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Du Pont dans la course aux biotechnologies végétales

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CHIMIE

Du Pont dans la course aux biotechnologies végétales

A l'image de Monsanto ou de Novartis, Du Pont met désormais de gros moyens pour se positionner sur le marché mondial des plantes génétiquement modifiées. Le chimiste vient d'annoncer deux acquisitions pour 20 milliards de francs.



Dans le déferlement des accords noués depuis dix-huit mois entre les grands agrochimistes mondiaux et les firmes semencières ou de biotechnologies, l'américain Du Pont de Nemours était resté en retrait. Non que la révolution annoncée sur les plantes transgéniques l'a laissé indifférent. Numéro 4 mondial de l'agrochimie, le groupe de Wilmington, dans le Delaware, misait - comme c'est son habitude - sur ses ressources internes, tout en indiquant toutefois préparer des alliances. C'est désormais chose faite. A la faveur de l'été, juste après avoir bouclé le rachat pour 18 milliards de francs d'activités " chimie de base " d'ICI, le groupe a, en effet, conclut deux accords majeurs, dont le premier avec son compatriote Pioneer, numéro 1 mondial des semences de maïs avec un chiffre d'affaires de 11 milliards de francs. Ce dernier, jusque-là indépendant, lui a cédé 20 % de son capital pour 10 milliards de francs. Les deux groupes ont conjointement annoncé leur intention de créer une société commune à 50-50, Optimum Quality Grain, dans le but, notamment, d'accélérer leur recherche sur les plantes transgéniques. Conjointement, le budget de recherche-développement des deux groupes dans le domaine végétal atteindra l'an prochain 2,5 milliards de francs, soit presque autant que le budget de l'Inra en France ! Moins avancé qu'un groupe comme Monsanto dans le développement commercial des plantes transgéniques, Du Pont semble donc bien décidé à rejoindre la partie. " Nos efforts de recherche portent en priorité sur l'obtention de gènes de qualité conférant aux plantes des caractéristiques améliorant leur composition en vue, par exemple, de développer leurs qualités nutritionnelles ", indique Philippe Desaulles, président du directoire de Du Pont France. Pour tirer au mieux parti de ces fonctionnalités nouvelles, et avoir accès aux marchés finals, le groupe a conclu la semaine dernière un second accord. Du Pont a fait part de son intention d'acquérir, pour près de 10 milliards de francs, la société Proteins Technologies International (PTI). Cette filiale du groupe américain Ralston Purina est numéro 1 mondial des protéines de soja avec un chiffre d'affaires de 2,5 milliards de francs. Outre l'alimentation animale, les protéines de soja sont utilisées dans certaines applications alimentaires : substitution partielle de viande dans des hamburgers, compléments dans des farines lactées pour nourrison ou base pour aliments diététiques. En entrant, ainsi, sur le marché de l'alimentation humaine, duquel il était absent, Du Pont reprend à son compte les théories actuellement en vogue outre-Atlantique. Selon celles-ci, l'augmentation de la population mondiale et l'accroissement des dépenses de santé doivent conduire, dans l'agro-industrie, à la recherche de nouvelles solutions, à la fois en termes quantitatifs (optimisation des rendements) et qualitatifs (amélioration des propriétés des plantes). L'idée pour ces groupes étant de détenir un savoir-faire technologique de la fourche... à la fourchette. Comme l'a indiqué John Kroll, P-DG du groupe, en commentant ses derniers rachats : " La combinaison de Du Pont avec PTI et notre récente association avec Pioneer rassemblent la technologie et le savoir-faire pour fournir de la nourriture et des ingrédients de plus grande valeur à une population mondiale croissante. " Pour y parvenir, les plantes transgéniques sont considérées par les grands acteurs mondiaux de l'agro-chimie, tels Monsanto, Novartis et désormais Du Pont, comme une des voies les plus prometteuses. A condition que ceux-ci parviennent à rentabiliser les sommes énormes (20 milliards de francs pour les deux dernières acquisitions de Du Pont !) dépensées dans la recherche ou l'acquisition de société spécialisées.





USINE NOUVELLE N°2606
 

 

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