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Doux : Xavier Beulin mauvais perdant

Pascal Gateaud , , ,

Publié le

S’il était sportif, on aurait dit qu’il était mauvais joueur, ou, plutôt, mauvais perdant.

Doux : Xavier Beulin mauvais perdant © Doux

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Mais Xavier Beulin préside la FNSEA, le syndicat majoritaire dans la profession agricole, et est, à ce titre, un interlocuteur de poids des pouvoirs publics. Cela ne l’empêche pas de remettre en cause la compétence "d’un tribunal de commerce d’une petite bourgade". Les habitants de Quimper (Finistère) apprécieront !

Invité mercredi 29 août de Jean-Pierre Elkabbach, sur Europe 1, Xavier Beulin s’en est pris au tribunal de commerce de la préfecture du Finistère et à sa gestion du dossier Doux. Faut-il rappeler que Xavier Beulin préside aussi la société Sofiprotéol dont l’offre pour reprendre les activités de Doux a été retoquée par ce même tribunal ? Promis juré, si le président de la FNSEA juge mauvaise la décision rendue publique le 1er août, c’est "parce qu’elle remet en cause un projet industriel pour la filière avicole française et mon rôle là-dedans ce n’était pas de jouer [celui] de l’industriel, [mais de] coordoner un ensemble d’acteurs pour préserver en France une filière, la filière volailles".

Xavier Beulin s’est bien gardé d’indiquer que la décision du tribunal qui lui était défavorable avait reçu l’assentiment de l’administrateur judiciaire. Trop sûr de son coup le président de Sofiprotéol ? Malgré l’appui du gouvernement, son groupe n’est pas parvenu à convaincre les juges du tribunal pas plus que les élus locaux, toutes tendances confondues, qui voulaient sauver Doux, ou du moins ce qu’il en reste, en évitant son démantèlement. "Quand on parle de milliers d’emplois, quand on parle de milliards d’euros de chiffre d’affaires, je ne suis pas sûr que le tribunal de commerce d’une petite bourgade ait la capacité d’appréhender les sujets correctement", a estimé Xavier Beulin. Fallait-il, pour réussir sa rentrée, que le président de la FNSEA s’attaque au "le tribunal de commerce d’une petite bourgade ?"

A trop donner l’impression qu’il défend ses intérêts, quand bien même il prétend œuvrer pour l’intérêt général, le président de la FNSEA prend le risque d’être moins écouté. Les juges de Quimper, qui doivent statuer mercredi 5 septembre sur l’avenir du pôle frais de Doux, savent, par avance, qu’ils ne couperont pas au reproche d’amateurisme. Quant aux centaines de salariés qui vont se retrouver sur le carreau, ce ne sont pas les rodomontades du président de la FNSEA qui changeront quoi que ce soit à leur sort…

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