Du Wi-Fi dans l'atelier

Grâce aux technologies machine to machine, l'usine donne la parole aux... machines, avec ou sans fil. Pour une mise en œuvre plus aisée, une maintenance plus efficace et une souplesse accrue dans l'atelier.

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Du Wi-Fi dans l'atelier

C'est l'histoire d'une petite entreprise de soudage. Sans système de communication interne. Une entreprise à l'ancienne. Que croyez-vous qu'il arriva ? Elle finit par se doter d'un réseau. Mais pas n'importe lequel. Un réseau sans fil Wi-Fi. Avec la possibilité de faire parler les machines entre elles, sans intermédiaire ni câblage. Certes, beaucoup reste à faire, à commencer par donner plus d'intelligence aux équipements de l'atelier, de façon à ce qu'ils puissent mieux converser, mais le pli du M2M (« machine to machine ») est pris. Une vraie rupture pour les activités humaines en général et pour l'industrie en particulier. Un dysfonctionnement sur une machine-outil, un roulement qui s'use plus rapidement que prévu, des cotes qui dérapent ? Des capteurs le détectent et transmettent l'information à la machine amont qui pilote le process. Et prend les décisions qui s'imposent.

Encore au stade de la fiction, ce mode opératoire sera sans doute courant d'ici à quelques années. Beaucoup y croient en tout cas. « Dans les années 80, on a interconnecté les ordinateurs ; dans les années 90, on s'est mis à relier les gens ; maintenant, c'est au tour des machines », constate René Giammattei, le directeur des ventes EMEA de Lantronics, une société spécialisée dans le M2M et dont les ventes d'interfaces sans fil explosent. Vincent Laulanet, le directeur marketing et commercial de Rockwell Automation France, le constate aussi. Grâce à son partenariat avec Prosoft, un spécialiste des liaisons sans fil sécurisées, le géant américain a remporté ces derniers mois cinq gros contrats d'automation dans l'Hexagone.


Reprogrammation grâce à une console radio portable

Comme toujours en pareil cas, les sigles fleurissent. Bluetooth, PWP (Prosoft Wireless Protocol), Wi-Fi, Wibree (le petit dernier de Nokia), Wimax, Zigbee... Qui ont tous leurs avantages et leurs inconvénients par rapport à la référence incontestée que constitue l'ethernet industriel câblé. Débit - la meilleure note allant à Wiwax (jusqu'à 70 Mbit/s) et la plus mauvaise à Zigbee (250 Kbit /s) -, portée, consommation, sûreté de fonctionnement, investissement, pérennité... : tout doit bien entendu être pris en compte dans le choix d'un protocole. Une tâche ardue pour laquelle il peut être utile de faire appel à un maître-d'oeuvre global comme Anyware Technologies. Mais entre les 300 euros d'une interface Wi-Fi et les milliers d'euros parfois investis dans le creusement d'une tranchée de câble, la raison, en principe, ne balance guère.

Dans l'automobile, la transmission sans fil a déjà été retenue dans certaines usines de General Motors aux Etats-Unis ou Volkswagen à Emden, en Allemagne. En l'espèce, Siemens a fourni une solution grâce à laquelle la reprogrammation d'automates, de variateurs de vitesse ou de robots, de même que la collecte de données d'atelier (via des capteurs), sont possibles au moyen d'une simple console radio portable !







Des capteurs autoalimentés

Outre-Rhin toujours, Unilever a choisi l'interface propriétaire Wisa (Wireless Interface to Sensors and Actuators) d'ABB. Une offre dans laquelle les émetteurs et récepteurs reliés au réseau sont alimentés à distance au moyen d'une boucle d'induction. Une approche intéressante pour les équipements dont l'alimentation électrique elle-même doit être sans fil, comme les carrousels, chariots, bras de robots, convoyeurs ou ponts roulants.

Paradoxalement, les fabricants de connecteurs, largement assis sur les connexions filaires, sont les industriels les plus volontaires à vouloir s'en affranchir. « Nous sommes à la veille d'une révolution et nous nous préparons à faire autre chose que des produits basiques », souligne Vincent Fiévet, le responsable marchés de Weidmüller, numéro 2 mondial des produits de câblage. Depuis trois ans, l'entreprise emploie une vingtaine de personnes à son siège de Detmold, en Allemagne, pour développer des répartiteurs capteurs/actionneurs ainsi que des têtes de bus sans fil. Comme ABB, Weidmüller se focalise sur l'auto-alimentation des capteurs, mais en misant sur la piézoélectricité. Et mène des tests de fiabilité en milieu industriel autour du standard Bluetooth. Des clients de taille, tels Comau et Schneider, apparaissent très motivés.

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Objectif : proposer un nouveau standard

Sans encore pouvoir parler de « bulle », force est de reconnaître que beaucoup de fournisseurs s'emparent avidement du concept M2M. A Seyssinet (Drome), c'est le cas d'UXP qui vient de lancer un processeur d'automatismes temps réel sous Linux pour les applications sans fil embarquées. « Un dispositif de type GSM/GPRS en standard, avec des options Wi-Fi, GPS et bientôt Bluetooth, que nous avons conçu pour le contrôle/commande de processus distants », indique Kamel Belamine, le directeur marketing et développement.

Basée à Montpelier, Coronis Systems, une PME de 45 personnes, a ni plus ni moins l'ambition de proposer un nouveau standard baptisé Wavenis. « Nous sommes partis de Bluetooth mais l'avons doté d'aménagements - étalement de spectre, saut de fréquence - permettant d'en réduire la consommation et d'en augmenter la portée », explique Christophe Dugas, le directeur stratégie et marketing.

Une initiative déjà soldée par la vente de près d'un million d'interfaces à travers le monde et par la constitution du consortium industriel Wavenis Open Source Alliance. « Notre objectif est de contrer Zigbee, autour duquel beaucoup d'industriels se sont mobilisés mais qui révèlera bientôt ses limites. » Concrètement, Coronis, dont les clients se nomment Schneider, Veolia ou Assa Abloy, rassemble son savoir-faire sur de minuscules cartes pourvues d'un Asic et d'un microcontrôleur. Dans moins d'un an, ces deux composants n'en feront plus qu'un, vendu moins de 5 euros.




Jean-Charles Guézel

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