Dix ans de plus sous conditions pour la centrale de Fessenheim

L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) juge le réacteur n° 1 de la centrale alsacienne capable de fonctionner au moins jusqu'en 2020… A condition que les stress tests européens aboutissent à la même conclusion.

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Dix ans de plus sous conditions pour la centrale de Fessenheim

Mis en service en 1977, le réacteur de n°1 de Fessenheim a passé avec succès sa troisième visite décennale qui l'autorise à fonctionner 10 années supplémentaires. Cet examen du site nucléaire s'est déroulé du 17 octobre 2009 au 24 mars 2010.

Le président de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), André-Claude Lacoste, justifie sa décision en rappelant qu'elle intervient "sous réserve des conclusions des évaluations complémentaires de sûreté décidées à la suite de l'accident de Fukushima au Japon". Et les conclusions de ces stress-tests seront connues en fin d'année.

Ce feu vert suppose qu'EDF réponde aux 40 prescriptions émises par l'ASN, dont deux sont majeures. D'une part, le radier (la couche de béton sous le réacteur) doit être renforcé d'ici le 30 juin 2013. A Fessenheim, il présente une épaisseur de 1,5 mètre contre une moyenne de 2,5 mètres à 3 mètres sur le reste du parc de réacteurs hexagonaux. En cas de fusion du cœur, la formation d'un corium brûlant pourrait traverser la dalle et irradier le sol.

D'autre part, des dispositions techniques de secours doivent être mises en place pour pallier la perte de la source de refroidissement, avant le 31 décembre 2012. Cela passera par la création d'une retenue d'eau dédiée ou l'installation d'un système de pompage dans la nappe en cas d'urgence.

Des travaux couteux

L'examen passé assure que le réacteur est capable de fonctionner dans les marges de fonctionnement qui lui sont imposées. A partir de cet été, le comportement du réacteur va être jugé selon des niveaux d'agression qui vont au-delà des risques (sismique, inondation, etc.) imaginés lors de sa conception.

"Ce rapport est une étape nécessaire (...), mais en l'occurrence, sur Fessenheim, ce serait une mésinterprétation que d'en conclure que le gouvernement a décidé de prolonger pour dix ans. Ce n'est pas le cas", explique la ministre de l'Environnement Nathalie Kosciusko-Morizet.

"Le gouvernement a toute la latitude légale pour fermer ce réacteur malgré l'avis de l'ASN", ajoute André-Claude Lacoste. Pour mémoire, le gouvernement avait décidé de fermer le réacteur Superphénix alors même que l'ASN avait autorisé son fonctionnement.

La fermeture pourrait être également une décision d'EDF. Les travaux exigés par l'ASN aujourd'hui et ceux qui seront demandés à l'issue des stress tests pourraient être trop coûteux pour que le réacteur reste rentable. Par le passé, EDF a fermé les réacteurs de la filière uranium graphite gaz pour lesquels des travaux de mise en sûreté s'étaient révélés trop chers.

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