DOSSIER JO DE SYDNEYSystème d'information : La vitrine planétaire de l'e-businessPour l'informatique des Jeux de Sydney, IBM n'a pris aucun risque technologique majeur... si ce n'est celui de faire de la vitrine olympique le plus vaste chantier e-business de cette fin de millénaire.

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DOSSIER JO DE SYDNEY

Système d'information : La vitrine planétaire de l'e-business

Pour l'informatique des Jeux de Sydney, IBM n'a pris aucun risque technologique majeur... si ce n'est celui de faire de la vitrine olympique le plus vaste chantier e-business de cette fin de millénaire.



Plus de six milliards et demi de hits (connexions demandées) en dix-sept jours ! Tel est le niveau de fréquentation attendu du 15 au 30 septembre par Socog (Sydney Organising Comitee for the Olympic Games), organisateur et maître d'oeuvre du site officiel des Jeux de Sydney. Avec un tel score, olympics.com devrait être l'un des sites les plus visités de la planète. Pour IBM - qui en a assuré le développement comme l'hébergement -, c'est la dernière démonstration de savoir-faire dans le cadre olympique. Le constructeur a décidé en effet de ne pas poursuivre au-delà de l'an 2000 le partenariat technologique qui le liait au Comité international olympique depuis 1960 ! La principale raison avancée tient au bilan économique de ce partenariat. En clair, les dépenses engagées par le constructeur dépassent les retombées. A titre indicatif, les Jeux de Nagano lui ont coûté plus de 140 millions de dollars. A y voir de plus près, ce n'est probablement pas le seul paramètre ayant été pris en compte. IBM a réalisé que la caisse de résonance des Jeux avait son revers de médaille : performance et contre-performance y sont amplifiées dans les mêmes proportions ! Chacun se souvient qu'aux Jeux d'Atlanta, en 1996, IBM n'avait pu livrer en temps et en heure certains résultats d'épreuves, déclenchant la colère des médias et des chaînes de télévision. Même si l'incident a été rapidement circonscrit, l'image d'infaillibilité d'IBM en a tout de même pris un coup. Pour Sydney, l'américain a cherché à réduire au minimum les risques de dérapage. Du même coup, certaines technologies, pourtant matures, comme le " vidéo streaming " sur Internet (adaptation d'un flux vidéo au protocole du Web), ont été écartées. " Cette année, la compagnie cherche essentiellement à montrer sa capacité à déployer des solutions e-business à très large échelle ", confirme Elisabeth Primerose-Smith, vice-présidente des opérations de sponsoring sportif de la compagnie au siège d'Armonk. Plus de 1 500 experts de différentes filiales sont affectés au système d'information, projet conçu cette année comme une " vitrine e-business à l'échelle planétaire ". Si un tel choix s'avère moins spectaculaire en termes de mise en oeuvre de nouvelles technologies - comme ce fut le cas lors du dernier tournoi de Roland-Garros, pour lequel IBM a déployé une solution d'accès mo- bile WAP -, il se révèle plus générateur de retombées au moment où l'e-business capte toute l'attention et toute l'énergie des entreprises. Au sujet du système d'information des Jeux, le Socog a fait sien le dicton " chat échaudé craint l'eau froide "... et fixé par écrit dans son cahier des charges les règles du jeu : la diffusion des résultats doit pouvoir se faire dans un délai de trois à dix secondes après chaque épreuve sportive.

L'Intranet au coeur du dispositif

Comment IBM peut-il tenir un tel engagement ? Grâce à la mise en place d'un Intranet ! En effet, les défaillances d'Atlanta ont conduit la compagnie à reconfigurer la fonction " encyclopédie électronique virtuelle " du système, assurée jusque-là en mode client/serveur. Désormais, c'est au sein d'une architecture de type Intranet que les résultats seront mis à disposition des publics concernés. Baptisé Info, cet Intranet donne accès à tous les résultats stockés dans un entrepôt de données, qui peut être consulté en self-service à partir de kiosques ou de postes de travail sous Windows (plus de 2 000). Cet Intranet a déjà été testé lors des Jeux d'hiver de Nagano, en 1998, où il a enregistré près de 660 000 transactions. A Sydney, il sera ouvert aux 260 000 membres de la communauté olympique : athlètes, fédérations, partenaires, presse, etc. Avec le système d'information des commentateurs de la TV et de la radio (CIS), le Système de gestion des Jeux et la Messagerie des supporters, Info constitue le coeur du dispositif, à savoir le Système de résultats des Jeux. Grâce à lui, il sera possible de savoir pour chaque épreuve qui a gagné, quels sont les meilleurs temps, les records battus, ainsi que le nombre de médailles obtenues par chaque pays.

Plusieurs milliards de connexions attendues !

Egalement au coeur de ce dispositif, le site officiel des Jeux - ouvert depuis juillet - sera à coup sûr la partie du projet la plus exposée, car en prise directe avec un plus large public. Le site comportera 34 000 pages dynamiques contenant quelque 22 000 photos. Mais c'est surtout par le trafic attendu qu'il marquera une nouvelle performance. Aux Jeux d'Atlanta, le site officiel n'avait reçu que 187 millions de hits. A ceux de Nagano, ce nombre a passé le cap des 635 millions. L'objectif visé à l'occasion des JO de Sydney, plus de 6,5 milliards de hits, dénote une progression qui ne va pas sans risques technologiques. C'est d'ailleurs pour faire face à toute éventualité que la compagnie a mis en place un centre névralgique disponible de jour comme de nuit, le Centre de contrôle des technologies (CCT). Principales missions de cette cellule constituée des meilleurs spécialistes des laboratoires d'IBM, Kodak, Xerox, Panasonic et Samsung : concevoir, développer et tester la solution e-business du Socog afin qu'elle fonctionne en continu pendant tous les Jeux. De toutes les missions confiées à cette cellule, le test est sans doute la plus délicate. Rappelons que c'est l'insuffisance de tests qui avait conduit aux défaillances d'Atlanta. L'israélien Mercury-Interactive, spécialiste mondial du test d'applications client/serveur, avait été appelé à la rescousse..., mais trop tard, semble-t-il, pour modifier le cours des événements. Pour les Jeux de Sydney, on a fait sienne la maxime selon laquelle " il vaut mieux prévenir que guérir ". Spécificité majeure de la vitrine e-business des Jeux de Sydney, le site officiel comporte un important volet marchand. Selon Mark Jackson, président du Socog, l'objectif d'une telle démarche est d'offrir " un puissant couplage interactif entre une couverture riche des Jeux et un programme marketing afin que les internautes puissent faire l'expérience la plus complète possible de ces JO via le Web ". Ainsi, une visite virtuelle de la ville en 3D est proposée sur le site.

Un site marchand plutôt bien approvisionné

Que pourra-t-on y acheter ? En premier lieu, les billets pour assister aux Jeux. Un important pourcentage de billets sera en effet mis en vente sur le site..., l'organisateur espérant réaliser ainsi de substantielles économies par rapport aux billetteries papier traditionnelles. En second lieu, une importante panoplie d'accessoires en édition limitée. Elle sera mise à disposition des internautes des quatre coins du globe (voir encadré). Cette " boutique souvenirs virtuelle ", qui offre plusieurs centaines d'objets, allant du pin's en or au tee-shirt frappé aux couleurs de Sydney, devrait réaliser un chiffre d'affaires de plusieurs centaines de millions de dollars. La sécurité de l'Olympic Store Online, qui n'est pas à l'abri de pirates, repose entre autres sur l'usage de la technologie SSL (Secure Socket Layer) et sur les " certificats digitaux " de Verisign. Toujours en matière de sécurité, IBM a mis en place plusieurs stratégies de dissuasion à l'attention des pirates qui voudraient profiter du caractère exceptionnel de l'événement pour faire parler d'eux. Si le risque lié aux technologies émergentes a été écarté, IBM n'en aura pas moins à relever le défi d'un système d'information appelé à attirer la curiosité de millions d'internautes. Une lourde tâche dont les experts du CCT vont devoir s'acquitter au prix d'une mise sous haute surveillance du système d'information des JO de Sydney.



Une architecture qui masque la complexité

Répondant aux besoins hétérogènes de différents publics (athlètes, organisateurs, fédérations nationales ou régionales, presse, etc.), le système d'information des JO épouse cette complexité tout en la masquant grâce à une architecture fonctionnelle simple (voir schéma). Celle-ci comporte les modules suivants :

Le système d'information des commentateurs (CIS), qui fournit en temps réel aux télévisions et aux radios du monde entier les informations percutantes dont ils ont besoin.

L'Intranet Info, qui permet d'accéder en mode partagé à l'encyclopédie électronique des Jeux (les données sont classées par disciplines, athlètes ou pays).

Le système de résultats, qui associe deux composantes : les résultats sur les sites et le système central de résultats.

Et enfin le système de gestion des Jeux, qui permet la coordination et l'intégration de toutes les tâches de logistique.



Quatre questions à Elisabeth Primerose-Smith

Vice-présidente des opérations de sponsoring d'IBM Corp.

"L'approche e-business a été appliquée à toutes les phases du projet."

Pourquoi IBM n'a-t-il pas mis en oeuvre de nouvelles technologies à l'occasion de ces Jeux ?

C'est un choix que nous avons validé avec l'organisateur. Pour des raisons de droits de diffusion TV, le Socog n'a pas voulu de solutions de " videostreaming " sur Internet, que ce soit en direct ou en différé. Idem en ce qui concerne le Wap. En revanche, l'approche e-business a été appliquée à toutes les phases de ce gigantesque projet.

L'objectif de 6,5 milliards de hits sur le site officiel vous paraît-il réaliste ?

Il est vrai que ce chiffre peut prêter à différentes interprétations. Pour éviter toute discussion inutile, nous disons aussi que nous attendons plus de 10 millions de visiteurs, qui verront au total plus de 1 milliard et demi de pages.

Comment IBM s'assure-t-il alors qu'un tel trafic sera absorbé ?

Pour les Jeux de Nagano, nous avons réalisé une performance mondiale avec un trafic de 635 millions de hits. A deux ans de ce record, soit une éternité dans la galaxie Internet, les tests que nous avons menés nous ont convaincus que cette nouvelle performance de trafic était accessible.

Craignez-vous d'éventuelles attaques malveillantes du site Web ?

Les événements récents montrent que nul ne peut être à l'abri de tels incidents. Ce que nous pouvons toutefois affirmer, c'est que la sécurité a fait l'objet d'une attention très spéciale, et pas uniquement sur le site Web officiel. Nous avons tout fait pour réduire l'impact d'incidents potentiels. Nous avons mis en oeuvre différentes techniques de dissuasion sur lesquelles nous ne donnons, cela va sans dire, aucun détail.



Une lourde infrastructure en place

Les moyens techniques mis en oeuvre par IBM pour les Jeux de Sydney s'articulent autour d'un grand système S/390 Parallel Sysplex, de plusieurs unités de systèmes RS 6000 SP (plus connus sous le nom de " Deep Blue ") et de systèmes Netfinity 5500 (modèles à base de Pentium d'Intel). Les serveurs AS/400, qui étaient au nombre de 80 à Atlanta, ne seront pas de la fête en Australie. Les postes " clients " permettant l'accès aux données sont des PC 300 GL ou des portables de la gamme Thinkpad. Ces différents moyens sont interconnectés au travers d'un important réseau IP. Quant à lui, le site olympics.com est fondé sur des serveurs RS 6000 SP fonctionnant sous système d'exploitation Aix. La fonction " serveur Internet " y est assurée par Domino (Lotus). Les logiciels NetCommerce et Websphere assurent les différentes fonctions du site marchand.







Une " boutique souvenirs " comme si vous y étiez...

Les collectionneurs comme les simples amateurs seront à la fête sur le site officiel des jeux. Outre les résultats en temps réel de toutes les épreuves et la visite virtuelle de Sydney, ils y trouveront une longue liste de produits gravés à l'emblème des Jeux. Petite idée du catalogue en ligne : on y trouve cravates, sacs, chaussettes, vestes, polos, tee-shirts, sweat-shirts, livres, objets de décoration, cuillères, figurines, posters, ainsi qu'une longue liste de produits de collection allant du pin's au médaillon.



LES JO ON LINE

Inventaire de tous les sites d'information sur les JO pour suivre les Jeux en temps réel.

TECHNOLOGIES

The Sports Technology Hotlist regroupe de nombreux liens vers des sociétés produisant des systèmes de traitement de vidéo ou encore des logiciels dédiés au sport. Un bon point de départ pour entreprendre ses recherches.

http : //www-white.media.mit.edu/~intille/st/st-csts.html

Sportsci.org est consacré aux recherches scientifiques dans le domaine du sport. Nombreux articles sur la nutrition, la médecine du sport, l'entraînement et les performances, tests, liens...

http : //www.sportsci.org/

http : //www.dmu.ac.uk/dept/ schools/pesl/affiliat/fast/news.htm

SITE OFFICIEL DES JO

DE SYDNEY

Les sites officiels des Jeux olympiques de Sydney sont consacrés exclusivement à l'événement. Un descriptif des sites sportifs pour chaque sport, avec la capacité des salles et stades, localisation géographique, coût de la construction du site, longueur des parcours de marathon, etc., est disponible. Détails sur la mascotte, l'organisation, les relais au flambeau...

http : //www.olympics.com

SITES D'ACTUS

La plupart des sites relevés permettent de suivre les résultats des épreuves pratiquement en temps direct, grâce à des systèmes de mise à jour permanente. On y trouve ainsi toutes les dernières actualités et résultats. De nombreuses interviews audio ainsi que des extraits vidéo sont disponibles via RealPlayer ou en streaming.

http : //www.sportal.fr/

http : //sportsillustrated.cnn.com/ olympics/index.html

http : //espn.go.com/

http : //www.abc.net.au/news/ olympics/default.htm

http : //www.lequipe.fr/Jo/index. html

http : //www.nbcolympics.com/

http : //www.franceolympique. com/olympiques/index.html

http : //www.totalsports.net/

http : //olympics.sportsline.com/

SPONSORS

IBM, principal sponsor des Jeux olympiques de Sydney, consacre toute une partie de son site Web aux solutions e-business appliquées durant ces Jeux (système de résultat des Jeux, système de recherche de l'information des Jeux, systèmes de gestion des Jeux).

http : //www.olympic.ibm.com/ olympics/home_page/index_sw. phtml

Quant aux autres principaux sponsors, peu ou pas d'informations sur les Jeux olympiques. Le site de Xerox propose bien de télécharger des dossiers consacrés aux engagements de Xerox dans les Jeux olympiques, mais on pouvait s'attendre à mieux.

http : //www.xerox.com

http : //www.swatch.ch/

http : //www.visa.com.au/ev/ olympic/main.html

http : //www.carte-bleue.com/

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