Quotidien des Usines

Du mardi 25 juillet 2006

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Publié le

L'automobile transalpine relève la tête. Le cycle de Doha tourne toujours à vide. AMD avale les puces d'ATI. Les fonds d'investissement ont un appétit insatiable. Faurecia entre le marteau et l'enclume.


L'automobile transalpine relève la tête.

Fiat vient de publier des résultats semestriels meilleurs qu'attendus, rapportent Les Echos et La Tribune. Le groupe de Turin affiche un résultat courant positif de 145 millions d'euros sur les six premiers mois de l'année contre des pertes de 217 millions d'euros l'année dernière. Le chiffre de plus d'un million de véhicules vendus a été dépassé grâce à un renouvellement des modèles, ce qui n'était pas arrivé depuis cinq ans. La branche automobile regroupant les marques Fiat, Lancia et Alfa Roméo, a réalisé un chiffre d'affaires de 6 milliards d'euros, en progression de plus de 20 % par rapport au premier semestre 2005. Du coup, le constructeur,  dirigé depuis deux ans par Sergio Marchionne, anticipe un relèvement de ses objectifs annuels. Parallèlement, note le Wall Street Journal, l'entreprise turinoise a annoncé une série de partenariats. Afin de se recentrer sur l'automobile et de continuer son développement en direction des marchés émergents, elle a noué des alliances avec un groupe russe, Severstal Auto dans les utilitaires, et avec un groupe chinois, Saic Motor, dans les poids lourds avec sa filiale Iveco. Selon le Financial Times, Fiat serait aussi en pourparlers avec le conglomérat indien Tata pour la création d'un joint-venture dans les moteurs et les petites voitures.

Le cycle de Doha tourne toujours à vide.
Après cinq années de négociations laborieuses, la libéralisation du commerce mondial est toujours en panne. Selon La Tribune, les discussions sont dans l'impasse un fois de plus et ont été reportées sine die. Elles pourraient ne reprendre qu'après plusieurs mois, voire plusieurs années. Ce sont encore les divergences sur les subventions agricoles entre les Etats-Unis et l'Europe qui ont fait achopper les discussions. Peter Mandelson, le commissaire européen au Commerce accuse l'Amérique de refuser les concessions, alors que les fermiers d'Outre-Atlantique recevraient près de 20 milliards de dollars de subventions. Par contre, la représentante américaine au commerce Susan Schwab, estime que certains de ses partenaires ne veulent pas ouvrir leurs marchés par une réduction marquée des droits de douanes sur certains produits. Elle vise ici l'Europe et l'Inde. Le point d'équilibre entre la baisse des subventions américaines, la réduction des droits de douanes européens et l'ouverture des marchés industriels des pays en développement reste plus que jamais introuvable, remarque Les Echos.

AMD avale les puces d'ATI.
L'américain Advanced Micro Devices a annoncé hier le rachat des processeurs graphiques du canadien ATI pour 5,4 milliards de dollars. L'opération, destinée à le renforcer face à son grand concurrent Intel, devrait donner naissance à un géant de 7,3 milliards de chiffre d'affaires et quelque 15 000 employés dans le monde. Grâce à l'apport des puces d'ATI, AMD va pouvoir proposer des composants graphiques plus puissants, condition sine qua non  pour pouvoir faire fonctionner correctement les prochaines générations de systèmes d'exploitation, nécessitant des capacités graphiques plus importantes, notamment Windows Vista de Microsoft, alors qu'Intel possède déjà ses composants Centrino. La transaction sera réalisée à la fois en titres et en numéraire, AMD devrait verser 4,2 milliards de dollars en cash, indique Les Echos, le reste sera payé en actions. Les synergies escomptées ne sont pas extraordinaires, le nouveau groupe prévoit d'économiser 75 millions de dollars en 2007, et environ 125 millions en 2008. Resteront à régler les problèmes de relations commerciales, le groupe canadien étant un grand fournisseur de jeux de composants pour Intel.

Les fonds d'investissement ont un appétit insatiable.
Acquisition historique pour un fonds d'investissement aux Etats-Unis, titrent La Tribune et le Financial Times. KKR, Bain Capital et Merrill Lynch se sont associés pour reprendre Hospital Corporation of America (HCA), une des plus grandes chaînes d'hôpitaux privés, pour la somme record de 33 milliards de dollars. C'est une opération inégalée pour un fond d'investissement, elle englobe néanmoins une dette de près de 12 milliards de dollars. HCA a été fondé en 1968 et regroupe 182 hôpitaux et 94 cliniques chirurgicales, réalisant un chiffre d'affaires de 24,5 milliards pour un bénéfice net de 1,4 milliard de dollars en 2005. L'entreprise avait été cotée en bourse, puis rachetée par un fonds, puis réintroduite sur le marché en 1992. KKR, même s'il s'est associé pour l'occasion, est coutumier de ce genre d'opération, le fonds avait réalisé seul en 1988 le plus gros LBO de l'histoire en acquérant le groupe agroalimentaire et cigarettier RJR Nabisco pour plus de 30 milliards de dollars. Kohlbert Kravis Roberts est également très présent en Europe et notamment en France, souligne le Figaro, où il est entré en négociation exclusive avec France Télécom pour la reprise des annuaires Pages Jaunes. Une opération à 3,3 milliards d'euros.

Faurecia entre le marteau et l'enclume.
Le titre de la filiale de PSA a décroché en bourse, relève La Tribune, en perdant plus de 7 % de sa valeur. L'équipementier a publié hier des résultats semestriels en forte baisse, encore plus mauvais que prévu, avec une perte nette de plus de 48 millions d'euros et une marge opérationnelle divisée par deux. Le groupe avait déjà prévenu au printemps qu'il traversait une période critique liée à une baisse des commandes des grands donneurs d'ordres. Le groupe est actuellement sous la double pression de prix de vente serrés pour la fourniture de ses composants, et de hausse continue des tarifs des matières premières et des énergies. La filiale à 71,5 % de PSA affiche un chiffre d'affaires d'un peu moins de 6 milliards d'euros sur les six premiers mois de l'année et subit la chute d'activité des constructeurs français, -10, 7 % sur le semestre écoulé, précise le Figaro. Ces derniers représentent 40 % des ventes de Faurecia. Comme bon nombre de concurrents, le groupe entreprend de délocaliser une partie de sa production dans des pays à bas coûts comme la Pologne, et a annoncé la suppression de 70 postes en France.

Didier RAGU,

A demain, avec Daniel !

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