Du vendredi 2 juin 2006

  • Vinci, le Conseil d'administration a tranché.
  • Automobile, marché morose en mai.
  • Pétrole, l'Afrique, objet de toutes les convoitises.
  • Baisse des tarifs de "roaming" en Europe.
  • La première bourse mondiale sur les fonds baptismaux. <
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    Vinci, le Conseil d'administration a tranché.

    Les administrateurs du géant mondial du B-TP ont poussé le président à la démission. Antoine Zacharias n'a pu obtenir la tête de son directeur général, Xavier Huillard, à l'origine des révélations sur les rémunérations exorbitantes du patron. Désavoué par ses administrateurs, il a donc décidé de démissionner. Tous vos quotidiens reviennent sur la crise de gouvernance qui couvait chez Vinci, ex-SGE, la branche B-TP de la Générale des Eaux, qui était devenu l'un des tous premiers groupes mondiaux après avoir avalé l'autre français, le groupe GTM. La toute dernière opération de croissance externe avait été le rachat des concessions autoroutières des ASF à l'automne dernier. Plus que les salaires, bonus et stocks -options hors normes que le dirigeant s'était fait attribuer depuis quelques années, plus que son caractère autoritaire, c'est la façon de gérer sa succession, en voulant placer un ami à la tête de Vinci, occasionnant au passage un rapprochement aventureux avec le promoteur immobilier Nexity, qui aura été fatale à Antoine Zacharias. Il a été remplacé par Yves -Thibaut de Silguy, ancien commissaire européen, membre du conseil de Vinci et actuel directeur général de Suez, alors que même au sein du Medef, des voix s'étaient élevées pour dénoncer les rémunérations excessives de certains dirigeants.

    Automobile, marché morose en mai.
    Les ventes d'automobiles en France ont enregistré une légère hausse au mois de mai dernier par rapport à 2005, mais seulement après correction du décalage de jours ouvrables, car en données brutes la baisse est de 3,3 % à 177 400 immatriculations, rapporte les Echos. Depuis le début de l'année, le marché a reculé de 1,1 %, à nombre de jours comparables. Plus inquiétant, les constructeurs nationaux sont à la peine, remarque la Tribune. PSA a dérapé de près de 11 % notamment à cause de problèmes techniques liés à un basculement de systèmes informatiques chez Peugeot, qui auraient privé la marque de Sochaux de 6 à 8 000 immatriculations. Pour autant, la conjoncture est plutôt morose, faisant reculer Citroën de 5,6 %. Le groupe Renault n'est pas vraiment mieux lotis, avec une chute de 2,8 %, sauvé cependant par les bonnes performances de la nouvelle Clio (+83 % sur un an) et l'appoint de la Logan de la filiale roumaine Dacia. Parmi les constructeurs étrangers, les marques américaines marquent encore le pas, en fléchissant de 10 % pour Opel et de 3,4 % pour Ford. Les grands gagnants sont Toyota en hausse de 36 % avec la Yaris II, Fiat qui progresse de plus de 10 % grâce à sa Grande Punto et Volkswagen qui rebondit de 5,6 %, malgré un léger recul d'Audi.

    Pétrole, l'Afrique, objet de toutes les convoitises.
    Le continent africain enregistre un afflux d'investissements dans le secteur pétrolier, inégalé dans son histoire, analyse les Echos dans son dossier. Les tensions extrêmes enregistrées depuis près de deux ans sur les marchés pétroliers, liées à la forte croissance des pays asiatiques, Chine et Inde notamment et aux manques d'investissements depuis des décennies dans l'exploration, la production et le raffinage, ramènent les grands "majors" mondiaux vers ce nouvel eldorado. Face aux tensions géopolitiques, les pays consommateurs tentent également de diversifier leurs approvisionnements, souvent trop dépendant de zones à risques comme le moyen-Orient. L'Afrique abriterait 9,4 % des réserves prouvées d'or noir, dont 85 % seraient nichées dans les sous-sols algérien et libyen et dans les profondeurs du golfe de Guinée au large du Nigeria ou de l'Angola. Ce dernier a déjà enregistré un doublement de sa production au cours de 20 dernières années et connait un nouvel essor avec la flambée des cours des hydrocarbures et la meilleure rentabilité des techniques d'exploitation en offshore profond. Le continent produit actuellement plus de 11 % de la production mondiale, soit une dizaine de millions de barils par jours.

    Baisse des tarifs de "roaming" en Europe.
    Sous la pression des instances européennes, six opérateurs européens de téléphone mobile ont décidé de baisser de moitié les coûts d'utilisation des téléphones portables (roaming) à l'étranger. Il s'agit de l'allemand T-Mobile, du norvégien Telenor, du suédo-finlandais TeliaSonera, des italiens Telecom Italia et Wind, ainsi que de l'opérateur français Orange. Les tarifs de gros, que se facturent ces opérateurs entre eux, devraient passer à 45 centimes, puis à 36 centimes la minute d'ici à 18 mois, soit une réduction de moitié par rapport aux prix pratiqués actuellement, soulignent la Tribune et les Echos. Pour les consommateurs -les six groupes représentent à eux seuls plus de 200 millions d'abonnés- cette décision devrait entraîner une baisse substantielle du prix de détail des services. Les opérateurs s'engagent à répercuter cette baisse aussi vite que possible et vont nommer une autorité indépendante pour contrôler les réductions de coûts. Il est vrai que Bruxelles menaçait de réguler le marché d'ici à 2007, avec l'idée d'obliger les opérateurs à pratiquer les même tarifs à l'international que dans les pays d'origine.

    La première bourse mondiale sur les fonds baptismaux.
    La bourse paneuropéenne Euronext et le New York Stock Exchange doivent signer aujourd'hui un accord de principe, pour une fusion entre égaux. Moins de deux semaines après la formulation de l'offre américaine, le projet de fusion sera présenté aujourd'hui au Plais Brongniart, rappelle la Tribune. Le rapprochement devra être soumis aux conseils et aux actionnaires des deux entreprises, lors d'assemblées générales extraordinaires. Il devra également obtenir l'aval des autorités réglementaires, ce qui pourrait requérir un délai de six mois. Si tous les feux verts sont obtenus, Paris pourrait devenir la place européenne de référence pour les cotations internationales qui font aujourd'hui défaut à New York. Le conseil d'administration comptera une vingtaine de membres, 11 pour la place américaine et 9 ou 10 pour Euronext. Une plate-forme informatique commune sera créée qui pourrait générer près de 200 millions d'euros de synergies par an. L'autre option de mariage germano-européen, avec l'offre de Deutsche Börse semble par contre de plus en plus compromise.

    Heinz ne veut pas tomber dans le rouge.
    Sous la pression des investisseurs inquiets de la baisse des profits et de la chute du cours de bourse, Heinz, le géant de l'agroalimentaire américain, numéro un du Ketchup, a annoncé son intention de supprimer 2 700 emplois et de fermer une quinzaine d'usines, dont quatre en Europe, indiquent le Wall Street Journal et le Financial Times. Ce qui représente 8 % de ses effectifs mondiaux. Malgré un chiffre d'affaires en hausse de 7,6 % au dernier trimestre, à 2,4 milliards d'euros, le fabricant de sauce et de condiments a vu ses profits chuter de 19 %. Le plan de rationalisation des usines vise des économies d'environ 165 millions de dollars en 2007 et au moins autant en 2008. Il va recentrer le groupe sur trois activités stratégiques, Ketchup et sauces, produits pour bébés, repas préparés et snacks. Cinq usines supplémentaires pourraient être fermées en 2008. Le groupe a également annoncé une forte baisse de ses dépenses publicitaires en Europe, malgré le lancement de plusieurs dizaines de nouveaux produits en 2007. Le patron, William Johnson, a aussi indiqué un projet de rachat d'actions pour 1 milliard de dollars, et une augmentation du dividende de près de 17 % afin de calmer les actionnaires inquiets de la chute du titre de 14 % en 2005.


    Didier RAGU

    Bon week-end, à lundi avec Bertrand !

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