du 2 mars 2006

  • Villepin cherche des digues pour contrer les OPA
  • L'italien Enel accuse Veolia environnement de trahison dans l'affaire GDF-Suez
  • Les géants du BTP à l'affût
  • Le Vivendi nouveau est arrivé
  • Renault redresse la tête
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    Villepin cherche des digues pour contrer les OPA

    C'est à la une de tous vos quotidiens, le Premier ministre a annoncé de nouvelles mesures pour protéger les entreprises françaises contre les OPA et s'est vivement défendu de tout protectionnisme. « Le patriotisme économique, ce n'est nullement voir la France se recroqueviller sur elle-même », a-t-il martelé, rapporte les Echos. « Notre seul objectif est de lutter à armes égales » avec d'autres États.

    Première piste étudiée pour « lutter », la Caisse des dépôts et consignations (CDC), le plus grand investisseur institutionnel du CAC40, comme le rappelle le Financial Times. Avec 30 milliards d'euros de participation en actions (contre 135 milliards en obligations), la CDC est notamment actionnaires de CNP assurances (36,49 %), Dexia (8,58 %), Veolia (8,40 %)... Dominique de Villepin a demandé à Thierry Breton de voir comment la CDC pourrait « augmenter significativement ses placements en actions », pour jouer en quelque sorte le rôle des fonds de pension américain.

    Autre instrument mobilisé par le Premier ministre au nom du patriotisme économique : l'actionnariat salarié. Une loi, préparée par Gérard Larcher et Thierry Breton, devrait favoriser l'extension de la distribution d'actions gratuites à tous les salariés et la transformation du compte épargne temps en actions de l'entreprise. Une loi populaire auprès des entreprises puisque, selon une enquête du Medef citée par la Tribune, 95 % des grands groupes et 77 % des PME se disent favorables au développement de l'actionnariat des salariés.

    L'italien Enel accuse Veolia environnement de trahison dans l'affaire GDF-Suez
    En Italie, la colère contre la France, pour cause de fusion GDF-Suez, ne désarme pas. Et pour mettre un peu d'huile sur le feu, Enel s'apprête à transmettre à la Commission européenne un « mémorandum » qui semble montrer que la France a bien fait une entorse aux règles de la concurrence. Un document que s'est procuré le journal les Echos.

    D'après celui-ci, le groupe français Veolia a contacté Enel à l'automne dernier « en vue de discuter de l'opportunité d'une acquisition conjointe de la société Suez ». Selon le schéma envisagé, le groupe italien devait hériter de l'ensemble des activités d'énergie, tandis que Veolia récupérait les activités environnement. Les autres actifs de Suez devaient être gérés en commun « dans l'attente d'une cession effectuée le plus tôt possible ». Mais, certainement pour ne pas refaire le « coup Mittal », à qui Thierry Breton avait reproché de ne pas avoir prévenu le gouvernement français lors de son OPA sur Arcelor. Henri Proglio, le patron de Veolia, présente le projet au ministre de l'Économie français.

    Ce dernier lui fait part de « certaines perplexités » et milite pour une implication de Gaz de France. Le 21 février, Il Giornale, un quotidien italien met l'affaire sur la place publique. Le 22, Henri Proglio confirme à Enel son intention de poursuivre son opération. Mais, après un coup de fil de Jacques Chirac à Silvio Berlusconi « où le président français souligne la nature hostile de l'opération », le patron de Veolia renonce, « invité à interrompre toute négociation en vue de l'acquisition de Suez ». Pour les italiens, Veolia s'est vu opposer un veto formel du gouvernement français. Une entorse aux règles de la concurrence sur laquelle la Commission européenne va devoir se pencher.

    Les géants du BTP à l'affût
    Eiffage, Bouygues et Vinci affichent des résultats en hausse de plus de 20 %, en 2005. Les trois leadres français s'investissent de plus en plus dans les concessions et recherchent des diversifications dans l'ingénierie électrique. L'événement de la Tribune passe en revue les stratégies des trois entreprises. Eiffage, qui vient de subir l'intrusion dans son capital du numéro cinq espagnol (5,02 %), cherche à se développer seul. « Ils nous ont proposé un rapprochement, une fusion, un mariage [...] nous disons ?non? », affirme François Roverato, son P-dg. Pour se protéger, ce dernier tente de convaincre la Caisse des dépôts et des consignations de prendre une part à son capital.

    Bouygues de son côté rêve ouvertement de s'allier avec Areva. « L'électronucléaire est un sujet qui nous intéresse », affirme Martin Bouygues, avant de répondre au sujet d'une alliance avec Areva : « Si nous en avons la possibilité, pourquoi pas ? » Le hic, c'est que l'État refuse pour le moment de privatiser le groupe nucléaire. De quoi faire patienter Bouygues.

    Vinci, le numéro un mondial de la construction et des concessions, dispose d'un carnet de commandes records : 16 milliards d'euros en progression de 14 % sur un an. Pour continuer cette progression, le groupe reste à l'affût de partenaires extérieurs, comme l'ingénieriste Amec-Spie.

    Le Vivendi nouveau est arrivé
    Le groupe de Jean-Bernard Lévy a dépassé ses objectifs en 2005 : 2,07 milliards d'euros de bénéfice net (en progression de 55 %) contre 1,8 milliards prévus. Avec de pareils chiffres, le Président du directoire de Vivendi pouvait être « fier » de les présenter, sourie la Tribune. Cette bonne forme, Vivendi la doit aux deux tiers à l'amélioration du résultat d'exploitation, en hausse de 14 % à 3,74 milliards d'euros et à la téléphonie - SFR et Maroc Télécom - qui a encore généré plus de 80 % des résultats l'an passé. Le groupe de médias annonce d'ores et déjà une croissance à deux chiffres du résultat pour 2006, dans une fourchette de 11 à 13 %.

    Renault redresse la tête
    Carlos Ghosn peut souffler. En février, pour la première fois depuis six mois, son groupe a réussi à afficher une hausse des ventes (+2,6 %) sur un marché français relativement stable (+0,6 %), même si, à elle seule, la marque Renault ne progresse pas (-0,9 %). Cette progression des ventes contraste avec les mois de janvier 2006 et décembre 2005, où elles avaient respectivement baissé de 10 % et 4 %, rappelle les Echos. Si le groupe au Losange a quelque peu sortit la tête du marasme, c'est grâce à deux de ses modèles : la Clio III (Renault) et la Logan (Dacia) qui, à elles deux, compensent les baisses cumulées de l'Espace, de la Mégane et de la Modus. En revanche, Nissan, l'associé japonais de Renault, continue sa chute libre avec des immatriculations inférieures d'un tiers à celle de février 2005.

    À demain !
    Bertrand BEAUTÉ



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