Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

E-santé : les industriels inquiets à l’heure de la présidentielle

Gaëlle Fleitour ,

Publié le

A l’occasion du Colloque des Industries du numérique et de la santé, ouvert ce mardi par Eric Besson, les industriels ont pu faire entendre leurs doléances. S’ils regrettent le retard pris par l’Etat en e-santé, ils ne voient rien venir de la part des candidats à l’élection présidentielle...

E-santé : les industriels inquiets à l’heure de la présidentielle © jfcherry - Flickr - c.c.

Les conférences se suivent mais ne se ressemblent pas sur les technologies de l’information et de la communication (TIC) appliquées à la santé. En témoigne le colloque des Industries du numérique et de la santé, hébergé à Bercy ces mardi et mercredi... et théâtre de "coups de sang" de la part de nombreux industriels. Fatigués du consensus mou existant sur ces problématiques.

Vieillissement de la population, maîtrise des coûts, etc. "Les TIC peuvent jouer un rôle déterminant pour relever ces défis auxquels est confrontée la santé, en rendant le diagnostic médical plus performant, les traitements plus sûrs, et limiter les coûts", promet ainsi Eric Besson, le ministre de l’Industrie et du Numérique. Citant l’exemple du cloud computing pour répondre aux besoins de stockage de l’imagerie médicale, des solutions en e-santé et domotique permettant aux patients d’être soignés à domicile...

Et, depuis 2007, le gouvernement n’a pas chômé, selon lui, en fixant notamment un cadre juridique à la télémédecine et en créant en 2009 le Centre national de référence santé à domicile et autonomie. Sans oublier les deux appels à projet en e-santé, pour un montant total de 40 millions d’euros, lancés dans le cadre des Investissements d’Avenir. De quoi "faire émerger une véritable filière industrielle nationale tout à la fois compétitive et ambitieuse", promet le ministre.

Des micro-projets loin d’une filière industrielle

Faux, estiment les industriels. Car on en est encore au stade des "micro-projets", ce qui a de quoi décourager les industriels, estime Guy Mamou-Mani, responsable du Syntec Numérique. "Ce ne sont pas les appels à projet qui vont faire vivre les entreprises et créer une économie pérenne, confirme Yannick Motel, délégué général des Entreprises des Systèmes d’information sanitaires et sociaux (LESISS). Si nous ne voulons pas figurer dans les cinq ans dans le quart-monde du numérique en santé", une solution s’impose  : "ne pas attendre de l’Etat la feuille de route et les moyens, et essayer de monter et financer nous-mêmes les projets", en associant patients, professionnels de santé, industriels de la santé et du numérique et assureurs !

Les reproches ne manquent pas en direction de l’Etat. Il "doit créer un cadre juridique, fiscal facilitant les usages, car il a beaucoup de retard par rapport à l’évolution des technologies", estime Guy Mamou-Mani. Et définir un véritable cadre d’évaluation, pour entraîner la "convergence des industries du numérique, de la santé, des systèmes d’information et des dispositifs médicaux, qui vont ensemble décider de co-investir", annonce Nicolas Cartier, directeur général de Sanofi-Aventis France. Un appel entendu par Eric Besson. "Je souhaite un label pour garantir la qualité et les services d’e-santé", promet le ministre.

Un manque de vision de la part des candidats à la présidentielle

Interopérabilité, confidentialité des données, agrément des hébergeurs de santé, de nombreuses agences créées par l’Etat (Asip, Haut Conseil pour l’avenir de l’Assurance Maladie...) planchent sur des méthodes d’homologation et d’harmonisation. Mais reste à "mettre en place un guichet unique pour les industriels", concède Philippe Burnel, délégué à la stratégie des systèmes d’information de santé. Car il est difficile de s’y retrouver au milieu de tous ces acteurs !

Quant à l’avenir, rien n’est gagné. "Le ministre a fait une couverture exhaustive de tous les enjeux, mais je ne les retrouve pas dans les programmes des deux principaux candidats à la présidentielle, déplore Guy Mamou-Mani. On ne voit rien pour mettre réellement en œuvre ce consensus que nous avons !"

Lueurs d’espoir, certaines niches se portent plutôt bien en e-santé. "De nouveaux offreurs industriels viennent explorer le champ du 'bien vivre', observe Robert Picard, référent santé du Conseil général de l’Industrie, de l’Energie et des Technologies. Un marché comme le mobile-health est solvable. Car les citoyens sont prêts à payer pour certaines solutions en libre accès développées pour eux. Mi-2011, 17 000 applications santé pour mobiles avaient été téléchargées. Les deux tiers étaient payantes, pour un prix moyen de huit euros, soit beaucoup plus que dans les autres secteurs." Un business model sans doute différent, bien sûr, de la plupart des services en e-santé, mais qui pourrait être une source d’inspiration...

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle