Dur, dur pour les jeunes diplômés de s'insérer dans l'emploi

Cécile Maillard , ,

Publié le

L’étude publiée jeudi 1 er octobre par l’Apec sur l’insertion professionnelle des jeunes diplômés montre leur plus grande difficulté à trouver un emploi et, pour ceux qui en décrochent un, des conditions moins favorables. Les trois principaux enseignements de l’étude.  

Conseiller Pole Emploi - Pole Emploi CC Flickr

 

1/ Un bac+5 garantit de moins en moins un bon poste dès la fin des études

Les jeunes titulaires d’un bac+5 ou plus ont de plus en plus de mal à trouver un emploi. Neuf mois environ après l’obtention de leur diplôme 2014, seuls 62% sont en poste. Il s’agit du taux d’emploi le plus bas enregistré depuis cinq ans, en recul d’un point par rapport aux diplômés 2013. Avant la crise de 2008, il atteignait 70%. "Les jeunes diplômés ne bénéficient pas de la reprise de l’emploi cadres", en conclut Jean-Marie Marx, directeur général de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec).

Trois raisons : les recruteurs, prudents en période de crise, préfèrent embaucher des jeunes qui ont déjà quelques années d’expérience ; le nombre de titulaires d’un bac+5 ne cesse d’augmenter (+15000 en quelques années) ; il s’agit de la troisième année consécutive d’insertion difficile pour les jeunes diplômés, ceux des années précédentes représentent autant de concurrents.

Les chanceux qui ont décroché un job sont beaucoup moins nombreux à bénéficier d’un CDI (50%, en baisse de 9 points) ou du statut cadre (57%, en baisse de 7 points). Une dégradation importante. Conséquence directe des deux points précédents : les rémunérations baissent. Le salaire médian à l’embauche chute à 25700 euros bruts par an, contre 29400 pour la promotion précédente.

La démocratisation des masters provoquerait-elle une moins bonne insertion de leurs titulaires ? Jean-Marie Marx se veut rassurant : "le taux d’emploi des jeunes diplômés augmente dans le temps, et deux ou trois ans après l’obtention de leur diplôme, ceux qui n’étaient pas cadres le deviennent, et leurs salaires augmentent. Un bac+5 reste un meilleur passeport pour l’emploi qu’un bac+3". Les jeunes devront donc se montrer patients.

2/ Le diplôme d’ingénieur est celui qui garantit la meilleure situation

Comme chaque année, les jeunes ingénieurs s’en sortent beaucoup mieux que les autres. Moins d’un an après avoir obtenu leur diplôme, 71% d’entre eux sont en poste (9 points au-dessus de la moyenne), plus fort taux d’emploi avec celui des diplômés d’écoles de commerce. Les jeunes ingénieurs en poste bénéficient à 70% d’un CDI (20 points au-dessus de la moyenne) et à 86% d’un statut cadre (29 points au-dessus de la moyenne).

En 2014, les recrutements de jeunes diplômés ont progressé dans l'industrie, en hausse de 38% dans le secteur de l’automobile, aéronautique, autres matériels de transport, de 37% dans l’énergie, eau, traitement des déchets, de 26% dans le secteur des équipements électriques et électroniques. Mais ils ont baissé de 15% dans le secteur de l’informatique et des télécommunications, les employeurs préférant recruter des personnes possédant de l’expérience.

3/ Les jeunes, pragmatiques, acceptent des postes en-dessous de leurs attentes

Conscients des difficultés à trouver un emploi, de nombreux jeunes diplômés acceptent un emploi ne correspondant pas à leurs attentes. 17% de ceux qui sont en poste déclarent occuper un "job purement alimentaire", deux points de plus que la promotion 2013. 35% jugent leur poste en-dessous de leur qualification, contre 31% l’année précédente, et 22% estiment que le poste occupé ne correspond pas à leur formation (20% pour la promotion 2013).

Le reste de l’étude constate effectivement un fort décalage entre les attentes des jeunes en recherche d’emploi et les postes proposés sur le marché du travail. 22%, par exemple, aimeraient travailler dans une fonction études et R&D, alors que seuls 16% des jeunes diplômés en poste y ont accédé. La cote de l’industrie baisse : ils sont moins nombreux a chercher un emploi dans ce secteur.

Les jeunes en recherche d'emploi se disent prêts à faire des concessions sur le contenu de l’emploi et la rémunération pour décrocher un job, ils sont même 9 sur 10 à déclarer qu’ils accepteraient un contrat temporaire. Leur plus forte réticence : déménager. Un défi pour les PME éloignées des grands centres urbains…et un gâchis.

Cécile Maillard

 

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