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"Dites-le partout que chaudronnier c’est un beau métier !"

Cécile Maillard

Publié le

L'UIMM entame un Tour de France de l'insertion pour faire connaître les initiatives d'insertion de son fonds "Agir pour l'insertion dans l'industrie" présidé par Anne Lauvergeon. En bénéficient à la fois les éloignés de l'emploi et les entreprises de la métallurgie qui peinent à recruter.

Dites-le partout que chaudronnier c’est un beau métier ! © tangi_bertin - Flickr - c.c.

Les entreprises citées

En partenariat avec Industrie Explorer

Loin des salons feutrés des Etats-majors, l'ancienne présidente d'Areva, perchée sur de hauts talons, évolue comme un poisson dans l'eau dans les allées d’un petit entrepôt du 18e arrondissement de Paris. Anne Lauvergeon est en visite chez ARES, une association d'insertion par l'économie, pour dresser un premier bilan du fonds Agir pour l'insertion dans l'industrie (A2i), qu'elle préside.

Créé par l'UIMM en 2009, ce fonds a été doté de 70 millions d'euros issus de la cagnotte secrète de la fédération patronale de la métallurgie, qui avait défrayé la chronique en 2007. Son objectif : servir de passerelle entre les structures d'insertion par l'économie, les organismes de formation aux métiers industriels et les entreprises de l'industrie. "Car le paradoxe est que nous avons un chômage de masse, alors que l'industrie manque de compétences", souligne Anne Lauvergeon.

En deux ans, 8,4 millions d'euros ont été investis, pour soutenir 81 projets d'insertion. 2 000 personnes ont bénéficié de ces fonds pour le moment : 745 ont été accueillies dans des "sas" de pré-qualification, qui devraient leur permettre de retrouver la route de l'emploi, 410 ont démarré des parcours en alternance, 750 ont aujourd'hui un emploi. Les actions sont pour la plupart engagées pour trois ans, et 11000 personnes devraient en bénéficier à terme.

Sans grande conviction au départ

Jean-Luc, 48 ans, a découvert lors d'une visite à l'Aforp, centre de formation de l'UIMM en Ile-de-France, que le métier de chaudronnier lui plairait beaucoup. "Et pourtant, j'y suis allé sans grande conviction. Je suis un ancien dessinateur industriel, et l'industrie, je n'en voulais plus. Mais chaudronnier, cela permet de toucher la matière, pas seulement de la dessiner, sur des plans. Ca m'a beaucoup plu et je suis impatient de commencer ma formation !".

Ravie, Anne Lauvergeon l'encourage : "Dites-le plus fort, partout autour de vous, que chaudronnier est un beau métier !". Salarié d'une association d'insertion depuis août 2011, Jean-Luc a visité l'Aforp et des entreprises industrielles grâce au fonds A2i, dont la découverte des métiers de l'industrie est un axe de travail. "On se rapproche du monde de l'insertion pour sortir du seul sourcing éducation nationale", précise Henri de Navacelle, directeur général de l'Aforp.

L'industrie peine à recruter les soudeurs, usineurs, chaudronniers, tuyauteurs, dont elle a besoin. Dans la seule métallurgie, 60 à 80 000 personnes sont recrutées chaque année. Si les grands groupes, attractifs, réussissent à les embaucher, les PME-PMI souvent, ne savent pas où les trouver. "Certaines sont même obligées de renoncer à des commandes, voire de délocaliser, regrette Anne Lauvergeon. En terme de compétitivité, l'enjeu est important, et croissant."

"Pour les fait travailler pour de vrais clients"

La présidente du fonds insiste sur un modèle d'insertion qui lui paraît très efficace : les écoles de production, qui accueillent des jeunes de fin de 4e ayant totalement lâché l'école. "On les fait travailler pour de vrais clients, fabriquer des pièces pour les PME-PMI de la région. Une fois la motivation revenue, ils retournent faire du calcul sur les bancs de l'école. 98% d'entre eux trouvent un emploi à la sortie !". Un dispositif présent uniquement en Rhône-Alpes et Nord-Pas-de-Calais, que le fonds soutient. Il va d'ailleurs ouvrir des écoles de production. "Mais on ne peut pas tout financer, alors on montre à d'autres un système qui marche", conclut la présidente du fonds.

C'est tout le sens du Tour de France que s'apprête à réaliser A2i, avec le soutien des UIMM territoriales : montrer, dans plusieurs villes, des dispositifs soutenus par le fonds et qui donnent de bons résultats, pour que d'autres les dupliquent. Prochaine étape le 25 avril, à Brest, où les étudiants décrocheurs sont dirigés vers des BTS industriels ou DUT industriels en apprentissage. Suivront des visites d'une école de production à Lille, d'une entreprise de la vallée de l'Arve accueillant des femmes réinsérées dans l'industrie du décolletage, d'un retour à l'emploi de chômeurs de longue durée dans le Gard, d'accès des handicapés au milieu ordinaire du travail à Angers.

Aux acteurs locaux, publics ou privés, de copier ensuite les meilleures idées !

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