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Du smartphone aux vérins auto, comment Solvay innove grâce à Solar Impulse

Gaëlle Fleitour , , , ,

Publié le

Des batteries de smatphones à des vérins tout-plastique pour constructeurs auto, le chimiste Solvay a tiré de ses développements réalisés pour le deuxième avion de Solar Impulse une série de produits innovants.

Du smartphone aux vérins auto, comment Solvay innove grâce à Solar Impulse © Jean Revillard - Rezo

C’est de l’argent "bien placé" estime Jean-Pierre Clamadieu, le PDG de Solvay. Premier partenaire de l’aventure Solar Impulse, depuis 2004, le chimiste belge a investi 15 millions dans ce projet d’environ 120 millions d’euros. Il en a tiré "13 produits pour 25 applications", se félicite Pascal Juery, membre du comité exécutif de Solvay, qui résume la vision du groupe : "Pour nous, c’est un laboratoire volant !". 

Et pour cause : le succès de l’avion 100% solaire qui devrait prendre son envol le 7 mars d’Abu Dhabi pour un tour du monde en 12 étapes, passant par l'Inde, la Chine et New York et survolant deux océans sans avoir consommé une goutte d'essence repose avant tout sur des matériaux avancés. Capables de démontrer que les technologies propres et les énergies renouvelables permettent d'accomplir des choses jugées "impossibles", commme le visaient dès l’origine les co-fondateurs suisses du projet, Bertrand Piccard et André Borschberg.

Plusieurs projets sont à l'étude

Comme les autres industriels embarqués dans l’aventure, Solvay a fait de Solar Impulse 2 un formidable démonstrateur technologique. Derrière les 17 000 cellules solaires et les batteries au lithium, qui alimentent les quatre moteurs électriques à hélice, et le poids allégé - moins de 2,5 tonnes pour 72 mètres d’envergure.

Solvay planche déjà sur l’après Solar Impulse
Après dix ans de mobilisation d’une partie de sa R&D sur le Solar Impulse, Solvay pense déjà à la suite. Il réfléchit à un nouveau projet collaboratif, qui devra répondre à trois critères, confie Pascal Juery: s’inscrire dans la tendance de la durabilité pour répondre aux défis de la planète, avoir un caractère universel permettant de s’adresser à tous, et permettre au chimiste de mettre en œuvre ses technologies et ses capacités d’innovation. Annonce officielle dans quelques mois…

 

Du côté du chimiste belge, il y a 25 projets d’études autour de deux grands axes d’innovation : la chaîne énergétique et l’allègement des matériaux. Des projets plus que fructeux en termes d’applications commerciales, comme l’illustrent ces quatre innovations de Solvay : 

1/ Un film anti-salissage :

Les cellules photovoltaïques sont généralement encapsulées dans des feuilles de verre rigides, cassantes et lourdes. Pour cet avion, il fallait concevoir des cellules légères avec un profil aérodynamique. Solvay a remplacé le verre par une matière plastique fluorée. "Nous avons recouvert le dessus et le dessous des cellules de notre film Halar, fin de 20 microns, souple, extrêmement résistant et transparent à la lumière du soleil, explique Claude Michel, responsable du partenariat Solar Impulse chez Solvay. Aujourd'hui, il trouve des applications dans la protection des structures métalliques, des containers, des bâtiments… Ce film anti-salissage fait partie de notre gamme de polymères de spécialité de haute performance."

2/ Les éléments clés des batteries de smartphones :

Solvay s’est chargé de développer des éléments pour les batteries : électrodes, séparateurs, une partie de l’électrolyte… Des produits qu’on peut désormais retrouver dans les batteries de smartphones ou tablettes, car ils sont utilisés comme composants par les grands de l’électronique. Pour augmenter la performance des batteries tout en diminuant leur poids, Solvay a également mis au point un solvant, la molécule fluorée F1EC, qui, grâce à sa grande stabilité électro-chimique, améliore le flux des électrons.

3/ Un polyamide ultra-rigide :

"Selon la pré-étude d’André Borschberg, l’avion avait besoin de 200 mètres carrés de cellules photovoltaïques et 400 kilos de batteries pour passer la nuit : il ne restait plus grand-chose pour le poids de la structure de l’avion !",rappelle Claude Michel. Pour conférer résistance et légèreté à la pièce maitresse de l’aile, un papier laminé entre deux fibres de carbones, Solvay a planché sur un polymère, Torlon PAI. Un polyamide spécial qui lui confère une rigidité et une grande résistance à la compression.

4/ Un vérin tout-plastique pour l’automobile :

Pour équiper la porte du train d’atterrissage, un vérin tout-plastique a été utilisé pour la première fois. Un produit transposable dans l’industrie automobile, sur lequel Solvay planche actuellement avec des sous-traitants et équipementiers.

Gaëlle Fleitour

 

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