Quotidien des Usines

Disponibilité du nucléaire : EDF repousse à 2015 son objectif

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A l'occasion de la publication de son chiffre d'affaires, l'électricien public a annoncé hier que le taux de disponibilité de 85 % initialement prévu pour 2011 puis 2013 était décalé à 2015.

Disponibilité du nucléaire : EDF repousse à 2015 son objectif © REA

«Nous visons un taux de 85 % à moyen terme, c'est-à-dire dans les cinq ans », a déclaré hier le nouveau directeur financier Thomas Piquemal. Le taux de disponibilité du parc nucléaire, affecté par des mouvements sociaux et des pannes fortuites, est tombé à 78% en 2009, sont plus bas niveau depuis 1992.Une indisponibilité qui a représenté « un milliard d’euros de manque à gagner », avait indiqué l'argentier du groupe Daniel Camus lors de l'annonce des résultats 2009, un manque à gagner « compensé par l’international ». La disponibilité est un élément clé pour la rentabilité du groupe : un point de ce coefficient représente de 200 à 300 millions d'euros de résultat.

Lors de l'annonce des résultats annuels en décembre, le patron d’EDF souhaitait faire passer le coefficient de disponibilité des centrales nucléaires françaises de 78% à 80% en 2011, puis 85% « en trois ans », soit d’ici à 2013. Or le plus haut niveau jamais atteint en France est de 83,5%, tandis que les centrales coréennes, belges ou américaines frisent les 90%. Hervé Machenaud, nouveau responsable de la production d'EDF, avait d’ores et déjà quelques idées pour améliorer la donne : accélérer les rebobinages d’alternateurs, mieux équilibrer la marge de manœuvre des directeurs de site face à la gestion standardisée de l’ensemble du parc. Pas de révolution, mais des ajustements à tous les étages. Visiblement, l'ajustement prendra deux ans de plus.

L’efficacité du parc est un « sujet essentiel » avait déjà affirmé Henri Proglio. « La première des priorités est la performance industrielle du parc de production », avait-il ajouté. Dès 2010, le coefficient de disponibilité doit passer de 78% à 79,5 voire 80%. Hervé Machenaud, qui a la responsabilité de l’ensemble de la production, doit intégrer une forte capacité d’ingénierie. Corollaire : une hausse de l’investissement.

Pour compenser dans l'immédiat, EDF doit acheter de l'électricité à ses concurrents. C'est ce qu'il a fait au premier trimestre, durant lequel il a été acheteur net de courant sur le marché de gros.

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1 commentaire

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14/05/2010 - 10h06 -

Faut-il voir là un lien de causalité avec le recrutement du "management" qui ne jure que par les grandes écoles et leur groupe ?
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