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DGA, l’atout précieux de la Défense tricolore

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Équipement, innovation, soutien à l’export… La Direction générale de l’armement du ministère de la Défense est le maillon indispensable entre les états-majors et les industriels.

DGA, l’atout précieux de la Défense tricolore
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© La flotte de sous-marins de la marine australienne Le contrat du siècle qui oppose les Japonais et les Français pourrait se gagner au niveau des transferts de technologies. La DGA conseillera le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationa

Sydney, novembre 2015. La campagne pour le contrat du siècle, portant sur la vente de 12 sous-marins d’une valeur de quelque 30?milliards d’euros, bat son plein. La France n’a rien laissé au hasard. Face à la ministre australienne de la Défense, Marise Payne, le patron de DCNS, Hervé Guillou, dispose des renforts nécessaires : l’amiral de la zone Pacifique, l’ambassadeur de France en Australie et le responsable de la Direction générale de l’armement (DGA) chargé de la zone Pacifique. Un atout précieux. « La force du soutien de la DGA à l’export, c’est d’abord la crédibilité de l’engagement français dans les grands programmes de défense, mais aussi la crédibilité de la base industrielle et technologique de défense qu’elle a contribué à construire, souligne Hervé Guillou. À l’étranger, tous nous envient la DGA. » L’Australie dira, d’ici à fin juin, si elle a choisi les sous-marins de DCNS.

La DGA, l’une des grandes directions du ministère de la Défense, opère sur plusieurs autres fronts. Ses émissaires multiplient les allers-retours entre Paris et New Delhi pour épauler les équipes de Dassault Aviation qui négocient la vente de 36 Rafale à l’Indian Air Force. La DGA peut la rassurer sur son soutien dans la conduite de programme pour apporter les modifications à l’appareil comme un système de contre-mesures spécifique à ses missions. « En matière d’exportations d’armements, nous ferons au moins aussi bien en 2016 qu’en 2015 », affirme Laurent Collet-Billon, le délégué général pour l’armement. L’an passé, les ventes tricolores à l’étranger ont atteint le niveau record de 16?milliards d’euros. Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian et les capitaines des grands groupes (Airbus Group, Dassault, Thales, DCNS…) sont en première ligne. Mais ce succès repose également sur l’action de la DGA.

11 milliards d’euros de contrats en 2015

« Nous partageons notre expertise sur la conduite et la spécification de programmes. Toutes nos compétences sont sollicitées, de la direction technique à la surveillance en usine », explique le délégué général pour l’armement. Les récents succès à l’international mettent à rude épreuve les effectifs de la DGA. Les pays acheteurs du Rafale, comme l’Égypte et le Qatar pour ne citer qu’eux, demandent un fort soutien technique. Pour suivre le rythme, la DGA veut recruter environ 160 personnes dédiées aux activités d’exportation d’ici à la fin de l’année, et 550 personnes au total d’ici à la fin 2020. « Nous sommes au taquet. Cela pourrait nous amener à différer le lancement de certains programmes », prévient Laurent Collet-Billon. Jusqu’à présent, son entité avait subi une réduction de son effectif, passé à 9 700 personnes fin 2015, soit une diminution de 25 % depuis 2008.

La conduite des grands programmes afin d’équiper les forces armées reste sa principale mission. En 2015, la DGA a livré deux A 400M, six hélicoptères d’attaque Tigre, cinq Rafale, une frégate multi-missions?(Fremm)… Des contrats représentant environ 11?milliards d’euros. « Nous sommes le premier investisseur de l’État auprès de l’industrie », rappelle Laurent Collet-Billon. Toujours en 2015, Airbus Group a été le premier bénéficiaire de commandes militaires de l’État (2,05?milliards), suivi par DCNS et Thales [voir infographie]. Surtout, la DGA, qui pilote jusqu’à 80?programmes simultanément, veille à consommer tous les budgets qui lui sont alloués. Au 31?décembre?2015, sur celui dédié à l’équipement des forces armées, il ne restait dans ses caisses que… 6?euros. « Quand on nous donne de l’argent, il disparaît dans l’industrie ! », résume Laurent Collet-Billon.

Gare, toutefois, à ne pas décevoir un tel client ! Le groupe Airbus qui peine à livrer les A 400M doit revenir à la table des négociations. De même, les fabricants de satellites Thales et Airbus, concurrents sur le marché civil, doivent impérativement coopérer dans le cadre des appels d’offres militaires. Pas question de sortir du rang ! L’équipement des forces armées est nécessaire, la préparation de l’avenir, indispensable. Les deux?tiers de l’effectif de la DGA, majoritairement des ingénieurs et des cadres, testent les nouveaux systèmes d’armement dans une quinzaine de centres techniques et d’essais, pour certains uniques en Europe. À Val-de-Reuil?(Eure), les équipes expérimentent la manœuvrabilité et l’hydroacoustique des navires ; à Bourges (Cher), elles testent le futur missile de combat terrestre de MBDA ; à Toulon et sur l’île du Levant (Var), elles procèdent à des essais en vol de missiles stratégiques…

La carte de l’innovation

La DGA joue à fond la carte de l’innovation. Elle n’a jamais voulu sacrifier son budget annuel pour les études et la recherche amont, qui est de l’ordre de 730?millions d’euros. Son dispositif de financement pour les PME, baptisé Rapid, a profité à plus de 250 d’entre elles. RB3D a ainsi pu concevoir le premier exosquelette européen [lire ci-dessus]. En septembre?2015, la DGA a organisé à Paris les premières rencontres de son club?B to B Rapid, conviant une trentaine de grands groupes (Airbus, Air liquide, Areva, EDF, Alstom, Sanofi…) à rencontrer ces PME innovantes. « Nous avions pris contact avec une quarantaine de PME en trois?heures. Six mois plus tard, nous avons dix?possibilités de projets, notamment dans la maintenance industrielle, la robotique et le big data », confie Bruno Nicolas, le directeur général de Vinci Énergies pour la région Est. La DGA, entremetteuse de l’innovation à base de speed dating, qui l’eut cru ? « Nous voulons avoir une approche plus smart et adaptée à nos moyens », revendique Laurent Collet Billon. Si la DGA ne dispose pas des centaines de milliards de dollars qui irriguent la défense américaine, elle sait qu’un combat n’est jamais perdu d’avance. 

Un arsenal de premier plan

  • 9 700 personnes (dont plus de 51 % d’ingénieurs et de cadres)
  • 80 programmes d’armement en cours
  • 10,7 milliards d’euros pour équiper les armées en 2015
  • 15 centres techniques et d’essais

Un booster de PME

 

En 2012, Hercule, l’exosquelette conçu par RB3D, fut l’une des sensations d’Eurosatory, le grand salon européen consacré à l’armement terrestre. Une femme soldat, aidée par cette structure métallique, peut déplacer de lourdes charges sans le moindre effort. « Nous étions exposés sur le stand de la DGA. La démonstration a attiré de nombreuses délégations étrangères », explique Serge Grygorowiz, le président et fondateur de la PME implantée à Auxerre (Yonne). Ce coup de projecteur et les coups de pouces financiers de la DGA permettent aujourd’hui à RB3D d’envisager la phase industrielle. La PME a l’ambition de produire jusqu’à 500 exosquelettes par an. Pour cela, elle cherche à lever entre 3 et 5?millions d’euros auprès d’investisseurs. En 2009, Serge Grygorowiz a été bien inspiré de frapper à la porte de la DGA, qui venait de lancer Rapid, son dispositif de financement pour les PME. « Pas d’arguties à développer. Pas d’administration pléthorique à affronter, se souvient le dirigeant. Tout a été vite. La DGA nous a fait bénéficier des services d’un expert. Et avec nos partenaires, nous avons obtenu un financement d’environ 1,5?million d’euros. » Soucieuse de ne pas prendre de retard par rapport aux Américains et aux Japonais, la DGA a été séduite par l’exosquelette de RB3D. Celui-ci s’appuie sur un système tout électrique plus efficace que la solution hydraulique américaine, tout en étant plus intuitif que le système japonais. Et comme la DGA l’impose, RB3D a développé une version civile. Elle mène une expérimentation avec le groupe Colas pour l’exécution de travaux de BTP. 

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