L'Usine Santé

Dominique Maraninchi, médecin indépendant, à la tête de l’Afssaps

Gaëlle Fleitour

Publié le

Le cancérologue Dominique Maraninchi quitte l’Institut National du Cancer pour prendre la tête de l’Afssaps. Son absence de lien financier - depuis 2002 - avec l’industrie pharmaceutique a pesé dans sa nomination… L’Usine Nouvelle l’a interrogé.

Dominique Maraninchi, médecin indépendant, à la tête de l’Afssaps © D. R.

C’est un cardiologue marseillais de 61 ans qui vient d’être nommé à la tête de l’Afssaps, l’agence sanitaire qui évalue les médicaments.

Président de l’Institut National du Cancer (INCa) depuis cinq ans, Dominique Maraninchi dispose de « l'autorité et la légitimité » nécessaires pour relever le « challenge » de la remise en ordre de l'agence, a estimé jeudi 17 février le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, lors du lancement des Assises du Médicament.

Mais c’est son indépendance financière depuis 2002, vis-à-vis des laboratoires pharmaceutiques, qui a sûrement le plus pesé dans sa nomination, à l’heure où l’affaire du Mediator a mis en cause l’intégrité des experts de l’Afssaps.

Plus de liens financiers avec les laboratoires

Certes, de 1986 à 2002, le cancérologue est intervenu dans plusieurs congrès, et il a perçu des rémunérations ponctuelles en réalisant des expertises de produits pour Roche, Roussel et la fondation Servier. Ses recherches ont également bénéficié de financements, en contrepartie d’essais cliniques pour des traitements des firmes Chugaï, Roche, Sanofi et Roussel. Mais il affirme n’avoir plus « aucun lien d’intérêt financier, ni personnel, ni familial, avec des firmes pharmaceutiques » depuis 2002, selon sa déclaration d’intérêts publiée sur le site de l’INCa.

Priorité à la transparence

A peine nommé, l’homme s’est mis à la tâche, qu’il sait ardue. Après avoir rencontré le personnel de l’Afssaps mercredi, il a déjà établi ses priorités pour les trois mois à venir: instaurer la transparence et assurer l’information de tous les acteurs « patients, professionnels, grand public ». Mais aussi identifier « les médicaments qui n’ont pas beaucoup de bénéfices mais beaucoup de risques ». Et veiller au suivi des médicaments : « Je suis très sensible à la remontée d’informations, notamment des signaux faibles, et il faut aussi aller les chercher, y compris chez les industriels ».

Clarifier les relations avec l’industrie

Enfin, le nouveau directeur de l’Afssaps préconise de remettre à plat toutes les déclarations d’intérêts des experts internes et externes de l’agence, afin de clarifier leurs relations avec l’industrie pharmaceutique. Mais il ne remet pas en cause les compétences et les procédures de l’agence. « Il ne faut surtout pas jeter le bébé et l’eau du bain, explique-t-il. Ce qui est arrivé n’aurait jamais dû arriver. Mais il s’agit d’un médicament et d’un industriel. Notre agence délivre des AMM pour des milliers de produits de santé de qualité chaque année. »

Qu’ils inventent, fabriquent, testent ou distribuent les produits, les industriels ont un rôle à jouer aux Assises du Médicament selon Dominique Maraninchi. « Nous avons tous des responsabilités croisées. »

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