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L'Usine Santé

Diabeloop, pépite industrielle de l'année

Publié le

La start-up française, désignée pépite de l’année par L’Usine Nouvelle, développe un projet de pancréas artificiel qui pourrait révolutionner le traitement du diabète.

Diabeloop, pépite industrielle de l'année
Le dispositif Diabeloop permet de normaliser la glycémie des patients atteints de diabète de type 1.
© DR

Cest une véritable révolution qui est à l’œuvre dans le traitement du diabète de type 1. Alors que les laboratoires pharmaceutiques planchent sur des insulines toujours plus efficaces, les fabricants d’équipements médicaux, de leur côté, misent sur le numérique pour transformer la vie des patients. Et cocorico, l’un des projets les plus prometteurs dans ce domaine est celui de la start-up Diabeloop, fondée en 2015 et née d’un projet lancé en 2011 par le Centre d’études et de recherches pour l’intensification du traitement du diabète en partenariat avec le CEA-Leti. Avec son projet de pancréas artificiel, la pépite tricolore pourrait réellement métamorphoser le quotidien des patients rythmé par le contrôle glycémique, les injections d’insuline et un régime souvent drastique. Et surtout l’angoisse permanente de l’hypoglycémie (responsable de fatigue, de nausées, de malaises pouvant aller jusqu’au coma) et de l’hyperglycémie et de ses conséquences désastreuses sur le long terme (insuffisances rénales, neuropathies, infections cutanées, cécité).

Si l’on parle de pancréas artificiel, il ne s’agit pourtant pas d’un organe implantable, mais d’un dispositif de boucle fermée mimant les fonctions pancréatiques, composé d’un capteur de glucose en continu, d’une pompe à insuline et d’une tablette. « Une boîte presque magique », selon Erik Huneker, le PDG de Diabeloop. Son fonctionnement est pourtant bien plus élaboré qu’un simple tour de passe-passe. Une unité jetable, insérée sous la peau, dans le tissu interstitiel, mesure en continu la concentration de glucose dans le sang. Tous les sept jours, ce capteur, produit par la société américaine Dexcomm, doit être remplacé par le patient lui-même. Le transmetteur envoie, via une connexion Bluetooth, les valeurs de glucose mesurées par le capteur à un terminal. Celui-ci contient un algorithme développé par Diabeloop. Il modélise la physiologie du patient et évalue l’évolution du taux de sucre dans le sang. Il détermine ensuite la dose d’insuline la plus adaptée à envoyer à la pompe connectée.

De l’insuline en goutte à goutte

Ce petit boîtier développé par Cellnovo se pose à même le corps par le biais d’une canule en Téflon, fine et flexible, qui se place sous la peau. Une procédure « relativement indolore, même chez les enfants », affirme Sophie Baratte, la directrice générale de Cellnovo. Le patient devra la renouveler tous les trois jours pour éviter tout risque d’infection ou de blessure. Cette pompe patch délivre de l’insuline en goutte à goutte. Elle ne gêne pas les mouvements, permet de s’habiller assez librement et même de faire du sport. Surtout, ce dispositif parvient à réguler le taux de glycémie de certains patients qui n’y réussissaient pas avec des équipements classiques, notamment après des repas copieux ou une activité physique notable. L’autre intérêt majeur de ce pancréas artificiel est le recueil d’informations, directement envoyées à l’équipe médicale, qui jette un œil sur les données sans attendre de voir le patient en consultation. « En une cinquantaine d’années, la technologie a rendu visible et mesurable à tout moment ce qui n’était que perceptible, et maîtrisable ce qui semblait aléatoire. Le pancréas artificiel représente la principale innovation de ces dernières années », commente le professeur Éric Renard, chef du département d’endocrinologie, diabète et nutrition du CHU de Montpellier (Hérault).

Après avoir annoncé, en janvier dernier, des résultats positifs pour un premier essai clinique sur 36 patients, Diabeloop a levé 13,5 millions d’euros auprès d’Air liquide, de Sofimac Partners et du Crédit agricole. Des fonds qui ont permis de lancer un deuxième essai clinique auprès de 60 patients : 30 sont équipés du pancréas artificiel ; les 30 autres conservent leur ancien système. Chaque groupe vit durant trois mois avec son système, puis les deux groupes sont ensuite inversés.

Des essais cliniques à la commercialisation

« Nous venons de finir la première partie de cet essai qui nous sert à démontrer la sécurité et l’efficacité du dispositif. Cela nous permettra de déposer le dossier de demande de marquage CE », précise Marc Julien, co-CEO de Diabeloop. Un pas de plus vers la commercialisation attendue à la mi-2018 par 190 000 patients en France. Et l’occasion de prouver que les fabricants français d’équipements médicaux, à l’instar de Diabeloop ou de Carmat qui avait également reçu le prix de la pépite de l’année en 2011, n’ont rien à envier à leurs concurrents internationaux. 

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1 commentaire

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07/11/2017 - 20h18 -

A propos de diabète , il y a un excellent article sur les sujet dans Science et Vie de septembre n°1200, qui évoque le problème sous l'angle de la possibilité de guérir de ce mal.
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Nom profil

09/11/2017 - 23h00 -

L'article de science et vie est au sujet du diabète de type 2, ce n'est pas la même maladie que le type 1.
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