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E-learning : Mooc, mode d’emploi

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La nouvelle promesse 2.0, c’est un accès quasi illimité au savoir avec des centaines de cours en ligne gratuits. Seul hic : ils sont chronophages et non diplômants. Nos astuces pour rester motivé.

E-learning : Mooc, mode d’emploi © EdX

Les entreprises citées

Se former chez soi ou en déplacement, sur un sujet relevant ou non de son univers professionnel, est désormais possible grâce aux moocs (les « massive open online courses »), les formations en ligne ouvertes à tous proposées gratuitement par les grandes écoles et les universités. Face à ce savoir infini à portée de main, comment se donner toutes les chances d’aller jusqu’au bout ?

Il est tentant de feuilleter les plates-formes d’hébergement en se demandant quel cours peut nous intéresser. Le choix est pléthorique. Le risque est donc de s’inscrire sans être vraiment motivé. Ce qui mènerait tout droit à un abandon rapide, phénomène très fréquent. « On ne bosse pas si l’on ne sait pas pourquoi… », rappelle Rémi Bachelet, professeur à l’École centrale de Lille, animateur du mooc Gestion de projet et chercheur en pédagogie. Les motivations sont nombreuses : mettre à jour ses connaissances métier (cours sur le photovoltaïque pour un ingénieur ou sur le big data pour un informaticien), au contraire élargir ses connaissances à un métier qui n’est pas le sien (initiation au financement des entreprises pour un ingénieur, au développement durable pour un commercial), ou encore se pencher sur des sujets généralistes, utiles à de nombreux métiers, comme la gestion de projet, les institutions européennes… Reste l’envie de s’instruire pour soi, d’enrichir sa culture personnelle en suivant l’histoire des religions ou celle des Beatles, par exemple, ou en apprenant une langue étrangère.
 

être assidu et participer !

Les moocs ne sont pas – ou rarement – des cours mis à la disposition des internautes en permanence. Ils commencent un jour donné et se terminent quatre, huit, voire onze semaines plus tard. La durée est toujours mentionnée, la date limite d’inscription également. Il est possible de démarrer en retard, mais les enseignants donnent des devoirs, les participants échangent sur un cours ou les travaux à remettre, s’entraident en ligne, questionnent les professeurs… Tout est fait pour éviter le décalage. Donc mieux vaut intégrer cette activité dans son planning, pour toute la durée de la formation. Le temps à consacrer chaque semaine au cours est systématiquement indiqué, mais il dépend généralement du niveau de la personne inscrite. Pour pouvoir suivre, certains doivent y consacrer quatre heures par semaine, d’autres deux fois moins. « Toutes les enquêtes montrent que le manque de temps est la raison principale d’un abandon », indique Rémi Bachelet. Il conseille de consacrer quinze minutes par jour à un cours, de ne pas attendre la fin de semaine pour tout faire en une fois. Beaucoup de cadres en déplacement occupent ainsi leurs soirées.

La recherche l’a prouvé depuis longtemps : plus on s’implique, mieux on apprend. Pendant toute la période d’un cursus en ligne, il faut se rendre sur les forums, poser des questions, répondre à celles des autres participants. Cela donne envie de se renseigner sur ce que les autres en disent. Les enseignants le savent et incitent leurs étudiants à répondre à une question posée en fin de cours. Il y a aussi des « devoirs » à faire : parfois il s’agit de simples quiz dont le but est de vérifier qu’une leçon a été suivie, parfois il est question de vraies analyses demandant des compléments de recherche et une lecture des ressources documentaires fournies. Certaines formations vont plus loin en proposant aux apprenants de corriger mutuellement leurs devoirs. Lorsque l’on se lance dans un mooc, on en devient un acteur.
 

des acquis à valider

Les moocs font désormais leur apparition sur les CV et sur les réseaux sociaux professionnels comme Viadeo ou LinkedIn – où les anciens auditeurs d’un cours se retrouvent souvent dans des groupes. Un certificat de suivi du cours ou, mieux, un document validant la réussite d’un examen (surveillé par webcam, par exemple) est toujours gratifiant. Ce passage d’examen est souvent payant, mais certaines entreprises ont décidé de le prendre en charge à la place de leurs salariés. Financer ces frais de validation à l’inscription représente une motivation comme une autre pour ne pas laisser tomber à quelques séances de la fin. Certains moocs assurés par des établissements de l’enseignement supérieur donnent même droit, à certaines conditions, à un ou deux crédits universitaires européens (ECTS).
 

quelle plate-forme choisir ?

Quatre grandes plates-formes accueillent les cours. La pionnière, l’américaine Coursera lancée en 2012 donne accès aux cours des prestigieux MIT ou Stanford. L’offre y est immense : 700 cours gratuits sont proposés, dont une trentaine en français, signés HEC, Polytechnique, l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL)… Coursera fait payer certificats, examens et évaluation de compétences.

France université numérique, créée par le ministère de l’Enseignement supérieur fin 2013, accueille les moocs des facs et écoles hexagonales (Polytechnique, Sciences Po, les Écoles normales supérieures…). Arrivée après la bataille avec la volonté de booster les établissements français, elle a accueilli 35 cours au premier semestre 2014.

EdX, créée par le MIT et Harvard, est engagée sur le logiciel libre. Gratuite, elle dispense les cours d’universités américaines et de certains établissements francophones comme l’EPFL et l’université catholique de Louvain (UCL).

Udacity enfin, mise en place par trois anciens professeurs de Stanford, présente une particularité : ses cours sont en accès libre en permanence. Si les examens passés dans des lieux physiques restent payants, ils permettent en contrepartie de décrocher des certificats.

En plus de ces plates-formes, il existe Océan. Créé par Polytechnique, Normale Sup (Paris et Lyon), l’EPFL, l’UCL et le campus de Montréal, ce portail offre une sélection des meilleurs moocs francophones. Une fois choisis, les cours sont ensuite à suivre sur l’une des plates-formes d’hébergement. L’ambition était ici de créer un label de qualité et, pour les écoles, de se distinguer du tout-venant.

Si malgré tous ces conseils, vous craquez avant la fin de votre cursus, tant pis, vous aurez tout de même beaucoup appris ! « Parmi les motivations des inscrits, il y a l’envie de picorer du savoir, remarque Rémi Bachelet. Certains élèves ne passent d’ailleurs aucun quiz, ne rendent aucun devoir, mais suivent avec assiduité la session jusqu’à la fin. C’est le principe même des cours massifs en ligne : une grande liberté d’usage. »

Les cours à ne pas rater

  • Conception et mise en œuvre d’algorithmes
    Cours de Polytechnique, suivi par des ingénieurs ayant peu pratiqué l’informatique au cours de leur formation initiale. Il plaît aussi aux informaticiens. Maîtriser un langage de programmation et les bases de Java. Polytechnique propose aussi un cours d’optique non linéaire et un cours d’introduction aux probabilités. Tous sont en français.
  • Vision artificielle
    Cours de deux profs de Centrale Paris, entre mathématiques et programmation, consacré à la vision artificielle. Il s’adresse à un public averti, notamment en algorithmique, qui cherche à se spécialiser ou à remettre à niveau ses compétences. En anglais sous-titré anglais, il dure huit semaines. Des évaluations au niveau élevé le jalonnent.
  • Analyse numérique pour ingénieurs
    Cours (en français) d’un professeur de l’École polytechnique fédérale de Lausanne, qui permet de s’initier à la simulation numérique quand on s’y connaît déjà en mathématiques.
  • Initiations à Python, Java…
    Udacity propose une dizaine de cours pour débutants.

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