Difficile installation de la CFDT chez Servier

Le syndicat CFDT accuse les élus du comité d’entreprise d’avoir menacé sa première représentante dans l’usine du groupe pharmaceutique à Gidy, tout juste installée. La direction estime ne pas entraver la syndication dans le groupe.

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Difficile installation de la  CFDT chez Servier

François Chérèque se serait-il avancé un peu vite ? Jeudi 11 octobre, il affirmait à Reuters, en installant Isabelle Géant, la toute première déléguée syndicale de l’usine du laboratoire Servier, à Gidy (Loiret) : "L'accueil des salariés est loin d'être hostile. Ils commencent à comprendre que nous sommes là pour eux et qu'ils ont besoin de nous". Dès le lendemain soir, la CFDT ne tenait plus du tout le même discours.

Dans un communiqué de presse, le syndicat a accusé les élus du Comité d’entreprise de Gidy d’avoir "proféré des menaces à l’encontre d’Isabelle du fait de son engagement syndical" lors d’une distribution de tract. "Ce n’est pas aux élus CE de décider si la CFDT peut (ou pas) être acteur de la vie de l’entreprise Servier mais aux salariés qui auront l’occasion, lors des prochaines élections de représentativité, de faire connaître leur choix", poursuit le syndicat. Qui "s’interdit de penser que ces comportements soient impulsés par la direction de l’entreprise", mais "rappelle aux élus du CE que la loi s’applique en tout lieu, y compris dans l’entreprise Servier".

Interrogé par l’Usine Nouvelle, le laboratoire pharmaceutique ne souhaite pas faire de commentaire sur l’incident rapporté par la CFDT, expliquant n’avoir pas eu ce retour. Il rappelle simplement que "les collaborateurs ont la liberté de choisir leur représentation comme ils le souhaitent".

Des syndicats sur d’autres sites de Servier

En avril dernier, une délégation de la CFDT s’était déjà invitée sur le site de Gidy, alors qu’il n’y ait pas encore de section syndicale dans cette usine où travaillent 900 personnes. Lucy Vincent, directrice générale des affaires extérieures de Servier, avait réagi : "Le syndicalisme fait partie de la vie sociale, et Servier ne peut pas empêcher la syndication des salariés s’ils le souhaitent !, avait-elle répondu à l’Usine Nouvelle. Nous verrons la suite de l’opération. Les salariés de Servier sont très bien traités, par la considération qu’on leur porte. Et il y a des syndicats sur d’autres sites, cela se passe très bien."

En avril, le groupe rassurait sur ses emplois

Dans son communiqué de vendredi, la CFDT explique que sa démarche d’implantation "vise, avant tout, à mettre à disposition des salariés son savoir-faire et son expertise afin que ceux-ci soient épaulés lorsque se feront connaître les conséquences des différentes affaires ". Car, estime l’agence Reuters, les salariés de Gidy s’inquiètent pour leurs emplois. Ils redouteraient qu'une issue judiciaire défavorable à Jacques Servier dans le procès Mediator - cet adjuvant au diabète commercialisé par le laboratoire entre 1976 et 2009, accusé d’avoir causé de 500 à 2.000 décès - ne mette le groupe en péril financier.

Or Gidy constitue la plus grande unité de production du groupe, qui y fabrique plus de la moitié des 398 millions de boîtes de médicaments qu’il produit chaque année. Mais, jusqu’à présent, Servier n’a jamais réalisé de plan social, rappelait Lucy Vincent en avril. Elle se voulait alors rassurante. "Malgré ce contexte économique et médiatique difficile pour le groupe, il n’y a pas eu un licenciement économique, à la différence de beaucoup de groupes pharmaceutiques. Cela correspond tout à fait à la philosophie de l’entreprise : nous sommes un capital de talent. Il n’y a jamais eu de plan social chez Servier. C’est une fondation, donc il n’y a pas d’actionnaires. Toutes les ressources sont réinvesties en R&D et création de nouvelles unités… "

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