Quotidien des Usines

Du jeudi 8 juin 2006

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Publié le

Enel n'a pas dit son dernier mot ! Arcelor accepte de discuter avec Mittal Falconbridge cède son usine norvégienne à LionOre France Télécom met en vente les Pages Jaunes Succès pour la mise sur le marché d'ADP Peugeot boycotté


Enel n'a pas dit son dernier mot !
Fulvio Conti, le président du groupe italien Enel, a renouvelé hier son intérêt pour le rachat d'Electrabel, la filiale de Suez. Il a même confirmé disposer d'une ligne de crédit de 50 milliards d'euros. Pour la Tribune, « ces déclarations n'ont rien d'anodin ». En effet, elles tombent juste avant la rencontre prévue ce matin entre le nouveau ministre de l'Industrie italien, Pierluigi Bersani, et son homologue français, François Loos. Au menu, le dossier épineux de l'énergie et en particulier le désaccord sur la fusion Gaz de France-Suez.

Si la perspective d'une OPA hostile d'Enel sur Suez pour contrer la fusion semble de moins en moins probable, l'embarras politique qui règne en France n'est pas de bon augure. En effet, depuis la crise du CPE et maintenant avec l'affaire Clearstream, Dominique de Villepin, « qui a manifestement perdu de sa superbe », joue tout en prudence et repousse soigneusement la privatisation impopulaire de GDF, condition sine qua none à la fusion.

« Au point que certains esprits retors imaginent le gouvernement [...] envisager des transactions avec l'Italie dans le cadre d'un scénario tripartite entre Enel, Suez et GDF, qui permettrait à l'État de garder la majorité du gazier français et à Jacques Chirac de redorer son image européenne. Fumeux ? interroge la Tribune. Quand la politique se mêle des affaires industrielles, il faut s'attendre à tout. »

Arcelor accepte de discuter avec Mittal
Coup de théâtre dans la guerre de tranchées qui se joue entre Mittal Steel et Arcelor. En effet, après plus de quatre mois de refus obstiné, le groupe de Guy Dollé a créé la surprise hier en annonçant avoir « demandé l'organisation d'une réunion » avec son assaillant, rapportent tous vos quotidiens. Pour justifier ce changement de pied, Arcelor explique qu'il a reçu vendredi, le projet industriel de Mittal et qu'il mérite des précisions. Cette initiative est interprétée par certains investisseurs comme une ouverture, voire un premier pas vers une négociation. Mais, le groupe luxembourgeois, qui « a manifestement du mal à assumer » selon le Monde, a tout de suite atténué la portée de cette rencontre : « Il ne s'agit en aucun cas d'une réunion au sommet ni d'une réunion de négociation. » On est donc encore loin de voir Guy Dollé s'asseoir à la même table que Lakhsmi Mittal. « Reste qu'aujourd'hui personne ne peut exclure que cette rencontre n'en appelle pas d'autres », conclut le Figaro Économie.

Falconbridge cède son usine norvégienne à LionOre
« Le canadien Falconbridge a fait un pas important pour défendre son projet de fusion avec son compatriote Inco », rapporte les Echos. En effet, le groupe a annoncé hier la cession au canadien LionOre de son usine norvégienne de raffinage de Nickel, afin d'obtempérer aux impératifs des autorités de concurrence. La transaction, d'un montant de 650 millions de dollars, est conditionnée à l'approbation des autorités de régulation et au couronnement du mariage entre Inco et Falconbridge. Pour les Echos, « cet achat est extrêmement intéressant pour LionOre [...] en raison du prix attrayant ».  

France Télécom met en vente les Pages Jaunes
France Télécom a annoncé hier matin « préparer un désengagement partiel ou total de Pages Jaunes », rapportent les Echos et la Tribune. L'opérateur historique juge « non nécessaire » la conservation de 54 % dans sa filiale annuaire car « elle n'est pas au cœur de sa stratégie ». Pour le Financial Times, c'est surtout le bon moment pour vendre. Une cession totale rapporterait 3,3 milliards d'euros à France Télécom. « La somme ira au désendettement du groupe mais pourrait aussi servir à financer des acquisitions », avance la Tribune. Les candidats aux rachats devraient être des fonds d'investissement séduits par le savoir-faire dans les renseignements par Internet, les parts de marché en France et la capacité des Pages Jaunes à transformer 98 % de son résultat opérationnel en cash-flow disponible. En attendant, l'annonce de la cession a été bien perçue par les marchés. L'action France Télécom a gagné 2,27 % et celle des Pages Jaunes 1,11 %.

Succès pour la mise sur le marché d'ADP
« Décollage à la verticale pour Aéroports de Paris », s'exclame la Tribune. Six jours après le feu vert de Bercy, l'opération serait déjà souscrite près de deux fois, tant auprès des institutionnels que des particuliers. Cette performance apparaît d'autant plus exceptionnelle qu'elle intervient dans un marché plutôt volatil et en proie à de vives inquiétudes. Pour mémoire, sur la même période le CAC 40 a perdu 1,4 %. Pour la Tribune, « il est clair que le relèvement de l'offre de Ferrovial sur British Airport Authority (BAA) n'est pas étranger à l'appétit des investisseurs ». En effet, BAA, leader mondial du secteur fait l'objet de deux tentatives de rachat (Ferrovial et Goldman Sachs), montrant l'intérêt pour ce secteur qui offre une forte visibilité sur ses tarifs.

Peugeot boycotté en Grande-Bretagne
Deux syndicats britanniques s'apprêtent à lancer une campagne de boycott de PSA Peugeot Citroën au Royaume-Uni, révèlent le Financial Times et les Echos. Cette campagne vise à pousser la marque au lion à reconsidérer sa décision de fermer son usine de Ryton, qui emploie 2 300 personnes. Les syndicats, qui prévoient de consacrer 1 million de livres à cette opération, estiment qu'une réduction des ventes de seulement 15 000 à 20 000 véhicules ferait disparaître les gains que le groupe attend de la fermeture du site. En face, la direction de Peugeot durcit le ton. Si ces menaces sont mises à exécution, elle pourrait revoir sa décision de fermer l'usine en deux temps ou réviser à la baisse les montants versés aux salariés qui vont perdre leur poste. 

À demain avec Didier !
Bertrand BEAUTÉ

 

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