du mercredi 15 mars 2006

  • CPE, la contestation enfle.
  • Areva voit s'éloigner l'Eldorado chinois.
  • La recomposition du tour de table de RTE au point mort.
  • BCE, le robinet du crédit va continuer à se fermer.
  • Suez-GDF, pas de compromis avec Enel.
  • Délit d'en
  • Partager


    CPE, la contestation enfle.

    Alors que le chef de l'Etat en voyage en Allemagne, a soutenu sans réserve son Premier ministre, la contestation chez les étudiants et la pression des syndicats ne faiblissent pas. Dominique de Villepin a proposé une évaluation du dispositif dans six mois, tandis que des voix dans la majorité s'élèvent pour exprimer des doutes sur la méthode utilisée. Dans un entretien aux Echos, Renaud Dutreil, ministre des PME du Commerce et d l'Artisanat, critique la position du Medef. Il reproche à l'organisation patronale de faire la fine bouche sur le "contrat première embauche", alors qu'elle répète depuis des années "que la flexibilité crée de l'emploi". Le ministre estime que le Medef a du mal à utiliser les outils que le gouvernement met au service de la croissance économique et qu'il ne joue pas son rôle de conseillers auprès des entreprises. Il incite par ailleurs ces dernières à ne pas attendre toujours une solution de la part de l'Etat, mais à se tourner vers les modèles de croissance que l'on voit réussir ailleurs. Renaud Dutreil est persuadé que les entrepreneurs tiennent entre leurs mains une bonne partie de la réussite du CPE. Laurence Parisot a pourtant un peu fait évoluer sa position, reconnaissant que le Premier ministre a fait un choix courageux et estimant que ce qui se passe actuellement est plutôt sain et amène un vrai débat sur les rigidités du marché du travail.

    Areva voit s'éloigner l'Eldorado chinois.
    Le champion mondial de l'énergie nucléaire serait prêt à jeter l'éponge dans le cadre de l'appel d'offres pour la construction de quatre réacteurs nucléaires de troisième génération en Chine. Le groupe français dirigé par Anne Lauvergeon ne veut pas s'aligner sur la proposition de son concurrent américain Westinghouse, alors que ce dernier aurait accepté un transfert total de technologie auprès de ses clients chinois. Ce qui signifie qu'il accepterait de vendre les plans de son nouveau modèle de réacteur, permettant à l'industrie locale de fabriquer elle-même les futures unités. Le contrat serait du coup très éloigné en valeur, des milliards de dollars évoqués il y a 18 mois. Mais plus qu'une affaire d'argent, c'est le transfert de technologie qui pose problème chez Areva, souligne les Echos. Alors que son réacteur de troisième génération commence à susciter l'intérêt croissant de plusieurs pays, comme l'inde ou le Brésil, les français ne veulent pas prendre la risque de voir émerger un concurrent chinois capable partout dans le monde de rivaliser avec leur technologie.

    La recomposition du tour de table de RTE au point mort.
    L'ouverture du capital de Réseau de Transport d'Electricité (RTE) ne semble plus d'actualité, relèvent les Echos et la Tribune. André Merlin le patron, a éludé la question, lors de la présentation des résultats annuels, en affirmant que la "décision appartient à l'actionnaire". Le dossier avait été lancé il y a six mois par le ministre délégué à l'Industrie, qui confirmait qu'après l'ouverture du capital d'EDF, celle de sa filiale transport serait sur les rails pour intervenir au cours du premier semestre 2006. Le gestionnaire des lignes à haute tension aurait accueilli la Caisse des dépôts au sein de son capital, à hauteur de 33 %. La valeur estimée de RTE avoisinant les quatre milliards d'euros, l'opération aurait pu faire rentrer dans les caisses de l'électricien entre 1 et 1,5 milliard d'euros. Ce dernier a d'ailleurs inscrit cette opération dans son programme de cessions d'actifs qui doit générer quelques 5 milliards d'euros d'ici à la fin 2007. Vu la bonne santé d'EDF, qui affiche des profits records de plus de 3 milliards d'euros en 2005 et le front syndical ouvert avec la fusion éventuelle de GDF avec Suez et sa privatisation rapide, le gouvernement ne semble pas pressé d'agir.

    BCE, le robinet du crédit va continuer à se fermer.
    Dans une interview commune à cinq quotidiens européens, dont la Tribune, Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne, ne laisse planer aucun doute sur la politique actuelle. Après deux ans et demi de gel des taux à un plancher historiquement bas, 2 %, les deux dernières hausses du loyer de l'argent en décembre et en mars, seront vraisemblablement suivies de nouveaux resserrements monétaires. Afin de prévenir toute résurgence de l'inflation et garder un euro solide et crédible, deux nouveaux durcissements pourraient intervenir d'ici à la fin de l'année, portant les principaux taux directeurs autour de 3 %. Le patron de la BCE réfute les accusations d'avoir agi trop vite et de mettre en péril la reprise économique de la zone euro, arguments véhiculés par certains milieux d'affaires ou politiques. Il estime que la préservation de la stabilité des prix est essentielle pour la confiance des investisseurs et des consommateurs et c'est sur elle que repose la crédibilité de l'institution européenne. Jean-Claude Trichet défend également l'indéniable succès de l'euro et estime qu'il a facilité la réalisation du marché unique et contribué à la mise en place de réformes structurelles importantes, même si dans ce domaine il y a encore beaucoup à faire.

    Suez-GDF, pas de compromis avec Enel.
    Dans le dossier de l'OPA de l'italien sur le groupe franco-belge, le courant semble de moins en moins passer entre Paris et Rome, alors qu'après la réunion hier à Bruxelles des Vingt-cinq, sur les problèmes énergétiques, le ministre italien de l'énergie a dénoncé l'attitude française et affirmé que l'Etat italien, actionnaire à hauteur de 32 % d'Enel, évaluait la faisabilité de l'OPA. Dans un entretien à la Tribune, François Loos, ministre délégué à l'Industrie, rejette toute négociation avec l'Italie dans le dossier Suez-Enel. Il indique que le projet de loi sur la privatisation de Gaz de France sera déposé avant l'été, c'est pour le moment le seul projet sur la table. Ce différent ne remet pas en cause les accords entre EdF et Enel, qui prévoit la participation de l'électricien transalpin dans le projet EPR, à hauteur de 12,5 %. Il réaffirme que le rapprochement entre Suez et GdF " a du sens économique et industriel" et qu'une offre concurrente de l'italien serait très risquée. Il est confiant sur la réaction des autorités bruxelloises, pour lesquelles l'émergence d'un champion franco-belge ne devrait pas poser de problème de concurrence. Il souhaite enfin rassurer les syndicats en poursuivant les consultations et confirmant la garantie sous tous ces aspects, du statut des personnels du gazier.

    Délit d'entente dans la parfumerie.
    Le Conseil de la concurrence a sanctionné hier treize marques de parfumeurs et trois de leurs distributeurs, pour s'être entendus sur les prix entre les années 1997 et 2000, rapporte le Figaro. L'amende globale dépasserait 46 millions d'euros. Le groupe le plus touché serait LVMH, qui devrait acquitter à lui seul plus de 14 millions au travers de ses marques Dior, Guerlain, Givenchy ou Kenzo et de sa chaîne Sephora. Le distributeur Marionnaud devrait également verser près de 13 millions d'euros. Les reproches sont une entente sur les prix de gros aux distributeurs, mais également sur les prix de revente au détail, de façon à les uniformiser vers le haut. LVMH auraient annoncé leur intention de faire appel, tandis que les autres protagonistes de cette affaire ne se sont pas encore prononcés. Du coté de la fédération française des industries de la parfumerie, on estime que si cette affaire remonte à dix ans, "tout cela serait impossible aujourd'hui dans un marché devenu beaucoup plus concurrentiel". Mais le Conseil de la concurrence affirme n'avoir aucune certitude que ces pratiques aient cessé depuis.


    Didier Ragu

    A demain avec Bertand !

    Partager

    SUJETS ASSOCIÉS
    LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

    LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

    ARTICLES LES PLUS LUS