Dow Chemical va continuer d’investir en France

Après le plan social mis en œuvre l’an dernier, le numéro deux mondial de la chimie assure que l’Hexagone reste une terre d’investissements.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

Dow Chemical va continuer d’investir en France

Dow Chemical possède en France neuf sites : un centre de R&D, trois bureaux commerciaux et cinq usines, dans lesquels il emploie environ 2000 salariés. Le groupe devrait générer en France un chiffre d’affaires de 1,5 milliard d’euros en 2010. Pierre-Jean Brochand, président de Dow Chemical France, assure que l’Hexagone demeure un pays attractif, en phase avec la stratégie du groupe qui tend à investir dans la chimie de spécialités au détriment des commodités.

Usine Nouvelle: Après une année 2009 difficile pour Dow Chemical, comment qualifiez-vous l’année 2010 ?

Pierre-Jean Brochand: Les deux premiers trimestres de l’année ont été très bons. Et le troisième trimestre est correct. Mais nous restons très prudents dans nos estimations du quatrième trimestre en raison du manque de visibilité. Nos clients n’ont aucune idée de ce qui va se passer pour le mois d’octobre. Signe positif, le taux d’utilisation des usines se rapproche de celui de 2007. Il s’élèvera à près de 85% pour cette année. Il se situe à environ 90% dans les meilleures années, le taux de 100% restant théorique en raison notamment de la maintenance. Lors des années les plus difficiles, ce taux approchait 80%. Or il est descendu sous les 70% au plus fort de la crise !

La France reste-t-elle un pays attractif pour le groupe ?

VOS INDICES

source

logo indice & contations

Le contenu des indices est réservé aux abonnés à L’Usine Nouvelle

Je me connecte Je m'abonne

Il ne faut pas oublier qu’avec l’acquisition de l’américain Rohm and Haas, les effectifs de Dow Chemical ont doublé en France, pour atteindre le chiffre de 2000 personnes. L’achat comprenait 3 usines et un centre de R&D avec une centaine d’employés. Auparavant, Dow Chemical ne possédait pas ce genre de site de recherches en France, c’était une faiblesse. Tous les plans de restructuration ont été discutés et sont en cours de mise en œuvre et nous allons même embaucher une dizaine de personnes d’ici à la fin de l’année sur l’un de nos sites. Début 2010, nous avons créé une société commune avec le groupe industriel Dassault Dow Kokam, pour la production de systèmes de batteries électriques lithium-ion. Plusieurs autres projets d’investissement sont à l’étude en France.

Le secteur de la chimie a-t-il encore un avenir en France ?

Oui, à condition de se diriger vers la chimie de spécialités. Concernant les matières premières, les grands sites de production se développent en Asie et au Moyen-Orient. Les chimistes doivent aussi miser sur la recherche et l’innovation. En la matière, la France a une carte à jouer. De nombreux produits se transportent mal et poussent à maintenir une production de proximité. C’est le cas, par exemple, des plaques de polystyrène extrudées de Dow Chemical, qui servent à l’isolation thermique. Comme elles sont pleines d’air, le transport devient vite peu rentable.

La réglementation européenne Reach peut-elle mettre à mal l’industrie chimique ?

Cette réglementation est nécessaire. Mais je suis inquiet pour les PME, qui n’ont pas les moyens et les ressources que possèdent les grands groupes. J’ai bien peur que certains produits ne finissent par disparaître du marché. Reach diminue aussi la compétitivité de l’Europe face aux autres pays qui n’ont pas de contraintes de ce type à respecter. A gérer, cela va être sportif.


Propos recueillis par Olivier James

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS