Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Auto

[JEC 2018] Du végétal dans les composites

, , ,

Publié le , mis à jour le 07/03/2018 À 10H03

Enquête Le JEC World réunit à Paris-Villepinte toute l'industrie mondiale des composites du 6 au 8 mars. Dans l'automobile, pour réduire le coût des grandes pièces en composites, les constructeurs s’intéressent aux agro-composites et à la fibre de carbone low cost.

[JEC 2018] Du végétal dans les composites
Parmi les innovations à suivre, la production de fibre carbone à moindre coût.
© L’américain Hexcel fournit à Airbus de la fibre de carbone depuis près de trente ans.

A quelques encablures d’IMT Lille-Douai (Nord), le département Technologie des polymères et composites et ingénierie mécanique (TPCIM) mêle recherche académique et projets industriels. Deux grands hangars se font face, l’un consacré aux plastiques et l’autre aux composites. C’est dans ce dernier que Mylène Lagardère, enseignante et chercheuse, expérimente les réactions des fibres et des résines à partir de différents procédés d’injection, comme l’estampage, la thermocompression, le surmoulage… Grâce aux équipements de la plate-forme d’optimisation pour les nouveaux processus composites (Popcom), elle mène des projets sur les composites structuraux, comme en témoigne une pièce de plancher en fibre de verre posée à côté d’elle. Sa première préoccupation est d’adapter les composites aux très hautes cadences en vigueur dans la production automobile, soit moins de deux minutes.

Mais le respect de l’environnement compte aussi parmi ses priorités. Dans le cadre du projet Fiabilin, elle explore l’association de résines thermoplastiques biosourcées avec des renforts de lin, une alternative écologique aux composites en fibre de verre. Piloté par Arkema et réunissant toute la chaîne de valeur, des coopératives agricoles au fournisseur de pièces automobiles (Magna Steyr), "ce projet doit structurer une filière végétale technique à usage matériaux", insiste Patricia Krawczak, la directrice du TPCIM. Disponible en grande quantité sur le territoire français, particulièrement dans la région des Hauts-de-France, à un coût d’environ 5 euros le kilo selon le tissage, le lin possède, outre ses qualités écologiques, des propriétés mécaniques spécifiques équivalentes à celles du verre. "Rapportée à sa densité, sa rigidité le rend concurrentiel", précise Paticia Krawczak.

Que la Force soit avec les constructeurs

À Pessac (Gironde), la plate-forme Canoe teste elle aussi des agromatériaux. Ici, il n’est pas question de cadence mais de coût. Canoe se concentre sur la production d’une fibre de carbone économique, avec des performances de l’ordre de 2 500 mPa en résistance à la rupture et de 250 GPa en module d’élasticité. Légère et ultrarésistante, cette fibre incarne le rêve des constructeurs. Pour y parvenir, la Plate-forme de la Filière Automobile a lancé le projet Force, qui vise à produire le kilo de fibre de carbone à moins de 8 euros. "Nous cherchons une alternative au précurseur à base de polyacrylique nitrile, dont le coût représente plus de la moitié de la fibre de carbone", explique Christophe Aufreren, le patron de l’innovation chez Faurecia qui en préside le comité de pilotage. La lignine et la cellulose, deux composants disponibles en quantité dans le bois et la paille, sont en lice pour le remplacer. Après deux ans de veille, la mise en place d’une ligne pilote industrielle constitue la seconde étape qui validera le procédé avant d’envisager les premières pièces automobiles en 2024.

 

Eucalyptus, chanvre et lin dans les 3008 et 5008

PSA et Renault ont atteint en 2015 l’objectif européen de 95 % de la masse d’un véhicule valorisable, dont 85 % recyclables. « Nous incorporons 30 % de matières vertes, dont 80 % d’origine recyclée, 18 % de fibres naturelles et 2 % de biosourcées », détaille Virginie Huguon, chef de service au bureau d’études carrosserie automobile chez PSA. Les fibres textiles des sièges des 3008 et 5008 [photo] sont extraites de l’eucalyptus et l’on trouve du chanvre et du lin dans la planche de bord, les panneaux de porte et les faux planchers. Dix fois plus coûteux que des résines issues du pétrole, les plastiques végétaux ont des arguments. La résistance aux produits chimiques des polyamides 11 ou 6.10 en fait une matière de choix pour les tuyaux de carburant. Le plastique Durabio, lui, intéresse l’auto après avoir habillé les smartphones. Mis au point par Mitsubishi Chemical, il combine un aspect qualitatif et une bonne résistance aux chocs et aux températures. « Cet équivalent de l’acrylonitrile butadiène styrène-polycarbonate (ABS-PC) fabriqué à partir d’un PC-isosorbide, produit par Roquette, donne des matières noires brillantes sans équivalent », affirme Gérard Liraut, expert leader polymères chez Renault.

Réagir à cet article

Les entreprises qui font l'actu

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services.
En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

En savoir plus