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Duel entre Naval Group et TKMS pour équiper l'Italie de sous-marins

Hassan Meddah , ,

Publié le , mis à jour le 23/02/2018 À 15H10

Si le fabricant tricolore de navires militaires à l'avantage de bâtir une alliance stratégique avec son homologue italien Fincantieri, TKMS bénéfice à plein du soutien politique du gouvernement allemand.

Duel entre Naval Group et TKMS pour équiper l'Italie de sous-marins © DCNS

Le français Naval Group et l'allemand TKMS sont à nouveau engagés dans une compétition à couteaux tirés. Les deux grands fabricants de sous-marins européens se sont positionnés pour répondre aux besoins de la marine italienne qui veut acquérir deux sous-marins conventionnels afin de renouveler une partie de sa flotte. La marine italienne, qui déploie ses sous-marins essentiellement en Méditerranée, pourrait faire son choix d'ici la fin de l'année. Lundi 19 février dernier, en marge de l’inauguration d’un site d’assemblage de sous-marins à Itaguai au Brésil, Naval Group a confirmé qu'il envisageait de se positionner pour ce contrat.

L’industriel compte proposer le Scorpène, son sous-marin à propulsion conventionnelle déjà vendu aux marines brésiliennes et indiennes. "Il n'y a aucune décision prise par la marine italienneé", indique-t-on du côté de l'ex DCNS, réfutant l'idée que la compétition serait déjà terminée au profit de TKMS. Une décision imminente paraît peu probable, le pays étant engagé dans une campagne électorale pour renouveler ses sénateurs et ses parlementaires. Les deux rivaux se trouvent régulièrement face-à-face. Si les Australiens ont préféré les sous-marins de l'ex DCNS, la marine norvégienne a sélectionné TKMS l'an dernier.

TKMS propose un nouveau sous-marin

Les deux prétendants jouent chacun leur carte. Naval Group pourrait accompagner sa proposition d'une offre de transferts de technologies pour maximiser ses chances. Un atout important car l'industrie de défense italienne n'a pas développé de savoir-faire de conception de sous-marins alors qu'elle dispose avec Fincantieri d'un leader dans le domaine des bâtiments de surface. Par ailleurs, le groupe tricolore pourrait profiter du rapprochement franco-italien en cours dans le domaine des industries marines civiles et militaires. Le 1er février dernier, les ministres de la défense et de l'économie des deux pays ainsi que les PDG des industriels se sont rencontrés pour préparer le rapprochement d'un futur Airbus des mers. 

De leur côté, les Allemands sont mobilisés comme jamais. Ils auraient l'appui de la marine italienne, satisfaite de ses sous-marins actuels fournis par TKMS. Depuis l'annonce du projet d'alliance Fincantieri-Naval Group et le traité franco-britannique de Défense de Lancaster House, l'état allemand et son industriel mettraient même les bouchées doubles pour ne pas être marginalisé en Europe. L'an dernier, le gouvernement d'Angela Mekel avait proposé à la Norvège une coopération de gouvernement à gouvernement et un achat commun des sous-marins. De quoi casser l'appel d'offres en cours et remporter l'affaire face à Naval Group.

Aujourd'hui, TKMS propose un nouveau sous-marin, le U-212, qui bénéficie d'un investissement de développement de 600 millions d'euros en grande partie apporté par l'état. Avec pour ambition de devenir le fournisseur de sous-mains de référence en Europe, TKMS positionne son nouveau modèle comme le sous-marin de référence pour les marines OTAN et fait le forcing auprès de l'Italie mais également des Pays- Bas.

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