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L'Usine Maroc

Dossier aéronautique au Maroc : IMA, un institut sur mesure (4/5)

Hassan Meddah , , ,

Publié le

L'Usine Nouvelle publie cette semaine une série de 5 articles pour faire le point sur l'aéronautique marocaine. Ce dossier a été publié dans le supplément de L'Usine Nouvelle paru le 26 juin, consacré à l'économie marocaine et intitulé "Le défi aéronautique." Quatrième volet consacré à l’institut des métiers de l’aéronautique (IMA) qui doit pallier les lacunes du royaume en matière de formation. Plus de 1 500 stagiaires y ont déjà suivi un enseignement. Sa capacité va doubler. Demain : un entretien avec Hamid Benbrahim El-Andaloussi (5/5).

Dossier aéronautique au Maroc : IMA, un institut sur mesure (4/5)
Vue sur une salle de formation à l'Insitut des métiers de l'aéronautique
© AFP PHOTO /FADEL SENNA

Aircelle Maroc recrutera une cinquantaine de salariés cette année, Le Piston français pense porter son effectif de 140 à 180 personnes d’ici à 2018, 850 salariés prévus dans le futur site Bombardier

les savoir-faire aéronautiques ne s’improvisent pas

Pour ces sociétés situées à Casablanca, le recrutement est un sujet quasi quotidien ! Encore faut-il trouver les bons profils : techniciens et ouvriers qualifiés surtout, car les savoir-faire aéronautiques ne s’improvisent pas et cette industrie reste jeune dans le Royaume.

"Nous cherchons des chaudronniers, soudeurs, peintres, monteurs, pour les métiers aéronautiques. Parmi les candidatures reçues, peu ont les connaissances ou l’expérience pour une intégration Immédiate", détaille Gilles Gabarret, le directeur général de Simra Maroc, filiale de Segula Technologies.

Dans le cadre du pacte national pour l’émergence industrielle, initié en 2009, les autorités et le Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales (Gimas) ont mis en place une stratégie industrielle aéronautique pour le pays. La formation est apparue comme un enjeu central.

Pour rivaliser avec la Turquie ou la Tunisie et accueillir les usines des donneurs d’ordres et de leurs sous-traitants, le Maroc devait fournir en nombre le personnel qualifié.

Le problème ne se situe guère au niveau supérieur. Des écoles comme celle de Mohammedia "produisent" des ingénieurs de qualité, certaines avec une spécialisation aéronautique.

L’enjeu concerne les opérateurs et les techniciens

À cela s’ajoutent les rangs, fournis, des marocains diplômés d’écoles d’ingénieur françaises. L’enjeu concerne les opérateurs et les techniciens, dans un pays où le système public de formation initiale ou continue reste peu performant, même si l’OFPPT, l’organisme national de formation professionnelle, est actuellement en pleine réforme. La solution ? La création ex-nihilo par la profession de l’Institut des métiers de l’aéronautique (IMA).

Situé à Nouaceur, près de l’aéroport de Casablanca, et faisant face à la zone franche Midparc, ce centre fonctionne sur un principe simple. Il dispense des formations appliquées de six à neuf mois auprès d’un public d'un niveau bac à bac+ 2 soigneusement sélectionné (une candidature sur dix retenue) bénéficiant de périodes d’alternance et surtout d’un contrat d’embauche à la sortie.

un vivier de compétences renforcé

Ouvert en avril 2011 sur 8 000 m² couverts, dont un atelier de 2 500 m², l’IMA a formé 1 500 jeunes dans le montage des pièces en composites, la chaudronnerie, les systèmes électriques, l’électronique ou l’usinage à commande numérique…

Le montage du projet ? L’État a porté l’infrastructure et délégué la gestion à une société de droit privé (IMA SA), dont le capital est détenu à 100% par le Gimas dans le cadre d’une convention avec les pouvoirs publics.

Ce dernier a ainsi créé les modules de formation avec le soutien pédagogique et financier des industriels français (UIMM Codifor). Le tout pour un investissement global de 8 millions d’euros financés pour plus de la moitié par l’Agence française de développement. Le résultat ? Probant. "Aujourd’hui, le vivier de compétences est plus important. L’aéronautique connaît une dynamique. Nous arrivons à embaucher plus facilement des profils correspondant à nos besoins. Par exemple, le cycle de recrutement d’un technicien d’atelier est de quinze jours", explique Yamina Kassabi, la directrice des ressources humaines d’Aircelle Maroc.

"C’est simple, enchérit une PME mécanique française installée à Casablanca, nous intégrons l’IMA dans tout processus de recrutement.Au vu de ce succès, le Gimas a décidé de doubler la mise en juin 2013.

"Le secteur emploie 10 000 salariés. D’ici à 2020, pour répondre aux besoins du marché, il en faudra 20 000, lance Hamid Benbrahim El-Andaloussi, à la fois président du Gimas et de l’IMA. À partir de 2015, notre ambition est de former 1000 jeunes par an."

Le 24 avril, Frédéric Saint Geours, président de l’UIMM, était à Marrakech pour signer la poursuite du partenariat. "Nous allons agrandir nos installations d’environ 2 500 m² pour disposer de nos locaux techniques et de salles de cours ainsi que d’un nouvel atelier", relate Abdelbasset Bentoumi, le directeur général de l’IMA, soit environ 2,5 millions d’euros d’investissements.

Des réflexions sont en cours pour monter des filières dans la soudure et la conception par ordinateur ou encore renforcer l’offre de formation continue (10% de l’activité) en matière d’industrialisation, de méthodes, de logistique…

2,5 MILLIONS D’EUROS D’INVESTISSEMENTS

À noter que l’OFPPT s’est aussi lancé dans le secteur. L’office a créé avec Royal Air Maroc, fin 2013, à Casablanca, l’Ismala (Institut spécialisé des métiers de l’aéronautique et de la logistique aéroportuaire), un centre de formation de 9 000 m² axé sur la maintenance.

À Tanger cette fois, l’OFPPT a ouvert l’an passé une filière d’une centaine de places au sein de l’Ista (Institut spécialisé de technologie appliquée) sur la zone franche TFZ.

Les formations d’un à deux ans ciblent les métiers de l’usinage ou des composites. Elles fonctionnent en alternance avec des sociétés implantées à TFZ, comme DaherQuant au projet réussi de l’IMA, il n’exempte pas les entreprises d’apporter leur pièce à l’édifice.

"En sortant de l’IMA, les opérateurs savent riveter, percer, coller… Mais assembler et tester un équipement de cockpit Ratier-Figeac, c’est un savoir-faire propre. Une formation complémentaire sur nos produits et process reste nécessaire", expose Christophe Delqué, le directeur de Ratier-Figeac Maroc.

Même son de cloche chez Le Piston français. Pour Adel Bidaoui, son directeur général délégué : "Les recrues sont formées à nos méthodes, à notre documentation technique, aux réglages de nos machines. Il faut bien deux ans pour qu’un opérateur soit efficace à 100%." Rien ne remplace l’expérience.

Par Hassan Meddah

 

Otman, futur technicien en maintenance moteur
Après avoir décroché son diplôme universitaire en technologies mécaniques (bac + 2), Otman Meziati, 20 ans, a souhaité compléter ses compétences d’une solide formation aéronautique pour décrocher un métier. En mars, après sélection parmi une centaine de candidats, il fait désormais partie des 11 sélectionnés par l’Institut des métiers de l’aéronautique pour suivre neuf mois de formation. "C’était mon premier choix. J’apprécie l’ima pour la qualité de sa formation", justifie ce natif de Fès. Comme les autres stagiaires, Otman a déjà un contrat en poche. Après l’Ima, il rejoindra comme technicien spécialisé la filiale de Snecma créée avec Royal air Maroc dans la maintenance des moteurs. À l’institut, au cours des quatre premiers mois, il renforcera ses bases théoriques (maths, thermodynamique, matériaux…) et s’initiera aux travaux en atelier, avant un stage chez son futur employeur pour devenir un usineur accompli.

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