Du mardi 30 mai 2006

  • Électricité : les prix s'envolent, la tension monte
  • La défense russe d'Arcelor suscite des réserves
  • Quand la sidérurgie voit rouge
  • Touche pas à mon CNE !
  • Affrontement à la tête de Vinci
  • Michelin : la Bourse garde son sang-froi
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    Électricité : les prix s'envolent, la tension monte

    À la une des Echos et de la Tribune, les prix de l'électricité qui flambent malgré l'ouverture du marché pour les professionnels (les particuliers n'auront le choix de leur fournisseur qu'à compter du 1er juillet 2007). En effet, selon l'étude NUS Consulting, publiée hier et dévoilée par les deux quotidiens, la libéralisation de l'électricité a conduit partout en Europe, sauf en Allemagne, à une envolée des prix « à deux chiffres ». Dans ce contexte, la France obtient la médaille d'or, « championne d'Europe des hausses des prix » souligne les Echos, avec une hausse spectaculaire de 48 % par rapport à l'année dernière ! L'hexagone se classe désormais au cinquième rang des pays les plus chers derrière le Danemark, l'Italie, le Royaume-Uni et les Pays-Bas. « Ces chiffres ne manqueront pas d'alimenter la polémique sur la flambée du coût de l'énergie dont sont victimes les professionnels », analyse la Tribune. Depuis 2001, l'électricité a augmenté de 75 %. Dur, dur pour les PME-PMI.

    La défense russe d'Arcelor suscite des réserves
    Arcelor et Severstal se sont évertués hier à défendre leur projet de fusion. « Si les actionnaires sont sensibles aux aspects industriels de l'opération, note le Figaro Économie, l'entrée en force de l'oligarque russe Alexeï Mordachov dans le capital d'Arcelor suscite beaucoup de réserves ». Certains actionnaires dénoncent une « prise de contrôle rampante » du milliardaire.

    De son côté, « Mittal Steel ne baisse pas les bras », révèle la Tribune. Le groupe qui tente toujours de prendre le contrôle d'Arcelor souhaite fédérer les actionnaires du numéro un européen pour tenter de contrer son projet de fusion avec Severstal. Une lettre de pétition circule désormais parmi les principaux investisseurs pour faire plier Arcelor.

    De son côté, Colette Neuville, la Présidente de l'Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam) monte au créneau. « Très critique sur le mariage annoncé », selon les Echos, elle réclame une OPA dans les règles d'Alexeï Mordachov, pour que les actionnaires puissent choisir.

    Quand la sidérurgie voit rouge
    Seulement trois jours après qu'Arcelor a annoncé son intention « d'acheter » le sidérurgiste russe Severstal, l'oligarque Roman Abramovich pourrait, lui, prendre 40 % d'un autre sidérurgiste russe, Evraz. Le controversé président du club de foot de Chelsea proposerait 3 milliards de dollars pour s'offrir sa proie, révèle de Financial Times. Selon le quotidien saumon l'accord pourrait être annoncé dans la semaine. Pour les observateurs, l'arrivée de M. Abramovich, dont la fortune personnelle est estimée à 18,2 milliards de dollars selon le magazine Forbes, pourrait relancer les discussions entre Evraz et Corus, le sidérurgiste anglo-allemand, et ainsi participer à la consolidation du secteur.

    Touche pas à mon CNE !
    Suite à la sortie du rapport Chertier, qui dresse un tableau assez critique du dialogue social en France, Gérard Larcher, le ministre délégué à l'Emploi, au Travail et à l'Insertion professionnelle des jeunes, répond aux journalistes de la Tribune. Pour le ministre, « le rapport insiste sur la nécessité du dialogue social et aborde le rôle et la place des partenaires sociaux et du Parlement ». La mise en place de feu CPE et de son grand frère CNE n'était pas un modèle de dialogue social. Pour autant, si le CPE est désormais enterré, « laissons vivre le CNE », défend Gérard Larcher. Pour le ministre, une première évaluation de ce contrat est prévue en juin. Elle sera « l'occasion d'un rendez-vous avec les partenaires sociaux pour conforter, par la négociation, le volet sécurisation de ce contrat ». En attendant, « il n'y a aucun projet de modification législative du CNE », même si « les partenaires sociaux ont la possibilité d'enrichir ce contrat ».

    Affrontement à la tête de Vinci
    « Vinci, ton univers impitoyable... », chantonne les Echos, sur l'air désuet de la série Dallas. Et pour cause, depuis plusieurs semaines, le groupe de concessions est devenu le théâtre d'une guerre ouverte entre ses deux principaux dirigeants, Antoine Zacharias, président du conseil d'administration, et Xavier Huillard, le directeur général nommé par le premier en janvier dernier ! Selon les Echos, « la demande d'une prime pour la conclusion de l'opération ASF par Antoine Zacharias aurait cristallisé les rancoeurs entre les deux hommes ». Xavier Huillard n'a pas accepté que le groupe mette une nouvelle fois la main au portefeuille après avoir déjà versé au président 13 millions d'euros de prime de départ en 2005. « La rupture était dès lors consommée », analyse le quotidien. Depuis, Antoine Zacharrias songe à se débarrasser de Xavier Huillard et d'imposer comme remplaçant Alain Dinin, le président de Nexity, le premier promoteur français. Le Conseil d'administration prévu en fin de semaine devrait permettre de réaliser cette manœuvre. En attendant, la Tribune met en parallèle l'arrivée d'Alain Dinin et « un rapprochement à l'étude entre Vinci immobilier et Nexity ». « Il s'agirait de renforcer Vinci immobilier qui est un petit acteur ».

    Michelin : la Bourse garde son sang-froid
    Suite à la disparition tragique d'Edouard Michelin, les incertitudes qui pèsent sur le futur du groupe ont eu un impact limité sur son cours de Bourse. Hier le titre du manufacturier clermontois n'a perdu que 0,49 % à la clôture, à 50,95 euros, dans un marché en baisse de 0,59 % pour le CAC 40. En dépit du profond bouleversement provoqué par cet événement, « la Bourse a dignement accueilli la nouvelle », se félicite la Tribune. Plus pragmatique les Echos explique que « les marchés ont probablement vite intégré le gage de stabilité que constitue l'accession au poste désormais unique de gérant de Michel Rollier, l'ancien directeur financier » et que, par ailleurs, la structure juridique de la société, en commandite par actions, laisse peu de place à la spéculation sur le contrôle du capital. Mais, la commandite ne devrait guère fonctionner longtemps avec une seule personne à la barre. Or pour l'instant, aucun candidat naturel ne s'impose.

    Le Crédit Agricole favori pour Taittinger
    La vente des trois activités de Taittinger (Champagne Taittinger, le vignoble californien du Domaine Carneros et les saumurs Bouvet-Ladubay) arrive dans sa phase finale. En effet, l'américain Starwood Capital étudie actuellement l'offre du Crédit Agricole du Nord-Est avec lequel il a indiqué être « en négociations avancées ». Soumise à l'aval du comité d'entreprise qui doit se réunir cet après-midi à Reims, cette offre emporte l'assentiment des salariés et des syndicalistes, ainsi que de la région qui a combattu l'arrivée d'investisseurs étrangers sur ses propres terres. Un succès d'autant plus fort pour les Champenois que la Maison Taittinger devrait ainsi revenir aux mains de la famille fondatrice, associée au projet du Crédit Agricole. Toutefois, prévient la Tribune, « la vente de Taittinger qui, depuis le début de son processus, a connu de nombreux rebondissements n'est pas à l'abri d'une nouvelle surprise ».

    À demain avec Didier Ragu !
    Bertrand BEAUTÉ

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