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L'Usine de l'Energie

"Donald Trump portera une lourde responsabilité au regard de l’histoire", prévient Jean Jouzel

Olivier Cognasse

Publié le

Dans une interview  à L’Usine Nouvelle, Jean Jouzel, le célèbre climatologue et glaciologue, expert au sein du GIEC, revient sur les conséquences de la politique de Donald Trump contre le climat.

Donald Trump portera une lourde responsabilité au regard de l’histoire, prévient Jean Jouzel
Jean Jouzel, climatologue
© Pascal Guittet

L'Usine Nouvelle - La COP 21 semble loin… avec le climatosceptique Donald Trump ?

Jean Jouzel - Nous étions partis dans la bonne direction avec l’Accord de Paris. Il y avait une réelle dynamique. Limiter le réchauffement climatique en 2100 à 2°C et si possible à 1,5°C. Tous les pays ont proposé de faire des efforts, même si on est loin du compte. Avec les contributions de chacun, nous atteignons les 55 milliards de tonnes de gaz à effet de serre (GES) en 2030, alors qu’il n’en faudrait que 40 milliards. On est plutôt parti pour atteindre un réchauffement climatique de l’ordre de 3 à 3,5°C au début du siècle prochain. Mais les contributions doivent être revues à la hausse tous les cinq ans. Et en 2018, les instruments pour atteindre les objectifs doivent être annoncés par chaque pays.

L’accord a été majoritairement ratifié. La sortie des Etats-Unis est-elle si dommageable ?

L’Accord a été ratifié par une majorité de pays représentant plus de 75% des GES. Si les Etats-Unis sortent, on restera au-dessus des 55% nécessaires. Mais la sortie des Etats-Unis enraye cette dynamique. Je crains que les pays qui n’ont pas ratifié l’Accord, comme la Russie, ne le fassent jamais. Si les objectifs de 2020 sont tenus, je crains qu’on n’aille pas plus loin par la suite. A contrario, on peut imaginer que les Etats-Unis se retrouvent isolés, car on peut vivre sur cette planète sans ce pays. Et que la Chine et l’Europe soient à l’avant-garde de ce combat.

Tous les américains ne vont pas abandonner toute ambition dans ce domaine ?

Si Trump quitte l’Accord de Paris, même si cela prend quatre ans, les américains ne feront plus aucun effort pour appliquer leurs engagements. Déjà, il a menacé de cesser toute aide financière aux organisations environnementales internationale, à commencer par le GIEC, ce qui n’est pas sans poser de problèmes. Mais il est vrai que les Etats les plus dynamiques et certaines grandes villes ne reviendront pas sur leur engagement.

Etes-vous encore optimiste après une telle décision ?

C’est une très mauvaise nouvelle, car une fois que l’on a cassé le jouet…. Donald Trump portera une lourde responsabilité au regard de l’histoire, comme Georges Bush en son temps qui n’avait pas ratifié l’accord de Kyoto.

La France est-elle sur la bonne voie pour tenir ses engagements ?

Avec la Loi de transition énergétique, elle est en phase avec ses objectifs. Nicolas Hulot a un sacré défi de faire appliquer cette loi ambitieuse et d’entraîner le monde agricole qui n’est pas très sensibilisé au réchauffement climatique.

Propos recueillis par Olivier Cognasse

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