Du Rafale à Lejaby, une semaine d'industrie

Le froid glacial qui a soufflé sur le pays  toute la semaine n'a pas réussi à refroidir l'industrie, enflammée par une série de bonnes nouvelles. Le Rafale est choisi par l'Inde, un maroquinier de luxe reprend Lejaby, et la France se dote de 5 nouveaux campus d'excellence. Retour sur une semaine industrielle agitée. 

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Du Rafale à Lejaby, une semaine d'industrie

Fait marquant
C’en était devenu un sujet de raillerie. Le Rafale, l’avion qui ne se vend pas à l’export. Pourtant mardi 31 janvier, le gouvernement indien annonce avoir choisi le chasseur français construit par Dassault Aviation. Dans une lettre adressée directement à l'avionneur, il indique : "Dassault a remporté le contrat. Etant donné qu'il n'y avait que deux groupes (en compétition) et c'est celui qui est le moins-disant".

Le contrat porte sur 126 appareils de génération actuelle. Il est estimé à ce jour à 12 milliards de dollars. L'Inde devrait acheter directement 18 Rafale assemblés en France tandis que les 108 autres seront construits en Inde.

Alors que le gouvernement se réjouit tout en précisant que les dernières négociations sont en cours, l’opposition nuance. Michel Sapin se fend d’un "bonne nouvelle", en guise de félicitations. En ajoutant tout de même que cela ne "ferait pas le printemps de l’économie française".

Jean-Yves Le Drian, responsable de la Défense auprès de François Hollande, met en garde. Les transferts de technologie consentis "devront faire l'objet d'un examen attentif". Il préconise donc de se garder "de tout triomphalisme précipité". Même charge d'Arnaud Montebourg. Interrogé par L'Usine Nouvelle, le député socialiste met en garde : "Le Rafale pourrait devenir la propriété technologique des Indiens".

Alain Rousset, lui, voit les choses autrement. Le président du Conseil régional d’Aquitaine se réjouit. En effet, 18 appareils seront assemblés dans la région. Un plan de charge conséquent pour les salariés de Dassault et ses sous-traitants.

Lundi 30 janvier
Après l’intervention télévisée du président de la République la veille, François Fillon intervient pour annoncer le calendrier. Concernant la compétitivité, le Premier ministre affirme avoir écrit aux partenaires sociaux. L’échéance est fixée à fin mars. La hausse de la TVA et la CSG sera discutée en Conseil des ministres le 8 février.

L’annonce la plus marquante reste la révision à la baisse de la prévision de croissance. Elle est ramenée de 1% à 0,5%. Cela devrait avoir un impact sur les comptes de la France à hauteur de 5 milliards d’euros.

Mardi 31 janvier
Les chiffres très attendus tombent enfin. La filière nucléaire a coûté 228 milliards d’euros. Dans son rapport, la Cour des comptes chiffre les coûts de l’électricité nucléaire, de la construction des réacteurs à la gestion des déchets. Cela devrait ainsi mettre un terme aux polémiques sur les coûts cachés de l’atome.

Selon la juridiction financière, les coûts de production vont progresser massivement dans les quinze prochaines années. En revanche, l’impact du démantèlement des centrales et du stockage des déchets restera faible.

Mercredi 1er février
La mobilisation politique autour de Lejaby tourne à l'avantage du gouvernement. C’est le ministre Laurent Wauquiez en personne qui va annoncer la bonne nouvelle aux salariés. Une offre de reprise du site à Yssingeaux (Haute-Loire) va être déposée par le maroquinier Sofama, fournisseur de LVMH. Une aubaine selon les observateurs. Le Made in France reste primordial dans la maroquinerie.

Sofama est depuis de nombreuses années l’un des fournisseurs prisés par les marques de luxe Louis Vuitton et Chanel. L’entreprise met "l’industrialisation au service d’un savoir-faire traditionnel".

Jeudi 2 février
L’Assemblée nationale discute une proposition de résolution du groupe UMP visant à développer le "fabriqué en France". Défendue par l’ancien ministre de l’Industrie Christian Estrosi, elle doit permettre un étiquetage plus précis.

Interrogé par L’Usine Nouvelle, il précise l'objectif de son projet : "Il ne faut pas laisser certaines entreprises s’emparer abusivement du Made in France".

Le "fabriqué en France" pose tout de même quelques problèmes. Comment calculer la part que représente pour chaque filière industrielle la production réalisée en France ? C’était bien la vocation de l’Observatoire du Fabriqué en France lancé par Christian Estrosi en 2010.

Vendredi 3 février
François Fillon met fin au suspense et annonce les heureux lauréats. Cinq nouveaux grands campus bénéficieront des dotations des Investissements d’avenir : Saclay, Sorbonne Paris-Cité, Sorbonne Universités, Toulouse et Aix-Marseille. Strasbourg, Bordeaux et Toulouse avaient déjà été sélectionnés dans une première vague. Ces campus d’excellence recevront une dotation en capital de 7,7 milliards d’euros.

Et pour finir la semaine, après deux jours de froid polaire, la France se pare pour affronter les températures négatives prévues pour la semaine à venir. Et l’industrie met tout en œuvre pour permettre l’équilibrage du réseau électrique.

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