement espagnol à l'Elysée, comme le rapporte l'AFP.  "L'Etat français, à sa place, fera tout pour que cette entreprise (EADS) ait tous les soutiens nécessaires" à l'avenir, a-t-il ajouté, estimant qu'il n'y avait pas à "regretter ou se réjouir" de l'échec des négociations.

Fort de sa position d'actionnaire d'EADS, le chef de l'Etat français a rappelé à l'AFP ses "conditions" à la fusion, "pour que les responsables de ces deux entreprises sachent bien ce que nous pouvions accepter et ce que nous ne pouvions pas admettre".

Et d'évoquer devant la presse la "présence au capital (de l'Etat) à un niveau moindre que ce qui existe aujourd'hui", la "localisation des sièges sociaux, donc des emplois", et "la protection de nos intérêts de défense".

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