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Devenir travailleur indépendant, ce n'est pas toujours un choix au début.. mais après ça le devient

Christophe Bys ,

Publié le

L'association pour l'emploi des cadres (APEC) publie ce jour une étude sur les nouvelles formes d'emploi. Loin des discours indiquant que l'avenir est à la fin du CDI et aux formes atypiques, l'Apec montre que le phénomène reste très minoritaire. Les cadres qui sautent le pas s'appuient sur des compétences expertes et une sécurité financière dans leur entourage le plus souvent. Ils regrettent un déficit d'informations claires et personnalisés. Décryptage.

Devenir travailleur indépendant, ce n'est pas toujours un choix au début.. mais après ça le devient
Devenir travailleur indépendant, ce n'est pas toujours un choix au début.. mais après ça le devient
© wocintech (microsoft) - 181 CC Flickr

Ce n’est pas parce que tout le monde en parle qu’un phénomène concerne tout le monde. Tel pourrait être le sous-titre de l’intéressant travail que vient de réaliser l’Apec. Nouvelles formes d’emploi : enjeux et vécu des cadres (c’est son titre) présente un mérite principal : remettre en perspective des évolutions qui peuvent sembler majoritaires et inéluctables.

Or, la réalité est beaucoup plus ambiguë. Le CDI reste la norme, rappelle l’Apec, puisque 87 % des salariés du secteur concurrentiel ont un tel contrat et la proportion est stable depuis les années 2000. Cependant, on peut aussi être salarié en 2017 sous des modalités plus variées qu’auparavant : en temps partiel ou décalé, en étant employé par un groupement d’employeurs ou une entreprise de travail à temps partagé. Même si elles se développent, ces formes restent marginales et concerneraient moins de 100 000 emplois.

Du côté du travail indépendant, qui a progressé sensiblement avec le statut d’autoentrepreneur, l’Apec note que "l’emploi non salarié progresse plus vite que l’emploi total, en particulier dans le secteur tertiaire". Résultat : en 2016, le travail indépendant représentait 12 % de l’emploi total.

Seulement une minorité l'ont déjà fait

Signe que le bruit fait autour de ces questions n’est pas inutile, sept cadres en poste sur 10 déclarent avoir un intérêt certain pour ces nouvelles formes d’emplois. 5 % des cadres sans emploi disent avoir travaillé en multi-activité, 9 % en portage salarial, 5 % en temps partagé entre plusieurs employeurs et 13 % en micro entrepreneuriat. Chez les cadres en poste, les proportions sont respectivement de 4 %, 3%, 4 % et 7%.

A ces données macro, la note de l’Apec ajoute des éléments qualitatifs. Il en ressort que la première motivation exprimée pour expliquer le choix d’un mode alternatif au salariat classique est « de recouvrer une certaine autonomie dans ses arbitrages professionnels ainsi qu’une meilleure conciliation avec la vie privée ». Mais les cadres ne se lancent pas n’importe comment dans ces carrières. Pour se risquer dans ces nouvelles formes de contrat, les cadres considèrent qu’il vaut mieux avoir des solides compétences professionnelles et être expert dans leur métier.

Des informations pas toujours claires

Téméraire mais pas aventurier, les cadres qui se lancent dans ses nouvelles formes d’emplois s’assurent d’avoir un environnement sécurisé. Par exemple, remarque la note, « le soutien parental en nature (hébergement, aide administrative ....) ou financier pour les pus jeunes est essentiel. » Pour les cadres plus âgés, on se reposera sur un conjoint lui-même salarié avec une certaine stabilité professionnelle pour se lancer. C’est notamment important pour accéder à la protection sociale.

Autre enseignement de ce travail figurant dans la note de synthèse : ces modes de travail ne sont pas toujours un premier choix. D’un côté, on trouve des salariés ayant subi un licenciement qui choisissent des formes atypiques d’emploi car ils peinent à retrouver un CDI. C’est une sorte de second choix subi. C’est la même chose pour les plus jeunes qui vont recourir à ces modalités parce qu’ils n’arrivent pas à trouver un bon vieux CDI classique. Cela va à rebours de tous les discours pas toujours très étayés sur la génération Y entrepreneuse par essence. Ceci est notamment vrai pour les personnes les moins qualifiés estime l’Apec.

Revenir à un CDI classique : NON !

Ceci pourrait expliquer pourquoi les cadres interrogés par l’Apec ont fait part de leurs besoins d’informations. La plupart trouve sur le web les précisions pratiques dont ils ont peu à peu besoin. Ils disent regretter que trop souvent les informations dispensés sur les sites officiels ne sont pas claires au sens où elles répondraient directement à leurs questions. Les cadres aimeraient des informations plus personnalisées.

L’étude de l’Apec recadre la situation des cadres travaillant avec un contrat atypique loin des discours parfois lénifiants des tenants de l’uberisation du CDI. Si le phénomène est choisi et voulu pour quelques centaines (milliers ?) de spécialistes de l’informatique hyper qualifiés et recherchés, pour d’autres, la réalité est toute autre.

En conclusion, l’Apec note toutefois que « très peu de cadres interrogés formulent l’idée de revenir à un CDI classique ». Même si devenir indépendant ou atypique n’est pas un choix, une fois qu’on a goûté à une certaine indépendance, il devient difficile de s’en passer.

La synthèse de l'étude (format PDF) peut être téléchargée ICI

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