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L'Usine Agro

Du sorbitol produit par Tereos en Picardie retrouvé dans des roquettes de Daesh

Anne-Katell Mousset , ,

Publié le

Du sorbitol produit par Tereos a été retrouvé en Irak dans les stocks d'armes de Daesh. Ce sucre issu du blé et du maïs et utilisé dans l'industrie agro-alimentaire, notamment pour la fabrication de bonbons et de chewing-gums a été détourné de son usage pour fabriquer du carburant à roquette. L'industriel Tereos affirme dans un communiqué qu’il est totalement étranger à ce détrounement. 

Du sorbitol produit par Tereos en Picardie retrouvé dans des roquettes de Daesh © Adrien Cahuzac

Mais que viennent faire des sacs de sorbitol aux couleurs du groupe agroalimentaire français Tereos dans les stocks d’armes de Daesh ? Selon une enquête du Journal du Dimanche, certains stocks de ce dérivé du sucre servant à propulser les roquettes de l’organisation terroriste ont été produits par Tereos.

Le JDD explique que le premier stock a été repéré en novembre 2016, près de Mossoul, dans le nord de l'Irak. Depuis, d'autres réserves de ce sorbitol français ont été retrouvées dans d’autres caches. Dernière trouvaille en date, il y a trois mois à Tal Afar, à 80 km de la frontière syrienne.

De la Turquie à l'Irak

Quand il est mélangé à du nitrate de potassium, le sorbitol devient un carburant performant pour missiles. 1,2 kg suffirait à tirer une roquette sur plusieurs centaines de mètres. Interrogé, Tereos confirme au JDD que les sacs proviennent bien de son usine. L’entreprise estime que ce sorbitol a été vendu à Daesh via des distributeurs turques. "Les sacs saisis en Irak ont bien été produits dans une de nos usines, vendus à un de nos clients historiques en Turquie, constate Gérard Benedetti, directeur de la communication de Tereos, et ont ensuite été détournés pour finir dans un entrepôt du groupe Etat islamique”.

Dans un communiqué, Tereos précise avoir été informé fin 2016 “par l’organisation CAR (Conflict Armement Research) du détournement à notre insu d’un de nos produits fabriqués en France et retrouvé en Irak dans un entrepôt de l’Etat islamique”. Le groupe a alors pris la décision de son propre chef “de suspendre ses livraisons de sorbitol dans les pays de zones en conflit ou limitrophes de ces conflits”, sans qu’aucune autorité ne l’ait alerté “de possibles détournements d’usage ni d’utilisations frauduleuses ou terroristes de ce produit très ordinaire”.

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