Du lundi 3 juillet 2006

  • EADS : Gallois dans le cockpit.
  • Renault-Nissan s'intéresse à GM.
  • Arcelor, une fiancée enfin libre.
  • Yoplait veut doubler Nestlé sur le marché français.
  • Le gouvernement va créer un congé de soutien familial.
  • Siemens rachète les
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    EADS : Gallois dans le cockpit.
    « Jusqu'au bout la résolution de la crise chez EADS aura été politique », note d'entrée de jeu la lex column du Financial Times. En effet, il n'aura fallu attendre qu'une semaine de défiance avant que Noël Forgeard se résigne - « descendu en plein vol », pour reprendre l'expression de Libération - à quitter ses fonctions au sein d'EADS. Et ce, « juste avant le sommet entre Angela Merkel et Jacques Chirac », relève, malicieux, le quotidien saumon.

    Pour le remplacer : « Louis Gallois, le roi du rail prend l'air », s'amuse Libération. L'actuel président de la SNCF, très apprécié outre-Rhin, n'est pas un novice en matière d'aéronautique. Il a dirigé Aérospatiale, groupe que Lagardère a ensuite acquis pour composer la partie française d'EADS. En ce qui concerne les structures bicéphales et binationales du groupe, un temps décriées, elles resteront pour l'heure inchangées. « Dans ce schéma de statu quo, Louis Gallois rejoindra Thomas Enders, le coprésident exécutif côté allemand. Le premier supervisera notamment la florissante filiale Eurocopter, mais c'est le second qui aura la responsabilité d'Airbus », détaille la Tribune.

    Autre départ : Gustave Humbert, le président d'Airbus, démissionne lui aussi « avec effet immédiat », assumant ainsi « la responsabilité » des retards du programme A380. Il sera remplacé par le français Christian Streiff, ancien directeur général délégué de Saint-Gobain. Cette réorganisation au sein d'EADS entraîne de facto une « valse des patrons », selon le titre du Figaro : à la SNCF, Louis Gallois est remplacé par Anne-Marie Idrac, qui cède la présidence de la RATP à Pierre Mongin, l'actuel directeur de cabinet de Dominique de Villepin !

    « Dommage, conclut les Echos, que le départ de Louis Gallois de la SNCF donne lieu à ce jeu de chaises musicales où, tradition bien française, les nominations sont plus inspirées par la politique que par les compétences. »

    Renault-Nissan s'intéresse à GM.
    « Renault-Nissan sera-t-il le sauveur de General Motors (GM), premier constructeur mondial, bien mal en point ? », s'interroge la Tribune. À la vue des chiffres d'affaires des deux entités, respectivement 152 milliards d'euros pour GM et 105,2 pour l'alliance Renault-Nissan, la question peut paraître incongrue. Mais, le géant de Détroit a depuis longtemps ses pieds d'argile englués dans des résultats en bernes : son résultat net affiche -8,3 milliards d'euros, quand l'alliance franco-nipponne fanfaronne avec +6,4 milliards d'euros. De fait, GM n'a d'autres choix que de chercher une main secourable. Dans le rôle du sauveur : le duo franco-japonais dirigé par Carlos Ghosn.

    La marque au losange a confirmé que son emblématique président avait été approché par le milliardaire Kirk Kerkorian, premier actionnaire de GM, pour « évaluer l'intérêt que GM rejoigne l'alliance Renault-Nissan ». Une offre qui n'a pas dû laisser insensible le démiurge franco-libanais, qui a ressuscité Nissan en 1999. Une telle alliance serait centrée sur le potentiel de réduction des coûts, estime le Wall Street Journal.

    Renault détient 44,4 % de Nissan, qui pour sa part possède 15 % du groupe français. « L'élargissement envisagé passerait par une prise de participation par les deux constructeurs de 20 % (10 % chacun) dans GM », rapporte le Figaro Économie. Le tout pour un prix abordable : « La déconfiture de GM est telle que sa valeur est inférieure à celle de Renault. Pour un gros milliard d'euros, Renault peut ainsi s'offrir un fauteuil à la table des très grands et une porte d'entrée sur le marché nord-américain, conclut la Tribune. À priori, cela ressemble à une bonne affaire. »

    Arcelor, une fiancée enfin libre.
    Débarrassé de son encombrant prétendant russe, Arcelor est désormais libre de convoler à sa guise avec Mittal Steel. En effet, les actionnaires du groupe de Guy Dollé, réunis en assemblée générale extraordinaire à Luxembourg, ont rompu le contrat de mariage qui liait leur groupe à Severstal, en votant à près de 58 % du capital contre. « Heureusement que les actionnaires ont sorti Arcelor de l'imbroglio dans lequel la direction et le conseil avaient entraîné le groupe », estime Colette Neuville dans les colonnes de la Tribune.

    De son côté, « beau joueur, Alexeï Mordachov, le patron du sidérurgiste éconduit, qui laissait planer le doute sur ses intentions, a pris acte de la fin de son accord de fusion et s'est retiré vendredi soir de la course », note les Echos. L'oligarque empoche tout de même au passage une indemnité de 140 millions d'euros, pour rupture de noce. De quoi le consoler d'avoir perdu si belle fiancée ?

    Yoplait veut doubler Nestlé sur le marché français.
    Dans une interview accordée aux Echos, Lucien Fa, le P-DG de Yoplait expose la situation de son groupe, détenu à 50 % par le fonds d'investissement PAI Partners, alors que s'ouvre aujourd'hui un CCE en prévision de la fermeture du site de Ressons, dans l'Oise. « Quand on a repris 50 % de Yoplait en 2002, le groupe était donné pour mort, rappelle le patron. Sa part de marché était tombée de 16 % en 1998 à 11 %. Il accusait une perte de 24 millions d'euros. Aujourd'hui, nous sommes à l'équilibre [...] et nous totalisons un chiffre d'affaires de 650 millions d'euros. » Dans ce contexte, Lucien Fa justifie la fermeture du site de Ressons par « un retournement du marché français de l'ultrafrais », qui a pour résultat « une capacité de production inutilisée de 80 000 tonnes, soit l'équivalent de 17 % de notre production ». Selon lui, cette fermeture ne se fait pas en prévision d'une sortie du capital de PAI Partners, mais pour « redonner de la vigueur à Yoplait ». « Nous voulons continuer à augmenter nos parts de marché [...] et doubler Nestlé en France. »

    Le gouvernement va créer un congé de soutien familial.
    « C'est le grand rendez-vous annuel des acteurs de la politique familiale », s'enthousiasmela Tribune, la conférence annuelle de la famille se tient aujourd'hui à Matignon, sous le signe de la solidarité entre les générations. Le Premier ministre, Dominique de Villepin, devrait annoncer la création d'un statut de l'aidant familial, qui concernera 300 000 personnes qui encadreront les personnes âgées. Autre mesure phare, avance la Tribune, la création d'un congé de soutien familial, dédié à ces « aidants ». Il permettrait à tout salarié de s'absenter pour une période de trois mois, renouvelable jusqu'à douze mois, pour aider les personnes âgées, tout en conservant ses droits en matière d'assurance maladie. Les trimestres d'absence seraient par ailleurs validés pour les droits à la retraite. Le paiement des cotisations retraite pourrait être réglé par la branche de la Sécu ou par la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA). Selon la Tribune, la facture se situerait entre 10 et 15 millions d'euros.

    Siemens rachète les diagnostics de Bayer.
    Siemens poursuit sa réorganisation à grande vitesse. Seulement dix jours après l'annonce de la création d'une société commune avec Nokia dans les réseaux de télécommunications, le conglomérat allemand a dévoilé le rachat de l'activité diagnostics de Bayer, pour 4,2 milliards d'euros. Pour les Echos, « l'opération s'inscrit dans la vision de Siemens de recentrage du groupe sur trois axes : l'énergie et l'environnement, l'automatisation et les infrastructures, la santé ». L'entité reprise emploie 5 400 personnes pour un chiffre d'affaires de 1,4 milliard de d'euros. Avec cette intégration, Bayer revendique le troisième rang mondial du marché du diagnostic, derrière le suisse Roche et l'américain Abbott.

    Du côté de Bayer, cette cession entre également dans une logique de recentrage sur les produits pharmaceutiques pour les humains et les animaux et sur les produits qui peuvent être promus directement auprès des patients. De fait, d'autres cessions sont probables, estiment les analystes cités par les Echos, et notamment la branche diagnostics de Schering, toujours détenue par Bayer.

    À demain !
    Bertrand BEAUTÉ


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