Du mardi 6 juin 2006

  • Guy Dollé répond aux critiques
  • Les menaces iraniennes font encore flamber le brut
  • Enel prend une revanche sur GDF
  • Nissan et Suzuki intensifient leur coopération
  • Michelin à la croisée des chemins
  • « France Soir » revient, « Dire

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Guy Dollé répond aux critiques
Très critiqué sur le choix d'un mariage avec le russe Severstal plutôt qu'avec Mittal Steel, le patron opérationnel d'Arcelor, Guy Dollé, répond aux attaques dans une interview accordée à la Tribune. Sur une demi-page, il revient sur les trois points d'achoppement : la valeur créée, les modalités de vote et la personnalité d'Alexeï Mordachov.

Pour Guy Dollé, « la transaction avec Severstal apportera davantage aux actionnaires que le projet de Mittal Steel » puisque, en 2004 et 2005, Severstal a dégagé « une rentabilité à la tonne de 60 % supérieure à celle de Mittal et un revenu par tonne supérieur de 20 % ».

Par ailleurs, les modalités de vote pour faire valider cette transaction, notamment le seuil de 50 % pour avaliser chacune des deux offres, sont, à ses yeux, « démocratiques ». Il dénonce une « minorité » d'opposants voulant imposer ses vues à l'ensemble des actionnaires d'Arcelor.

Quant à la personnalité d'Alexeï Mordachov, qui prendrait 38 % du capital d'Arcelor en cas de réussite de l'opération, Guy Dollé affirme le connaître « depuis dix ans » et avoir « une confiance et des valeurs communes » avec lui.

« Cette relation peut-elle tenir lieu de brevet d'honorabilité aux yeux des actionnaires du champion sidérurgique européen ? », interroge la Tribune. Rien n'est moins sûr. L'histoire d'Alexeï Mordachov, le modeste employé devenu richissime en une nuit au crépuscule de la Russie eltsinienne, sans que l'on sache comment, n'est pas pour rassurer. De fait, les explications de Guy Dollé sur son nouvel ami russe sont un peu courtes, pour la Tribune. « Il ne faudrait pas découvrir un jour - mais trop tard - que, avec la montée en puissance de Mordachov, l'avenir d'Arcelor se décide à Moscou », conclut le quotidien.

Les menaces iraniennes font encore flamber le brut
Après avoir augmenté de 2 dollars vendredi, les prix de l'or noir se sont encore envolés hier, au point de toucher en séance leurs plus hauts niveaux depuis plus de trois semaines à 73,84 dollars le baril à New York. En cause, les déclarations d'Ali Khamenei, le leader religieux de l'Iran, qui a prévenu les Etats-Unis que toute « erreur » de leur part risquerait de « compliquer sérieusement le trafic énergétique ». « Sur un marché pétrolier tendu à se rompre », pour reprendre l'expression des Echos, ces nouvelles menaces ont une nouvelle fois mis le feu au baril. D'autant qu'au Nigeria, si les 8 expatriés pris en otages vendredi ont été libérés, la production demeure amputée de plus de 500 000 barils par jour en raison du conflit entre les compagnies pétrolières et les communautés locales. De quoi maintenir sous pression les cours du brut, au grand dam des consommateurs.

Enel prend une revanche sur GDF
« Le coût des acquisitions s'envole dans l'énergie », s'exclame la Tribune. L'italien Enel vient de mettre sur la table la bagatelle de 820 millions d'euros pour s'offrir 67,5 % du distributeur roumain d'électricité Electrica Muntenia Sud (EMS). Avec une offre très inférieure, Gaz de France accuse un revers dans un pays clé de sa stratégie de développement en Europe de l'Est. « C'est une grosse déconvenue pour GDF », confirme les Echos, cette acquisition étant l'un de ses objectifs de l'année. Enel, qui n'a toujours pas renoncé officiellement à mettre la main sur Suez, en passe de fusionner avec GDF, prend ainsi sa revanche sur le gazier français.

Nissan et Suzuki intensifient leur coopération
« Soucieux de relancer ses ventes sur son marché domestique (-0,7 % l'an dernier), Nissan réagit par élargissement de son offre dans les mini véhicules », annonce les Echos. Un choix pour le moins stratégique puisque si les ventes globales de la marque ont décliné de 27 % au mois d'avril, le segment des « minis », lui, a bondi de 48 % en raison du succès de la Moco, petit modèle fabriqué par Suzuki pour le compte de Nissan. Forts de ce succès coopératif, les deux marques devraient renforcer leur lien. Objectif : réduire les coûts de conception. Ainsi, dès la fin de l'année, Suzuki construira pour Nissan un nouveau mini véhicule tandis que Nissan fournira à son partenaire un mini monospace. En revanche, une alliance capitalistique est pour le moment exclue.

Michelin à la croisée des chemins
Onze jours après la mort tragique d'Edouard Michelin, le Financial Times consacre une demi-page au patron français. À Karlsruhe, s'étonne le quotidien de la City, les ouvriers allemands du Bibendum sont aussi touchés que leurs homologues français de Clermont-Ferrand situé pourtant à 670 km de là. La raison en est simple : sur les 800 employés allemands, 500 environ connaissaient Edouard Michelin "personnellement", et tous (130 000) se sentaient liés à la culture familiale de l'entreprise. D'ailleurs, sauf durant une brève période de 1937 à 1955, la compagnie a toujours été dirigée par un membre de la famille. Bien que Michel Rollier, qui a pris seul les rênes, assure la continuité, une page s'est tournée.

« France Soir » revient, « Direct Soir » arrive
Deux nouveaux quotidiens pour le prix d'un débarquent cette semaine dans vos kiosques. Pour le premier, France Soir, absent des kiosques depuis le 13 avril, suite à une longue et douloureuse grève des journalistes opposés aux nouveaux propriétaires, « il s'agit plus d'une renaissance », commente la Tribune. Amputée d'une grande majorité de sa rédaction, le quotidien populaire renaît, toujours au format tabloïd, sur une quarantaine de pages dont huit dédiées aux courses. Il sera tiré à 150 000 exemplaires contre 35 000 en avril dernier. Quant à Direct Soir, il vient compléter la gamme des quotidiens gratuits avec la particularité d'être distribué le soir. Le nouveau titre de Vincent Bolloré sera tiré à 500 000 exemplaires dont 250 000 destinés à la seule capitale. Il sera réalisé par les 80 journalistes de la rédaction de Direct 8, la chaîne de l'homme d'affaires sur la télévision terrestre numérique. « L'enjeu n'est pas mince pour Vincent Bolloré, qui a prévu d'investir autour de 10 millions d'euros par an dans cette aventure », conclut les Echos.

La Socpresse définitivement éclatée
Denis Jeambar, président du directoire du groupe Express-Expansion, a officialisé, hier matin en interne, la vente par la Socpresse des 65 % qu'elle détenait encore au capital de son groupe à l'éditeur belge Roularta. Ce dernier devient seul maître à bord de l'un des premiers groupes de magazines français, constitué de 21 titres ( l'Express, l'Expansion, Lire, L'Entreprise...) représentant un chiffre d'affaires de 200 millions d'euros. L'opération aurait coûté autour de 220 millions d'euros, estiment la Tribune et les Echos. Elle reste toutefois suspendue au feu vert des autorités européennes de la concurrence, attendue courant juin. Avec ce désengagement, Serges Dassault achève la vente par appartements de la Socpresse pour se recentrer sur Le Figaro. « In fine, conclut les Echos, le rachat de l'ex-empire Hersant se révèle une bonne affaire financière pour l'industriel ».

À demain avec Didier !
Bertrand BEAUTÉ

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