Diabète : la course à l’innovation est relancée

La journée mondiale du diabète se tenait le 14 novembre. Un marché colossal pour les géants de l’industrie pharmaceutique, mais aussi pour de nouveaux entrants, comme les sociétés de biotechnologie et les acteurs des dispositifs médicaux.

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Diabète : la course à l’innovation est relancée

Avec 3,5 millions de malades et 400 nouveaux cas diagnostiqués chaque jour, le diabète - ce trouble de l'assimilation et du stockage des sucres dont la journée mondiale se tenait le 14 novembre - continue d’être l'une des principales maladies chroniques présentes en France. Un demi-million de diabétiques ignoreraient être affectés par la maladie, souvent silencieuse, avant qu'elle n'entraîne des dégâts irréversibles : cécité, insuffisance rénale ou accidents cardiovasculaires, alerte la Fédération française des diabétiques (FFD). Dans le monde, les 382 millions de diabétiques, dont seulement 95 millions sont traités, devraient être 592 millions en 2035.

Des brevets tombent sur le marché de l’insuline

Un juteux marché pour l’industrie pharmaceutique, qui s’y intéresse plus que jamais. Un quart des diabétiques traités utilisent de l’insuline, une activité dont le chiffre d'affaires est estimé à l'échelle mondiale à 23 milliards de dollars. Elle est dominée par trois grands acteurs : le français Sanofi, l’américain Lilly et le danois Novo Nordisk. Mais ces traitements s’apprêtent à voir leurs brevets expirer. C’est d’ailleurs le manque d’anticipation de la perte du brevet du Lantus, un de ses blockbusters, qui a été largement reproché au directeur général de Sanofi Chris Viehbacher, lors de son éviction fin octobre. De quoi ouvrir la voie à de nouveaux entrants prêts à le copier : les acteurs des biosimilaires comme Samsung ou Mylan, et des sociétés de biotechnologie, comme la lyonnaise Adocia.

Adocia à la recherche de grands partenaires

Spécialisée dans les formulations innovantes à partir de protéines thérapeutiques déjà existantes, elle développe, avec des essais cliniques de phase 2, plusieurs projets de formulations d'insuline pour les rendre plus faciles à utiliser pour les patients. Mais, après avoir mis fin à un partenariat avec Lilly, Adocia doit encore trouver en 2015 des partenaires industriels pour l’aider à financer la phase finale de ses essais, la dernière étape avant une éventuelle demande de mise sur le marché.

Les enchères montent pour les anti-diabétiques

En dehors de l’insuline, les enchères continuent de grimper sur le marché de plusieurs centaines de milliards de dollars des traitements anti-diabétiques. En lice face à onze big pharmas, le laboratoire français Servier (4,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2013) a cassé sa tirelire, en s’engageant à payer à la biotech américain Intarcia 171 millions de dollars… et jusqu’à un milliard de dollars si certaines étapes de développement, d’enregistrement et de commercialisation sont atteintes.

L’objet des convoitises : l’ITCA 650, un futur traitement du diabète de type 2 (qui touche 21 millions de patients dans le monde) au nouveau mode d’administration : un implant sous-cutané permettra de se limiter à une ou deux prises annuelles, contre plusieurs administrations quotidiennes orales ou par injection à l’heure actuelle.

Pour Gérard Raymond, le secrétaire de la FFD, c’est l’accès aux nouveaux dispositifs médicaux qui devrait déjà être améliorée. "Comment expliquer à un diabétique contraint de se piquer le doigt 5 à 6 fois par jour pour mesurer sa glycémie qu’il pourrait s’en dispenser si l’Assurance maladie lui remboursait l’acquisition de dispositifs médicaux innovants récemment lancés sur le marché ?", alerte-t-il.

Gaëlle Fleitour

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