Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Maroc

e-commerce : comment Jumia déroule le concept de "Black Friday" au Maroc

, ,

Publié le

La filiale marocaine de la plateforme de e-commerce africaine Jumia lance le Black Friday, dernier jour des soldes, au Maroc, jeudi 26 novembre. Un évènement clé de sa stratégie de rentabilisation après 3 ans d’investissements.

e-commerce : comment Jumia déroule le concept de Black Friday au Maroc
La filiale marocaine de la plateforme de e-commerce africaine Jumia lance le Black Friday, dernier jour des soldes, au Maroc. Un évènement clé de sa stratégie de rentabilisation après 3 ans d’investissements.
© jumia

"Nous importons le concept de Black Friday au Maroc, ce vendredi 27 novembre à partir de 00h très précisément pour offrir aux Marocains un évènement de consommation mondial. Le Black Friday existe aux États Unis depuis des années. Trente millions d’Américains se rendent ce jour-là sur Amazon", rappelle à L'Usine Nouvelle Bastien Moreau, directeur général de Jumia Maroc (photo)

Amazon en modèle

Le mot est lâché : Amazon. Jumia veut devenir en Afrique ce qu’Amazon est aux Etats Unis : une plateforme leader de e-commerce, intermédiaire entre vendeurs et acheteurs et qui conquiert son public en cassant les prix.

Lancé en juin 2012, Jumia Maroc, la filiale marocaine d'Africa Internet Group, fondé par l’allemand Rocket Internet et où ont investi deux opérateurs télécoms, Millicom et le sud-africain MTN Group.

Jumia Maroc compte aujourd’hui 200 employés, des entrepôts dans les principales villes du royaume, dont le plus grand, à Casablanca sur 3 000 m².

Avec 4 à 6 millions de visites par mois, un taux de réalisation dans le e-commerce entre 0,5% à 3% pour un panier moyen de 600 à 1 000 dirhams soit environ entre 56 et 93 euros. (1000 dirhams = 93 euros), Jumia engrange actuellement un chiffre d’affaires annuel compris entre 144 millions de dirhams  et 240 millions de dirhams par an.

Côté marge, "nous prenons une commission à chaque vente qui va de 10% du prix sur la téléphonie, à 20% sur les accessoires, 30% dans d’autres cas … Il s’agit du service de base ‘gratuit’ offert aux vendeurs. Au-delà, nous pouvons, par exemple, offrir des espaces de stockage aux vendeurs dans nos entrepôts, mais c’est payant", explique Bastien Moreau.

Après une phase de lancement puis une autre de croissance forte en termes de capacités, Jumia entre en phase critique : la rentabilisation de ses investissements.

"Nous ne sommes pas encore rentables, mais on s’en rapproche. Nous avons beaucoup gagné en efficacité. On se rapproche d’un système de plus en plus sain, mais Jumia Maroc doit être plus gros pour noyer nos coûts fixes. Nous esperons être rentable d’ici un à deux ans", explique le directeur.

"en une journée un million de visiteurs"

Pour relativiser les coûts fixes que constituent entrepôts et employés, Jumia Maroc cherche de nouveaux clients à coups d’opérations marketing d’envergure. Le Black Friday est la deuxième. "Le site aura 4 000 produits en supersoldes. Des télévisions 32 pouces à 100 dirhams, des PS4 à 2 000 dirhams, des mocassins à -60%... Il y aura de tout. Notre objectif est d’avoir en une journée un million de visiteurs et faire l’équivalent d’un mois de vente", révèle Bastien Moreau.

La "Mobile week", lancée en juin dernier, avait inauguré cette nouvelle stratégie. "La téléphonie est notre catégorie la plus forte. Le principe est toujours le même : nous allons voir les marques, nous leur offrons une visibilité exceptionnelle et en échange ils nous proposent des prix très très bas, mais attention ce n’est pas nous qui cassons les prix, précise Bastien Moreau pour désamorcer la critique. Jumia n’achète pas à un prix des produits pour les revendre moins chers, mais ce sont les marques qui vendent à ces prix-là, quitte à vendre à perte pour améliorer leur visibilité".

Une stratégie qui fonctionne puisque "depuis la Mobile week, nous vendons chaque mois plus de mobile que Marjane, la principale chaîne de supermarché du Maroc", affirme-t-il. Pour séduire un maximum de clients, Jumia est également à la recherche d’un maximum de vendeurs.

"Nous voulons devenir de plus en plus généralistes. Nous sommes bons sur la téléphonie et la mode, mais il faut aller plus loin. Au Maroc, Jumia veut devenir une référence de consommation  dans tous les domaines de la paire de chaussettes à la cuisinière! », assure le directeur général.

L’entreprise présente dans d'autres pays en Afrique comme le Nigeria ou l'Egypte cherche également à améliorer l’expérience du client à chaque achat. "Aujourd’hui, 70% de nos clients sont livrés directement par Jumia. Nous voulons augmenter ce pourcentage car l’un des éléments clés de notre développement c’est la fidélisation et l’augmentation de la récurrence d’achat. Pour cela, il faut améliorer notre expérience d’achat" et donc améliorer l’unique contact direct entre Jumia et son client : le livreur.

"Quand nous opérons à travers des partenaires comme Amana [du Groupe Poste Maroc, ndlr], le livreur ne connaît pas Jumia, il ne connaît pas notre politique de retour …", détaille-t-il. Aujourd’hui, Jumia opère directement à Casablanca, Rabat, Marrakech, Fès-Meknès et Agadir. Un défi, alors que les autres plateformes de e-commerce en Europe et aux Etats Unis externalisent leurs services de livraison.

manque de confiance

Vent en poupe pour le shopping en ligne au Maroc
Malgré quelques résistances et la jeunesse du marché, le shopping en ligne au Maroc a de beaux jours devant lui. En témoigne la floppée d'enseignes en ligne derrière le leader Jumia comme Shoppeos, Boutika, Venteonline, Laredoute, Mprice ou encore Hmall.
"Nous devons tout faire nous-mêmes. Mais c’est quelque chose de positif pour nous parce qu’en 3 ans d’existence, Jumia Maroc a mis en place un système logistique qui commence à être correct. Cela constitue une barrière à l’entrée considérable pour n’importe quel concurrent qui voudrait se lancer", souligne le jeune homme.

L’autre grande difficulté du e-commerce dans le contexte marocain comme dans beaucoup de pays émergents c’est le manque de confiance dans le paiement en ligne.

"Au Maroc, les gens payent cash à la livraison. C’est un challenge en termes de logistique, c’est aussi un risque que l’on est obligé de gérer : le client n’a plus envie du produit qu’il a acheté, il n’est pas là pour le réceptionner … Sur 100 produits, on sait d’emblée que seulement 90 seront livrés.

Autres deconvenues régulières : "les chèques sans provisions, les livreurs braqués ou bien même un livreur qui part avec cinq Iphone5 à livrer et qui disparaît avec", regrette Bastien Moreau.

Le Black Friday façon marocaine ne ressemble pas tout à fait encore à sa version occidentale.

Julie Chaudier, à Casablanca

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle