EADS à la peine sur l'appel d'offres pour les ravitailleurs US

par Andrea Shalal-Esa

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EADS à la peine sur l'appel d'offres pour les ravitailleurs US

WASHINGTON (Reuters) - EADS s'efforce de trouver un nouveau partenaire américain alors que L-3 Communications semble avoir renoncé à s'associer à sa candidature pour le contrat des avions ravitailleurs de l'US Air Force, a-t-on appris de sources proches du dossier jeudi.

Le contrat est évalué à quelque 50 milliards de dollars (37 milliards d'euros).

Des responsables d'EADS espéraient pouvoir annoncer cette semaine qu'ils affronteraient Boeing dans le cadre de l'appel d'offres du Pentagone, mais les efforts pour trouver de nouveaux alliés américains après le forfait de Northrop Grumman le mois dernier se heurtent à des difficultés.

L'opposition politique à l'entrée dans le jeu du groupe européen s'est en outre renforcée.

Norm Dicks, un représentant démocrate de l'Etat de Washington, dans lequel Boeing construirait une bonne part des ravitailleurs s'il emportait le contrat, a ainsi déclaré que les considérations industrielles globales l'emportaient sur les avantages d'une mise en concurrence.

"Personnellement, j'espère qu'ils ne feront pas d'offre", a déclaré à la presse à propos d'EADS Norm Dicks, qui préside la sous-commission des dépenses de défense à la Chambre des représentants. "Nous avons déjà eu une mise en concurrence. Nous connaissons leurs chiffres. Je pense que leur avion est trop gros."

L-3 SEMBLE HORS JEU

Plusieurs sources qui suivent le dossier ont déclaré que Norm Dicks s'intéressait de près aux discussions entre EADS et des partenaires potentiels et qu'il avait été personnellement en contact avec certains dirigeants du secteur.

EADS et Northrop Grumman avaient emporté le contrat en 2008 au terme d'un appel d'offres annulé par la suite après un recours de Boeing.

Des responsables d'EADS poursuivent des discussions avec plusieurs entreprises américaines, parmi lesquelles pourraient figurer L-3, Raytheon et d'autres, selon plusieurs sources qui ne sont pas autorisées à s'exprimer publiquement.

Une source qui suit le dossier de près a déclaré que L-3 était "probablement complètement hors du jeu" à ce stade, même s'il reste une faible probabilité de le voir changer d'avis.

Le groupe européen d'aéronautique et de défense espère pouvoir annoncer la semaine prochaine le résultat de ces discussions, selon des sources suivant l'évolution du dossier.

Des responsables du Pentagone ont annoncé le mois dernier que l'appel d'offres serait prolongé de 60 jours si EADS s'engageait fermement à déposer une offre.

Guy Hicks, porte-parole d'EADS North America, a déclaré qu'aucune décision n'avait été prise pour l'instant et que le groupe continuait d'étudier différentes options.

"EADS North America n'a pris aucune décision sur une offre pour le contrat KC-X. Si nous décidons d'y aller, nous le ferons avec une équipe américaine solide", a-t-il ajouté, en expliquant que l'engagement du Pentagone à prolonger l'appel d'offres était un élément important de la prise de décision, mais pas suffisant.

Une porte-parole de L-3 a refusé de commenter ces informations.

"PRESSIONS POLITIQUES"

Des représentants de Raytheon ont dit récemment que le groupe ne rejoindrait pas l'équipe d'EADS mais aucun d'eux n'a pu être joint jeudi pour un commentaire.

Le britannique BAE Systems a lui aussi exclu de s'allier à EADS sur ce dossier, selon des sources proches des discussions.

Une source du secteur de la défense, qui a requis l'anonymat, a estimé que le climat politique entourant le dossier avait pu jouer un rôle dans la décision de Northrop de se retirer du dossier.

"Les pressions politiques font de l'effet", a dit cette source.

Pour Scott Hamilton, analyste de Leeham, les fournisseurs potentiels d'EADS aux Etats-Unis doivent prendre en compte l'enjeu politique du dossier.

"Il est clair qu'il s'agit d'une situation politiquement incendiaire", a-t-il dit en évoquant l'opposition croissante des soutiens de Boeing.

Tout fournisseur éventuel du groupe européen serait confronté à "des pressions politiques intenses et à une énorme colère du Congrès", a-t-il ajouté.

Northrop a justifié sa décision de se retirer du dossier en affirmant que le cahier des charges rédigé par le Pentagone favorisait le Boeing 767 face à l'avion présenté par EADS, dérivé de l'Airbus A330.

Marc Angrand pour le service français

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