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Quotidien des Usines

Dossier environnementCES INDUSTRIELS EN QUETE DU " ZERO POLLUTION "Confrontés aux nouvelles exigences de la société et des Pouvoirs publics, les industriels adoptent peu à peu une démarche plus active au regard des questions d'environnement.

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Dossier environnement

CES INDUSTRIELS EN QUETE DU " ZERO POLLUTION "

Confrontés aux nouvelles exigences de la société et des Pouvoirs publics, les industriels adoptent peu à peu une démarche plus active au regard des questions d'environnement.



" Notre objectif est clair : parvenir d'ici à 2010, au plan mondial, à un impact zéro en matière d'émission de CO2 pour l'ensemble du groupe. Un sacré défi, mais nous pensons sérieusement y parvenir. " Georges Auguste, le directeur " environnement et qualité " du fabricant de semi-conducteurs franco-italien STMicroelectronics, n'est pas tombé sur la tête. Ou alors, son P-DG, Pasquale Pistorio, aussi. C'est lui qui est à l'origine de ce pari. Un défi un peu fou pour un industriel dont les dix-neuf usines ont, en 1999, émis 660 000 tonnes de CO2. Le pari de STMicroelectronics n'est pourtant pas isolé. Au Japon, une quinzaine d'industriels, comme le brasseur Kirin et le sidérurgiste Kobe, se sont engagés dans des programmes d'" émission zéro ". Aux Etats-Unis, les géants de l'industrie (dont DaimlerChrysler, Texaco et General Motors cette année) fuient les uns après les autres le Global Climate Coalition, le lobby créé pour contrer la mise en place d'une politique contraignante en matière de réduction de gaz à effet de serre. Et rejoignent de plus en plus des ONG " vertes ", tel le World Ressource Institute (WRI). " Depuis quelques années, il y a une inflexion dans la politique des grands industriels, qui sont passés d'une approche "respect de la réglementation" à une autre prenant en compte les attentes de l'ensemble de leurs partenaires : Pouvoirs publics, ONG, opinion publique, clients, fournisseurs ", estime Jonathan Shopley, vice-président du cabinet de consultants Arthur D. Little, directeur de la division " global environnement and risk business ".

Au-delà des réglements

Ce mouvement " pro-actif " n'est pas seulement motivé par l'altruisme. Les discours généreux de Pasquale Pistorio, de John Brown, P-DG de BP - qui pro- clame : " Nous voulons faire de l'environnement un axe stratégique " - ou de William Ford, qui entend faire de Ford le premier constructeur " vert " du XXIe siècle, ne sont certes pas à ranger au rayon des voeux pieux. Mais, incontestablement, la pression s'est accentuée ces dernières années pour que les performances environnementales figurent au menu des industriels, au même titre que le retour sur capitaux investis ou les performances sociales. A fortiori aujourd'hui, avec le retour de la croissance, le chantage à l'activité devient de plus en plus inopérant. Qui plus est, année après année, " la réglementation est de plus en plus sévère et l'exigence des Drire ne cesse de croître ", soupire le directeur d'un grand site industriel. " Nous avons récemment réhabilité une vieille décharge dans les Alpes pour 150 millions de francs. Il y a dix ans, le coût aurait été trois fois moindre ", illustre Pierre Sonigo, directeur " environnement et gestion des risques industriels " de Pechiney. Les crises sanitaires (sang contaminé, " vache folle ", amiante...), les problèmes émergents (les solvants) ont entraîné une nouvelle conscience dans l'opinion, traduite par le recours incessant au " principe de précaution ", et d'autres problématiques (bruit, odeur, micropolluants...). " Un des moteurs de la nouvelle donne environnementale, c'est la relation environnement et santé. Et ce n'est qu'un début ", prédit un directeur de l'environnement. En France, la création de l'Agence de sécurité sanitaire environnementale (Afsse), prévue pour l'an prochain, ne fera qu'accentuer la pression. Une pression qui gagne aussi la sphère financière. Signe des temps, à Wall Street, les boursiers disposent depuis septembre 1999 d'un nouvel indice, le Dow Jones Sustainability Index, mis sur pied par Dow Jones avec le cabinet suisse SAM, qui permet de mesurer les performances en matière de développement durable d'industriels sélectionnés. " La première vague écologiste des années 80 avait été traduite par le maladroit marketing vert, nous sommes passés aux choses sérieuses ", estime un expert. Bref, on demande des comptes. De fait, la plupart des grands industriels jurent, la main sur le coeur, être engagés dans des démarches de progrès, notamment la chimie avec le programme mondial Responsible Care.

Des investissements élevés

Dans le groupe américain 3M, le programme " 3 P " (" Prévenir la pollution paie ") date de plus de vingt ans. " Nous nous fixons des objectifs sur des périodes longues. De 1990 à 2000, nous avions prévu notamment une baisse des rejets dans le milieu (air, eau) de 90 %, et une réduction des déchets de production de 50 %. Des objectifs qui seront tenus en France, mais pas au plan mondial ", ex-pose Gilles Pelon, directeur " prévention des risques " de 3M France. A l'usine de Beauchamp (Val-d'Oise), qui fabrique des rubans adhésifs et des abrasifs, un investissement de 100 millions de francs a ainsi permis de réduire de 90 % les émissions de composés organiques volatils (COV). De son côté, STMicroelectronics s'appuie sur son " décalogue ", qui reprend dix objectifs prioritaires pour le groupe, dont la réduction de 5 % par an et par unité de chiffre d'affaires de la consommation d'eau ou de produits chimiques, ou atteindre moins de 5 % de produits mis en décharge sur l'ensemble des déchets du groupe. Chez Usinor, on chiffre à 250 millions de francs par an les investissements spécifiques à l'environnement ces dix dernières années, soit près de 10 % du budget total. Exemple, à Florange : sur cet immense site industriel (5 000 personnes), ramifié sur plusieurs communes, 200 personnes travaillent directement sur l'environnement. Pour André Rémery, secrétaire général de Sollac Lorraine, les problèmes d'environnement sont multiples : amélioration de la qualité des eaux (notamment en métaux lourds) qui se déversent dans la Moselle, particulièrement fragile ; captation, incinération des solvants utilisés pour décaper les tôles ; réduction du bruit ; responsabilisation des chefs de département d'exploitation. Ces thèmes font partie des programmes mis en place ces dernières années sur cette usine certifiée ISO 14001 et placés sous le régime des installations classées. Pour une dépense annuelle de 5 à 10 % du budget d'investissement du site. Un des derniers investissements, l'" abattement " de poussières lors de la sortie de la fonte liquide du haut-fourneau. Dirigées vers une unité de traitement, celles-ci, plutôt que d'aller couvrir les automobiles des riverains, sont réintégrées au process. " C'est une course perpétuelle, souligne André Rémery, car, sans cesse, de nouvelles exigences ou réglementations surviennent. " Ces dernières années, Rhodia, engagé dans le programme Responsible Care, s'est lancé dans de grands programmes d'investissement. " Durant les années 80, on s'est surtout préoccupés de la maîtrise des risques. Nous avons, par exemple, équipé nos usines de bassins de rétention. Le deuxième volet, depuis le début des années 90, a été un vaste programme de réduction de nos émissions avec un objectif ambitieux, et atteint, de 65 % en moins ", retrace Jean Lamberti, directeur " environnement industriel " du chimiste.

Des démarches plus globales

Au-delà des investissements chargés souvent de remédier aux points noirs, ou à la mise en conformité avec la réglementation, les industriels sont de plus en plus nombreux à se doter de systèmes plus globaux d'analyse. Depuis la sortie en 1995 de la norme ISO 14001 (qui consiste à dresser un état des lieux des impacts), valider le système de management ainsi qu'un engagement (non chiffré) d'amélioration fait florès. Selon l'association Orée, située à Paris, qui tient à jour une base de données sur les entreprises certifiées, 643 sites français sont aujourd'hui à cette norme. Dans le monde, 18 250 certificats ont été attribués, dont 9 063 en Europe et 3 990, un record, au Japon. " Le mouvement ne s'essouffle pas ", estime Philippe Marzolf, directeur d'Orée. De nombreux industriels en ont fait un axe de leur politique environnementale. A l'image de Ford (150 usines certifiées dans le monde), Usinor, Pechiney, Rhodia, Renault ou Hewlett-Packard aux Etats-Unis ont notamment certifié - ou prévu de le faire - l'ensemble de leurs principaux sites. Soit selon la norme ISO 14001, soit selon l'éco-audit, fondé sur un réglement européen, peu employé en France (37 à ce jour) mais très en vogue en Allemagne (2 080 sites). " Aujourd'hui, il n'y pas un grand groupe qui ne se soit pas engagé dans ce genre de démarche ", estime Thierry Raes, associé de Pricewaterhouse Coopers, responsable mondial Global environment services. Ne serait-ce que parce que cette certification n'est pas très contraignante. Inconvénient, cette norme, le plus souvent appliquée site par site, ne permet pas d'avoir une vision globale de l'impact de l'activité sur un pays ou même à l'échelle mondiale. Ce qui devient pourtant une exigence croissante des gouvernements et des ONG. Surtout à l'heure où se prépare une taxation du carbone et, à terme, d'autres polluants. " La mise en place de systèmes d'information environnementaux formalisés et fiables est pour les industriels un des grands chantiers des années à venir ", souligne Thierry Raes. Et un véritable casse-tête. " Nous publions depuis plusieurs années des indicateurs indices, mais c'est un système lourd à gérer, ne serait-ce qu'en raison des changements incessants de périmètre ", indique Jean Lamberti, de Rhodia. Le chimiste français abandonne d'ailleurs son système actuel d'indices peu lisibles au profit de chiffres consolidés en valeur absolue sur certains indicateurs clés (CO2, Nox, Sox, métaux lourds, poussières ). " Jusque-là, il était difficile d'avoir une idée précise des performances de groupes comme Rhodia ou autres par rapport à leurs concurrents ", juge un observateur. Pechiney devrait bientôt annoncer la mise en place d'un système de reporting environnemental sur quelques indicateurs (CO2, SO2, COV, fluor, déchets mis en décharge, consommation d'eau...). " On est notamment en train de se fixer des objectifs de réduction globale des gaz à effet de serre ", note Pierre Sonigo de Pechiney. STMicroelectronics dispose depuis plusieurs années d'un système d'information commun à l'ensemble des sites et consultable sur Intranet, sur lequel les performances clés de chaque usine sont référencées et mises à jour régulièrement. " Cela nous permet d'établir facilement des comparaisons entre sites, que ce soit à Singapour ou à Malte ", estime Jean-Maurice Ramirez, responsable de l'environnement sur le site STMicroelectronics du Rousset. " C'est l'illustration d'une démarche de progrès collective fondée sur des expériences pi-lotes. Ainsi, pour l'eau, nous prévoyons sur deux usines pionnières (à Malte puis au Maroc) un recyclage à 90 % d'ici à 2005 ", relève George Auguste de STMicroelectronics.

Un système " guide " de reporting

L'association américaine Ceres, via le Global Reporting Initiative, travaille notamment sur la mise en place d'éco-indicateurs harmonisés avec des partenaires comme WBCSD (World Business Council for Sustainable Development) situé à Genève, qui réunit le gotha mondial de l'industrie. " L'idée du GRI - avoir un système guide de reporting, qui permettra aux analystes financiers, au public et aux gouvernements de comparer plus facilement les performances - est admise par de plus en plus d'industriels ", indique Jonathan Shopley. Un marché alléchant pour les consultants, comme PricewaterhouseCooper, KPMG, ou Arthur D. Little, qui proposent des solutions sur mesure allant jusqu'à les intégrer dans les logiciels de gestion globale type SAP R/3. Plus globalement, à l'image de ce qui existe déjà aux Etats-Unis avec le Toxic Release Inventory géré par l'EPA, un registre des émissions polluantes va être bientôt mis sur pied par les institutions européennes. Le premier rapport est attendu en 2003 et concernera les émissions de 2001.

Renouveler process et organisations

Alors, tout va-t-il pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Certes non. Les vigoureuses empoignades auxquelles donne lieu la mise en place prochaine d'une écotaxe en France sont là pour le montrer. Si le lobbying des plus gros pollueurs français (Usinor, Rhodia, Pechiney...) a quelque peu infléchi le projet, leur credo d'un système fondé sur des engagements volontaires de réduction reste incertain, notamment au plan international, à moins de deux mois de la conférence de La Haye sur le climat, qui promet de beaux échanges sur la question des permis d'émissions négociables. Reste aussi, pour les années à venir, un défi de taille, d'ordre technique celui-là. Les progrès, même dans l'environnement, restent soumis à la loi des rendements décroissants. " Nous travaillons dans le cadre de systèmes optimisés ; il devient de plus en plus difficile de gagner ", juge Benoît Godé, directeur " plan et stratégie " dans le groupe agroalimentaire Eridania Béghin Say, dont les indices sont pourtant en constante amélioration depuis 1994. Si, chez STMicroelectronics, on se permet d'afficher l'objectif d'impact zéro en 2010 en matière de C02, c'est, d'une part, en comptant sur des sauts technologiques à venir, et, d'autre part, en ayant recours à des mesures compensatoires, comme les puits de carbone (plantation de forêts qui captent le CO2). Pour Gilles Pelon, de 3M, " sur certains indicateurs, on plafonne. Notamment sur celui de l'énergie, où nous nous étions fixé un objectif de réduction de 3 % par an, et nous n'en sommes qu'à 1 % de moins, notamment parce que mieux traiter les rejets, cela consomme de l'énergie ". Les pistes évoquées sont aujourd'hui de différents ordres. Elles peuvent être organisationnelles. Renault a ainsi confié la gestion de plusieurs de ses sites à Vivendi Environnement avec un objectif clair : une meilleure organisation pour réduire le volume de déchets. Autres pistes, notamment celles liées au process. Dans les industries comme la chimie ou le papier, c'est désormais par la mise au point de nouveaux procédés que passe l'amélioration. " Au lieu d'une approche "end of the pipe", où l'on traite les rejets en fin de production, nous nous attachons à limiter les émissions lors de la fabrication ", expliquait récemment, au siège du groupe, Attila Molnar, directeur environnement et sécurité de Bayer. Chez Bayer ou Rhodia, un nouveau procédé a permis d'éviter, lors de la fabrication de l'acide adipique entrant dans la composition du Nylon, l'émission dans l'atmosphère de protoxyde d'azote, un gaz à effet de serre. " Un investissement de 100 millions de francs, à Chalampé (Haut-Rhin), nous permet de le récupérer et de l'utiliser pour fabriquer de l'acide nitrique ", relève Jean Lamberti. Enfin, parmi les pistes d'amélioration, outre le travail sur la genèse du produit lui-même (éco-conception) - qu'un industriel comme Bayer commence à formaliser avec son programme Eco-Check -, sur le plan industriel, c'est du côté des relations avec les fournisseurs et les sous-traitants que le champ reste ouvert. Et où les perspectives d'amélioration sont certaines. " On peut estimer que 80 % des PMI ne sont pas aux normes ", estime Philippe Marzolf, de l'association Orée. Certains sont prêts à employer la manière forte, comme Volvo, qui a exigé que les principaux fournisseurs de sa branche moteurs industriels soient certifiés (ISO ou Emas), et fera de même avant 2002 avec les sous-traitants de son activité " camions ".



La contrainte s'accentue...

La réglementation se durcit

La pression sociétale augmente (groupes de pression, principe de précaution...)

La menace fiscale se précise : écotaxe sur le CO2 et peut-être un jour sur d'autres polluants

Les financiers (fonds de pension, index Dow Jones) guettent performances et risques environnementaux

... Les industriels réagissent...

Souci affiché de transparence accrue et attitude pro-active

Poursuite de lourds investissements

Généralisation progressive des certifications ISO 14001 ou EcoAudit

Emergence de nouvelles méthodes d'amélioration des performances

... Des problèmes demeurent

Le passif environnemental, notamment les sols pollués (Rhodia, Usinor, Pechiney...)

Des reporting clairs restent à développer

La réponse par l'investissement atteint ses limites

L'intégration de la politique environnementale avec les fournisseurs et les sous-traitants reste à construire



LE POIDS DU PASSE, UN FARDEAU FINANCIER

Pour de nombreux industriels engagés dans des démarches de progrès reste la question du passif. Evoluant par le passé dans un contexte peu contraignant, ceux-ci ont laissé s'accumuler au fil des décennies des montagnes de problèmes potentiels. C'est même une occupation constante des directions liées à l'environnement. Pour Pierre Sonigo de Pechiney, " trois personnes s'occupent à plein temps de ce problème dans le groupe. Et nous ne sommes pas certains d'avoir une vision totale de ce qui s'est produit dans le passé ". Lors des acquisitions, " les "due diligences" environnementales deviennent essentielles ", confie un consultant, pour qui la préoccupation est plus récente en Europe qu'aux Etats-Unis. Pas question de trouver des cadavres dans le placard ! Et, s'il y en a, ils font partie de la négociation. " Chez nous, le mot d'ordre du P-DG, c'est "plus de surprises, je veux savoir où on en est" ", indique un directeur de l'environnement, car les analystes financiers détestent cela. Chez Pechiney, on avoue ainsi 1 milliard de francs de provisions, et, chez Usinor 100 millions de francs. Pierre Sonigo cite ainsi l'exemple d'une mine dans l'Etat de Washington qui, un temps, a appartenu au groupe et dont il n'est plus propriétaire depuis une dizaine d'années. Pour réhabiliter ce site et permettre aux saumons de réinvestir le cours d'eau situé à proximité, les autorités sont venues mettre le groupe français à contribution pour plusieurs dizaines de millions de francs. Rhodia a dû ainsi consacrer plus de 120 millions de francs pour le traitement de dépôt sauvage d'hexachlorobenzène dans l'usine de Cubatao, au Brésil, acquise après les faits. Ou 60 millions de francs à Wattrelos (Nord ) pour confiner deux terrils de chrome sur un ancien site de Pechiney Ugine Kuhlmann.

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