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DISTRIBUTIONPOURQUOI AUCHAN S'ATTAQUE À MAMMOUTHEn lançant une OPA d'un montant de 16 milliards de francs sur Docks de France, Auchan vise le million de mètres carrés exploité sous les enseignes Mammouth et Atac.

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DISTRIBUTION

POURQUOI AUCHAN S'ATTAQUE À MAMMOUTH

En lançant une OPA d'un montant de 16 milliards de francs sur Docks de France, Auchan vise le million de mètres carrés exploité sous les enseignes Mammouth et Atac.



A l'égal des métaux précieux, les mètres carrés commerciaux sont devenus en France une ressource rare ! Depuis que le gouvernement - son ministre du Commerce, Jean-Pierre Raffarin, en tête - a décidé de geler les implantations de grandes surfaces et d'instaurer un régime d'autorisation administrative pour toute extension de plus de 300 mètres carrés, les distributeurs se cassent la tête pour savoir comment assurer leur développement en France. Le groupe Auchan vient, lundi, de livrer sa réponse en lançant une OPA sur 100 % du capital de son concurrent, Docks de France, qui exploite les hypermarchés Mammouth et les supermarchés Atac. Une opération qui se justifie notamment par " le caractère très complémentaire au plan géographiques des deux groupes ", selon Christophe Dubrulle, président du conseil de surveillance du distributeur nordiste. Une assertion vérifiée à deux bémols près. D'une part, la taille moyenne des Mammouth (5 780 mètres carrés) est bien inférieure au format géant qu'affectionne Auchan (10 600 mètres carrés en moyenne) ; d'autre part, Auchan avoue son ignorance dans la gestion des supermarchés. Un exercice dans lequel les Docks de France, avec leur enseigne Atac, sont passés maîtres. Auchan pourrait-il, en cas de succès, céder cette branche ? L'assertion est vigoureusement démentie par Christophe Dubrulle, pour qui les deux groupes ont vocation " à garder leur identité ".

Quoi qu'il en soit, Auchan prépare cette opération minutieusement depuis quelques mois. En avril, le distributeur s'était déjà invité en prenant une participation de 17,12 %, officiellement une opération " amicale ", que Michel Deroy, P-DG des Docks de France, avait immédiatement considéré comme hostile.

60 milliards de francs de chiffre d'affaires

" Avec cette OPA, nous avons fait le choix qui pérennise au mieux l'intérêt de nos deux entreprises, compte tenu de la distribution des cartes dans le commerce aujourd'hui et de notre volonté d'internationalisation ", affirme Christophe Dubrulle. Car Gérard Mulliez, président-fondateur du groupe toujours détenu par sa famille, hormis les 16 % que détient le personnel (une fierté maison), a tranché. 60 milliards de chiffre d'affaires, c'est trop peu ! Pas question pour lui de se laisser distancer par les quatre ténors (Carrefour, Intermarché, Leclerc et Promodès), qui réalisent tous plus de 100 milliards de chiffre d'affaires (43 % hors de France pour Carrefour). D'autant que, en Allemagne, le géant helvético-germanique Metro, qui vient de fusionner ses différentes composantes, pèse allégrement ses 258 milliards de facturations ! Et que, outre-Manche, les Tesco, Salisbury et Marks & Spencer, s'ils n'ont pas forcément l'obsession de la taille, ont celle du résultat net, et disposent de moyens propres pour, un jour, aller jouer sur d'autres terres, comme cela c'est déjà produit en 1990 par le rachat par Tesco du normand Catteau. Prenant acte de la dispersion du capital des Docks de France - dont les familles fondatrices Deroy, Toulouse et Dian ne contrôlent que 26 % (39 % des votes), l'essentiel du solde étant en Bourse -, Auchan a donc pris les devants. Le prix proposé aujourd'hui est à la mesure de l'enjeu. A 1 250 francs l'action, c'est une surcote de 38 % qui est offerte aux actionnaires, sur la moyenne des cours des trois mois (avant la première entrée d'Auchan dans le capital). Sans compter que, à son plus bas de l'année, le titre s'échangeait 742 francs ! Dans l'optique d'une victoire à 100 % (Auchan s'est fixé 51 % comme seuil de réussite), c'est plus de 16 milliards de francs qui seront mis sur la table via la Bourse. Un paradoxe pour cette entreprise farouchement familiale (et qui entend bien le rester), qui nie toute éventualité d'une introduction au Palais- Brongniart pour financer ce rachat. Contraints et forcés, les dirigeants d'Auchan ont d'ailleurs levé en partie le voile sur leurs comptes, jusque-là tenus soigneusement secrets. Christophe Dubrulle a dévoilé une marge nette (hors exceptionnel) de 1,7 %, soit un niveau proche de Carrefour (1,8 %) et légèrement supérieur aux Docks de France (1,2 %). Côté financement, Auchan dispose de 5,5 milliards de trésorerie nette. Et le niveau des fonds propres (6 milliards de francs) lui permettrait de financer par emprunt le solde de l'acquisition avec le concours de ses conseils, la Société générale et la Deutsche Bank. Christophe Dubrulle a indiqué que, si nécessaire, les actionnaires n'hésiterait pas à remettre au pot en souscrivant une augmentation de capital. Ce qui laisse entrevoir le niveau de la fortune de la famille Mulliez...

Les objectifs du gouvernement battus en brèche

Les industriels ont des raisons d'être inquiets. En cas de succès d'Auchan, ils verront se rétrécir leur capacité de négociation. D'ailleurs, le gouvernement - dont les objectifs visés par la refonte du droit du commerce se voient aujourd'hui battus en brèche - a diligenté une enquête du Conseil de la concurrence sur les conséquences éventuelles de l'opération. Le moindre des paradoxes n'étant pas que, sans la loi Raffarin, Auchan se serait peut être intéressé moins vite aux Docks de France !





USINE NOUVELLE N°2555

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