"Dix ans après AZF, on s’assoit sur la sécurité des riverains"

Il y a dix ans, l’usine AZF de Toulouse explosait faisant 31 morts et 2500 blessés. Aujourd’hui, où en est-on de la sécurité autour des sites industriels dangereux ? Du chemin reste à faire selon Yves Blein, président de l'Association des communes pour la maîtrise des risques technologiques majeurs (Amaris) et maire de la ville de Feyzin en Rhône-Alpes.

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Il rappelle que l’Etat doit aider les riverains à financer les travaux de sécurité de leurs logements. En effet, suite à l’accident de la filiale de Total, les pouvoirs publics ont voulu aménager les zones urbaines autour des sites Seveso afin d’assurer la sécurité de leurs voisins. Les plans de prévention des risques technologiques (PPRT) ont ainsi été mis en place par la loi Bachelot du 30 juillet 2003. Ils prévoient l’expropriation des habitants, le déménagement d’écoles, le renforcement des bâtiments…

L'Usine Nouvelle - La loi a-t-elle entrainé un véritable réaménagement autour des sites Seveso ?
Yves Blein - Oui, des changements ont eu lieu. Les plans de prévention des risques technologiques les plus simples, soit une centaine, sont terminés. Ils concernent des sites souvent situés en rase campagne. Nous rentrons désormais dans les PPRT plus complexes : les usines sont situées dans des zones très urbanisées et le risque n’est plus cantonné au seul périmètre de l’usine.

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Pourquoi ce processus est-il aussi long ?
Outre la complexité des méthodologies d’évaluation des risques, la question des financements reste centrale. Pour les zones d’expropriation et de délaissement (les habitants peuvent choisir de rester ou de vendre leur maison à la municipalité, ndlr) le cadre est clair : le financement est assuré par l’Etat, les collectivités et les industriels propriétaires des sites Seveso. Le problème se corse pour les zones dans lesquelles le renforcement des bâtiments est nécessaire. Les travaux préparatoires du Grenelle de l’environnement prévoyaient pour les riverains un crédit d’impôt se montant à 40% de 30 000 euros avec un financement complémentaire des collectivités et des industriels. Le rabot fiscal du projet de loi de finances 2011 l’a ramené à 30% de 10 000 euros ! Par ailleurs, les dispositions du crédit d’impôt arrivent à leur terme de trois ans au 31 décembre prochain. Le ministère de l’Economie nous a dit la semaine dernière qu’il ne comptait pas reconduire ce crédit d’impôt dans le projet de loi de finances 2012.

Quelles mesures attendez-vous ?
Cette situation est apocalyptique. Si on en reste là, la loi Bachelot sera un échec total. Concrètement cela signifie que les travaux de sécurité des logements ne seront jamais faits. La majorité des habitants n’en n’ont pas les moyens. Après les 30 morts d’AZF, on s’assoit sur la sécurité des riverains des sites Seveso. Nous souhaitons un retour à ce qui avait été décidé au moment du Grenelle. D’autant que les industriels étaient d’accord pour s’y associer. L’enveloppe nécessaire pour financer les travaux des habitations est de 200 millions d’euros. Ce n’est pas un montant astronomique pour l’Etat, d’autant qu’il serait dépensé progressivement dans les cinq à sept ans à venir.

Rien n’est prévu dans la loi pour aider les entreprises, essentiellement des PME, qui gravitent autour des sites dangereux. Des évolutions sont-elles à attendre ?
Des réflexions sont en cours avec le ministère de l’Ecologie pour voir si un allègement des travaux est envisageable. L’idée est également de s’appuyer sur la culture sécurité de ces entreprises. Des exercices de sécurité pourraient ainsi remplacer des travaux pour certains types de risque.

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