"Du lait français oui, mais aux mêmes conditions qu'en Europe", clament les industriels français

Pas question pour les industriels laitiers de payer le lait français plus cher que leurs concurrents européens. La Fédération nationale des industriels laitiers (Fnil) plaide pour des règles identiques en Europe. En attendant, la baisse des cours du lait devrait durer encore plusieurs mois.

Partager

"Les entreprises françaises doivent pouvoir bénéficier des mêmes conditions de marché que chez leurs voisins", a insisté mercredi 16 mars, Olivier Picot, le président de la Fédération nationale des industriels laitiers (Fnil). "La France est en Europe. Nous ne pouvons pas réguler tout seul le système laitier, si les mêmes règles ne s’appliquent pas à tout le monde", a-t-il poursuivi. Une façon à demi-mot pour les industriels français de décliner les propositions de la Fédération nationale des producteurs laitiers (FNPL), de s’engager sur des prix plus élevés en signant la "charte laitière des valeurs" permettant de garantir un prix rémunérateur aux éleveurs.

"Le problème est européen, pas français. Aucun producteur ne peut tenir avec les prix actuels. Le système de dérégulation ne fonctionne pas", a insisté le président de la Fnil, rejetant de fait la possibilité d'instaurer des prix artificiels fixés à l’échelon national comme à l’été 2015. Et la baisse des cours du lait n’est pas prête de s’interrompre rapidement si l’on en croit la fédération.

La France, un des pays qui a le plus augmenté sa production

Pour Gérard Calbrix, directeur des affaires économiques de l’Association de la transformation laitière française (Atla), la surproduction mondiale observée actuellement, "provient essentiellement de l’Europe, qui a produit 10 milliards de litres de lait supplémentaires en deux ans". Contrairement à une idée répandue, cette augmentation n’est pas issue que des pays du Nord de l’Europe. "Avec 1,348 milliard de litres en plus, La France est le deuxième pays d’Europe, après la Grande-Bretagne, qui a vu sa production laitière la plus augmenter en valeur nette, depuis 2014", a-t-il souligné.

Les causes de cette surproduction laitière par rapport à la demande sont largement connues : suppression des quotas laitiers en 2015, recul de la demande chinoise et mise en place d’un embargo par la Russie sur certains produits laitiers européens à l’été 2014.

Des mesures de régulation difficiles à mettre en oeuvre

Les mesures de régulation de la production laitière annoncées le 14 mars par le Commissaire européen à l’agriculture Phil Hogan ne semblent pas convaincre les industriels. La Fnil les estime très difficiles à mettre en place. "Si il n’y a pas d’incitation financière, personne ne va vouloir se couper le bras au profit des producteurs du Nord de l’Europe. Un producteur en difficulté essaie de produire plus, pour gagner davantage, puisqu’il est rémunéré à la quantité produite", a rappelé Olivier Picot.

Pour Jehan Moreau, le directeur de la Fnil, l’article 222 de la Politique agricole commune (Pac), qui permet un retour à la régulation de la production laitière en Europe, exclut les coopératives. "La Commission européenne va devoir modifier cela, mais cela va prendre du temps. En attendant, le seul mécanisme existant est celui de l’intervention que Phil Hogan a accepté de doubler", a-t-il affirmé. Pas sûr que cela suffise à faire remonter les cours. Dans ces conditions, l’issue de la crise laitière actuelle paraît encore très incertaine.

Adrien Cahuzac

SUR LE MÊME SUJET

Sujets associés

NEWSLETTER Agroalimentaire

Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes...

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES PODCASTS

Connecter start-up et grands groupes

Connecter start-up et grands groupes

Dans ce nouveau numéro du podcast Inspiration, Thomas Ollivier, fondateur du Maif Start-up Club, répond aux questions de Christophe Bys. 

Écouter cet épisode

Le théâtre engagé et populaire de Samuel Valensi

Le théâtre engagé et populaire de Samuel Valensi

Samuel Valensi est un jeune metteur en scène engagé. Passionné de théâtre, il a décidé de quitter les bancs d'HEC pour écrire et mettre en scène. Il est...

Écouter cet épisode

Le Mans, capitale du son

Le Mans, capitale du son

Dans ce nouvel épisode de La Fabrique, Olivier James nous emmène au Mans pour nous faire découvrir un écosystème surprenant : celui de l'acoustique. En quelques années, la...

Écouter cet épisode

Le design dans le monde d'après

Le design dans le monde d'après

L'ancien secrétaire d'Etat socialiste, Thierry Mandon, est président de la Cité du Design de Saint-Etienne. Dans ce nouvel épisode du podcast Inspiration, il présente la Biennale...

Écouter cet épisode

Tous les podcasts

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

Trouvez les entreprises industrielles qui recrutent des talents

ETABLISSEMENT FRANÇAIS DU SANG.

Technicien de Maintenance en Matériel / Equipement H/F

ETABLISSEMENT FRANÇAIS DU SANG. - 27/06/2022 - CDI - BORDEAUX

+ 550 offres d’emploi

Tout voir
Proposé par

Accédez à tous les appels d’offres et détectez vos opportunités d’affaires

Acquisition de poste informatique de type Mini PC et écran.

DATE DE REPONSE 01/01/1970

+ de 10.000 avis par jour

Tout voir
Proposé par

ARTICLES LES PLUS LUS