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L'Usine Aéro

Drone de surveillance : EADS et Dassault enterrent la hache de guerre

Hassan Meddah , , , ,

Publié le

Auparavant concurrents, EADS, Dassault Aviation et l'italien Finmeccanica appellent au lancement d'un programme européen de drone de surveillance.

Drone de surveillance : EADS et Dassault enterrent la hache de guerre © Dassault Aviation - M. Alleaume

Le salon du Bourget a seulement démarré que les coups d'éclats se multiplient. Après le premier vol vendredi de l'A350 d'Airbus à Toulouse, c'était au tour des industriels de la défense d'occuper le devant de la scène depuis dimanche 16 juin. Dans le segment des drones de surveillance, les ennemis d'hier, EADS, Dassault Aviation, et l'italien Finmeccanica, font alliance. Les trois entreprises font cause commune pour demander aux états européens de lancer un programme de drone MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance). "EADS Cassidian, Dassault Aviation et Finmeccanica Alenia Aermacchi déclarent qu’ils sont prêts à se coordonner autour d’un tel programme qui répondrait aux besoins en matière de sécurité de nos gouvernements et de nos forces armées en Europe", précisent les trois sociétés dans un communiqué de presse commun.

EADS et Dassault Aviation enterrent donc la hache de guerre. On se souvient que les deux groupes un temps associé dans le programme de drone d'observation Euromale lancé en 2002 par la DGA, n'avaient pu s'entendre et mis fin violemment à leur coopération. Comment expliquer alors ce revirement ? D'une part par la nécessité de sortir d'une impasse où tous les deux étaient perdants. Un à un, les grands pays européens achètent sur étagère les drones américains ou israéliens, menaçant de tuer toute possibilité de faire émerger une filière européenne.

Ainsi, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a justifié sa volonté d'acheter douze drones Reaper à l'américain General Atomics du fait de l'absence d'offre européenne. D'autre part, l'eau est passée sous les ponts et les différends d'hier se sont aplanis. "Dans ces deux entreprises, des nouveaux dirigeants ont pris la tête. Cela permet de faire table rase du passé", souligne un observateur de cette industrie. En effet, Eric Trappier a succédé en début d'année à Charles Edelstenne chez Dassault ; tandis que Bernhard Gerwert a remplacé Stefan Zoller à la tête de la branche défense d'EADS l'an dernier.

Trois pour un fauteuil

Pour convaincre les Etats, les industriels ont des arguments à faire valoir. "Le développement d’un tel système permettrait, dès le stade de la conception, de tenir compte des besoins critiques en matière de certification des drones, et donc de les utiliser en toute sécurité dans l’espace aérien européen", souligne leur communiqué. Un moyen de faire allusion à la cuisante désillusion survenue à l'Allemagne qui a investi en pure perte 500 millions d'euros dans le drone américain de Northrop Grumman... sans espoir de pouvoir le certifier en Europe.

Autre argument avancé: avec un tel programme, la sacro sainte souveraineté des Etats européens en sortirait renforcée. "La souveraineté et l’indépendance européenne en matière de gestion de l’information et du renseignement seraient garanties, tout en offrant un système robuste, capable de résister aux cyber-attaques", précisent les nouveaux partenaires.

Toutefois, au moins deux problèmes se posent. Le premier d'ordre financier. Après l'achat de Reaper américains et la situation tendue de leurs finances, les Etats ont-ils encore quelques milliards d'euros à mettre sur la table pour un nouveau développement de drone MALE européen ? Le second est plus opérationnel. Si un drone n'a pas de pilote, il en faudra bien un comme maître d'œuvre pour développer un tel programme. Or ils sont trois pour un fauteuil !

Hassan Meddah

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