Du jeudi 1er juin 2006

  • Les actionnaires ne verront pas le bout de l'Eurotunnel !
  • Arcelor : 30 % des actionnaires engagent la contestation
  • Crise majeure à la tête de Vinci
  • ADP en bourse le 16 juin
  • Le Crédit Agricole se paye une coupe de Taittinger
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    Les actionnaires ne verront pas le bout de l'Eurotunnel !
    Jacques Gournon, le P-DG d'Eurotunnel, a dévoilé hier le plan de restructuration des 9 milliards de dette de l'exploitant du tunnel sous la Manche. Les banques Goldmann Sachs, Macquarie et Barclays financeront la mise en œuvre, explique le Financial Times. Les actionnaires, quant à eux, seront invités à se prononcer le 12 juillet sur ce projet qualifié « de dernière chance ». En cas de rejet, Jacques Gourmon demandera à la justice « dès le 13 juillet » d'enclencher la procédure de dépôt de bilan.

    « Les lignes de force du plan reposent sur un abandon massif des créances -la dette est réduite de 54 %, à 4,24 milliards d'euros- et sur la création de titres hybrides cotés pour un montant de 1,5 milliard d'euros », explique les Echos. Jusqu'en 2009, aucune dilution de titre ne sera réalisée. Mais, au bout de cinq ans, les actionnaires seront dilués entre 0 et 87 %, selon les scenarii.

    Pour la Tribune, « leur cauchemar n'est donc pas terminé. [...] Ou bien ils valident l'accord de réduction de dette conclu avec les gros créanciers et ils acceptent le risque de voir leur investissement perdre à terme jusqu'à 87 % de sa valeur... excusez du peu ! » Ou bien Eurotunnel est déclarée en faillite et « les porteurs d'actions n'auront plus que leurs yeux pour pleurer... s'il leur reste des larmes à verser après tant de déboires ».

    Arcelor : 30 % des actionnaires engagent la contestation
    « La riposte de Mittal Steel à l'union d'Arcelor et de Severstal n'a pas tardé », clame les Echos. La fronde sous forme de pétition, initiée par sidérurgiste néerlandais contre la gouvernance d'Arcelor, semble avoir rencontré un large écho, rapporte tous vos quotidiens. Plus de 20 % des actionnaires d'Arcelor ont signé la pétition, dont deux douzaines d'actionnaires institutionnels, précise le Wall Street Journal, pour forcer la direction, conformément aux statuts de la société, à convoquer une assemblée générale. L'ordre du jour serait précis : obtenir que le rapprochement avec Severstal soit approuvé en assemblée générale extraordinaire avec donc l'aval d'au moins deux tiers des suffrages exprimés. « Une grande première dans l'histoire d'Arcelor », note la Tribune. Face à ce « coup de force des actionnaires », Arcelor se montre serein. En coulisse, raconte la Tribune, on souligne que le contrat est signé et que rien ne peut le dénouer sauf si une majorité du capital s'y oppose.


    Crise majeure à la tête de Vinci
    « Coup de théâtre » dans la guerre des chefs qui secoue Vinci, s'exclament en cœur les Echos et la Tribune. Alain Dinin, le P-DG de du promoteur immobilier Nexity, qui était pressenti pour remplacer Xavier Huillard au poste de directeur général du groupe BTP, a brutalement décliné l'offre.

    Cette défection sonne comme un échec cuisant pour le Président de Vinci, Antoine Zaccharias. En effet, ce dernier, en conflit majeur avec Xavier Huillard, souhaitait sortir de la crise le plus rapidement possible en poussant Alain Dinin sur le devant de la scène. Échec, il a refusé. Dans l'entourage de M. Zaccharias, on s'efforce de minimiser l'impact de ce désistement, en proposant une sortie de crise en deux temps, détaille la Tribune. D'abord, Xavier Huillard devrait être révoqué ce soir par le conseil d'administration. Puis, Alain Dinin accepterait le poste, une fois le conflit apaisé.

    Dans cette affaire, l'image du leader mondial des concessions et de la construction prend un sacré coup. D'autant que le parisien en rajoute une couche en publiant une lettre, de Xavier Huillard au conseil d'administration de Vinci, qui accable Antoine Zaccharias accusé de « s'enrichir au-delà de toute raison sur le dos de Vinci ».

    Face à ce conflit de gouvernance, que nos confrères anglo-saxons rebaptisent le "Da Vinci Code de gouvernance", « les marchés sont nerveux » estime la Tribune. Le titre a perdu 5,3 % depuis la clôture vendredi.


    ADP en bourse le 16 juin
    Le ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie a donné hier le coup d'envoi officiel de la privatisation partielle du gestionnaire des aéroports parisiens. Jusqu'au 14 juin, les investisseurs peuvent souscrire à l'offre qui vise à placer en bourse l'équivalent de 30 % du capital d'Aéroport de Paris. Le prix de cotation sera fixé le 15 juin et les premiers échanges sont prévus le 16. La valeur retenue pour les actions est de 41 à 47,50 euros pour les particuliers, de 42 à 48,50 institutionnels et de 32,8 à 38 pour les salariés. « L'État pourrait retirer jusqu'à 800 millions de cette opération », estime le Figaro Économie. D'autant que, « malgré la récente correction des marchés boursiers et l'absence d'actions gratuites promises habituellement dans ce type d'opération, la réussite du projet laisse peu de doutes aux responsables du dossier », conclut les Echos.

    Le Crédit Agricole se paye une coupe de Taittinger
    Après plusieurs mois de discussions, le fonds d'investissement Starwood a annoncé hier soir la vente de Taittinger à la Caisse du Nord Est du Crédit Agricole pour un montant de 660 millions d'euros, rapportent vos quotidiens. Pour le prix, le Crédit Agricole reprend à son compte 100 % des activités en l'état (la maison de champagne, le domaine viticole californien Carneros et la société Bouvet-Ladubay), une dette de 50 millions d'euros incluse dans le prix de vente et les autres engagements. Une partie de la famille Taittinger devrait entrer au capital « sans que l'on sache à ce stade quelles personnes et dans quelles conditions », précise les Echos. À terme, le Crédit Agricole, qui n'a pas vocation à rester propriétaire, devrait se désengager pour ne conserver que des intérêts minoritaires.

    Renault négocie une alliance avec le russe Avtovaz
    Le groupe russe Avtovaz, concepteur de l'antique 4x4 Lada Niva, pourrait bientôt fabriquer des Logan Dacia. En effet, la marque au losange évalue actuellement les possibilités de coopérations techniques avec le premier constructeur russe, en vue de lui livrer des plates-formes et des moteurs voire de produire chez lui des modèles à bas coûts de type Logan, révèlent les Echos et la Tribune. En proie à des difficultés financières, Avtovaz semble à la recherche de partenariats stables. De son côté, le groupe de Carlos Ghosn, qui exploite déjà en Russie une usine à Moscou d'une capacité de production de 60 000 unités annuelles, souhaite accroître ses capacités de production en Russie et pourrait prendre jusqu'à 20 % du capital d'Avtovaz. Une alliance gagnant gagnant en quelque sorte. « Le hic, prévient la Tribune, c'est qu'Avtovaz est contrôlé par la très opaque agence publique aux exportations d'armements Rosobornexport, dirigée par des proches du Kremlin ».

    À demain avec Didier Ragu !
    Bertrand BEAUTÉ


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