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Donnez une touche californienne à vos bureaux

Christophe Bys ,

Publié le

À San Francisco et ses alentours, on n’innove pas seulement pour les clients. On crée des espaces de travail haut de gamme et différents.

Donnez une touche californienne à vos bureaux
Espaces de restauration, de détente, d’exposition, de travail, tout a été prévu?!

La Défense ne sera jamais Mountain View et, même avec beaucoup d’imagination, confondre le lac du bois de Boulogne avec la baie de San Francisco demande un très gros effort d’imagination. Mais ce n’est pas parce que la géographie est une contrainte indépassable qu’il faut s’interdire de prendre à la Silicon Valley ce qu’elle a de meilleur. Les bureaux des Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon) et des Natu (Netflix, Airbnb, Tesla, Uber) n’expliquent pas seuls le succès de ces entreprises, mais ils valent le détour. Si les géants du numérique mettent le paquet, c’est pour attirer les meilleurs, souvent des étudiants sortis de Berkeley ou de Stanford, dont les locaux évoquent plus un village de vacances cinq étoiles qu’une université française. L’organisation de l’espace va de pair avec l’invention de nouvelles façons de travailler que bien des grands groupes plus traditionnels leur envient. Avec, au-delà des relations du travail qu’elles changent, un enjeu de qualité de la vie professionnelle.

1. Raconter une histoire

Un immeuble de bureaux c’est bien plus que quatre murs et des planchers. C’est une manière de se raconter. Mark Zuckerberg l’a bien compris. Dans le premier immeuble de Facebook, autrefois occupé par Sun Microsystems, l’enseigne du prédécesseur a été retournée pour y peindre le nom du nouvel occupant. Le storytelling maison l’assure : c’est pour rappeler à chacun, quand il entre, que rien n’est jamais acquis. Mais ce n’est rien à côté du nouveau site de Facebook, inauguré en 2015 à quelques centaines de mètres de là. Cet immeuble de 40 000 mètres carrés, construit sur mesure avec l’architecte Frank Gehry, ne comporte qu’un seul niveau et un unique et immense plateau pour loger les 2 800 employés, parce que Mark (comme tout le monde l’appelle ici) veut signifier à tous que, chez Facebook, personne n’est au-dessus (ni au-dessous) de personne. Aussi, si les matériaux utilisés sont plutôt bruts (béton, bois…) et les aménagements rudimentaires, ce n’est pas parce qu’il a fallu faire des économies, mais parce que le patron a un message à faire passer : ne vous reposez pas sur vos lauriers, rien n’est jamais fini, on peut toujours améliorer le produit.

De son côté, la start-up Tribe, du Français Cyril Paglino, raconte une autre histoire. Les bureaux ont été installés dans une magnifique maison, à deux pas du quartier de Twin Peaks, avec vue panoramique sur la ville. Près de la moitié des 15 collaborateurs vivent et travaillent sur place. Le récit de ce lieu, c’est celui d’une bande de copains, tous habillés en noir, qu’un observateur un peu distrait pourrait prendre pour un groupe de rock en répétition, et qui rêve de faire la peau de Skype !

2. Des bureaux pour et par les salariés

Si le dirigeant fondateur a des messages à faire passer de manière plus ou moins subtile, il ne doit pas oublier d’écouter les salariés. Après tout, dans ces bureaux XXL des stars du numérique, attirer et fidéliser les meilleurs talents est une obsession. Alors il ne faut pas oublier de demander leur avis à ceux qui y passent le plus clair de leur temps. Au siège californien d’Airbnb, on a beaucoup consulté pour les aménagements intérieurs. Comme il fallait mettre en scène la vocation de l’entreprise (le voyage), on a demandé aux salariés quelles villes ils aimeraient voir évoquer dans leur vie quotidienne. Résultat : là c’est une salle de réunion inspirée de la capitale de l’Autriche, avec piano mécanique et sièges capitonnés, un peu plus loin c’est un espace cuisine d’inspiration méditerranéenne, tout en bleu et blanc, soit la représentation d’un village de pêcheurs sur une île grecque tel qu’on l’imagine en Californie.

Plus étonnant, on trouve même une bulle de réunion transformée en échoppe tokyoïte, dans laquelle les salariés las des bruits de l’open space peuvent se réfugier. La consultation des salariés ne s’arrête pas là. Pour faire vivre les lieux, on trouve chez Facebook, le roi du numérique, d’immenses murs blancs où chacun peut venir coller un petit papier pour donner sa réponse à la question suivante : « Pourquoi ne parlons-nous pas de ça ? » (« Why aren’t we talking about? », en V.O.) On retrouve des dispositifs similaires chez Airbnb et les autres vedettes de la baie de San Francisco. Au pays des écoles Montessori, tout le monde peut donner son avis… Y compris sur les murs.

3. Le bien-être de chacun

Il ne suffit pas de donner la parole aux salariés pour qu’ils se sentent bien en Californie. Il faut les soigner, les chouchouter. Connaissez-vous le kamboucha ? Cette boisson à base de thé fermenté, pas vraiment bon marché, est à la libre disposition des personnes travaillant chez Tune, une start-up spécialisée dans l’analyse marketing dont les locaux sont situés à côté de South Park, à deux pas du quartier financier au nord-est de San Francisco.

Autrement dit, quand les entreprises du numérique décident de nourrir et de désaltérer leurs salariés, elles ne se contentent pas d’une machine à café à la qualité douteuse et de ­produits bas de gamme installés sur une table en aggloméré dans un lieu sans ­lumière pompeusement ­baptisé « ­tisanerie ». Au pays où avoir un corps sain est le ­préalable pour avoir un esprit sain, le snack doit être healthy ou n’être pas. La cantine (gratuite) de ­Facebook, qui propose des repas du petit déjeuner au dîner, n’a absolument rien à envier aux meilleurs restaurants bio du 9e arrondis­sement de Paris !

De même, l’open space, dont les États-Unis sont les rois, semble toujours s’accompagner de lieux nombreux et confortables pour s’isoler, comme chez Parisoma, l’espace de coworking inventé par le français Fabernovel. Le top du top : ce sont les demi-sphères blanches placées sur le toit-terrasse de Facebook, où il est possible de travailler avec vue sur le jardin suspendu du dernier étage ou sur la baie de San Francisco. Toujours au siège du réseau social, on trouve en libre-service des casques de vélo pour naviguer en bicyclette d’un bâtiment à l’autre. Une quête du bien-être et l’assurance de ne pas être poursuivi si, par malheur, un accident survenait.

Mais avant même ce qu’on pourrait considérer comme des gadgets, les entreprises de la Silicon Valley ne mégotent pas sur l’ergonomie des postes de travail. Toute start-up digne de ce nom propose des bureaux modulables, sur lesquels on travaille assis ou debout. Parce que, même si tout est fait pour que l’on s’y sente bien, le but premier de ces espaces confortables et sophistiqués est que chacun donne le meilleur de lui-même au bénéfice de l’entreprise qui l’emploie. 

L’envers du décor ?

« Mon Dieu, pensa Mæ, c’est le paradis. » C’est par cette phrase ironique que commence « Le Cercle », un roman de Dave Eggers qui paraît en collection Folio, alors qu’un film tiré de cet ouvrage, avec Emma Watson en tête d’affiche, sortira le 17 juillet. Décrivant un campus installé dans un cadre idyllique et ressemblant à celui de certaines entreprises phares de la Silicon Valley, le film dénonce un univers fermé et tourné sur soi où les salariés logés sur place finissent par ne plus compter leurs heures.

 

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