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Devant le siège d'Alstom, les manifestants craignent l'impasse et voient au-delà de Belfort

Manuel Moragues

Publié le

Des centaines de salariés d'Alstom ont manifesté mardi 27 septembre devant le siège du groupe, à Saint-Ouen, pour réclamer le maintien de l'activité du site de Belfort. Au-delà, ils tirent la sonnette d'alarme pour l'ensemble des sites d'Alstom, et accusent la direction de délocaliser sa production.

Devant le siège d'Alstom, les manifestants craignent l'impasse et voient au-delà de Belfort © Manuel Moragues

Ils sont des centaines, un millier selon la CGT, massés devant les portes du siège d'Alstom, à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). Sous les applaudissements, les Creusotains viennent rejoindre leurs collègues un peu avant 11 heures, début prévu du rassemblement. Venus de toute la France, dont environ 300 de Belfort emmenés par un TGV symboliquement affrêté pour l'occasion, les "Alsthommes" manifestent contre le projet de la direction du groupe de mettre fin à l'ingénierie et à la production sur le site de Belfort d'ici à deux ans. "La seule phrase qu'on attend de la direction, c'est "On ne fermera pas Belfort" !" lance Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, déclenchant les ovations.

Cornes de brume, sifflets et stands merguez sont au rendez-vous. Retranchés derrière les grilles du site, les agents de sécurité d'Alstom entrouvent avec précaution un portail pour laisser passer une délégation des personnels des sites considérés comme "à risque" par les syndicats. Elle doit être reçue par Jean-Baptiste Eyméoud, le directeur général d'Alstom France. Leur retour, une heure plus tard, fait monter la température : "La direction n'a pas bougé, elle continue de dire que le transfert des activités de Belfort à Reichshoffen est la seule solution. On nous a dit que le projet était gelé, nous estimons qu'il est toujours dans les cartons !", s'indigne un délégué au micro.

"Après Belfort, Ornans, La Rochelle et Valenciennes"

Et d'ajouter : "Si la direction ferme Belfort, ce seront ensuite au tour d'Ornans, La Rochelle et Valenciennes !" Si le propos se veut probablement avant tout mobilisateur, il traduit cependant l'état d'esprit général. La baisse de charge prévue est générale. Les 12 principaux sites français sont touchés et si la direction s'attaque à l'emblématique Belfort, aucun site n'est à l'abri. "Belfort, c'est l'arbre qui cache la forêt, résume Patrick de Cara, délégué syndical CFDT d’Alstom Saint-Ouen. Le creux de charge va démarrer en 2017 et faire tâche d'huile sur les autres sites. Il faut qu'on trouve une solution transitoire pour Belfort et qu'ensuite, après la présidentielle, on aborde de front le problème."

Interrogé par L'Usine Nouvelle, Philippe Martinez en appelle à "une vraie réflexion de fond sur la filière ferroviaire française. Il faut mettre ensemble ceux qui construisent les trains et ceux qui les font rouler. Et celà pour pérenniser non seulement Belfort mais aussi tous les autres sites d'Alstom". Le dirigeant dénonce l'exécution par Alstom de contrats français dans son usine polonaise de Katowice où "les salariés travaillent 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7" et réclame l'incorporation d'une "charte sociale" dans les appels d'offres publics pour mettre fin à ce "dumping social".

Amertume et colère

L'amertume et la colère sont palpables chez les manifestants, qui accusent la direction d'Alstom d'orchestrer la mort de ses sites français en délocalisant des activités jusqu'ici dévolues aux sites français. Pêle-mêle, au fil des interlocuteurs, sont évoqués des armoires de câblage réalisées en Tunisie plutôt qu'à Tarbes, des châssis des métros de la RATP partis de Valenciennes en Pologne, des lots de signalisation confiés à Bangalore (Inde) plutôt qu'à Saint-Ouen, des moteurs de traction qui seront fabriqués en Chine en non plus à Ornans…

Le gouvernement peut-il changer la donne ? "On n'attend rien du gouvernement", tranche Florian Jardinier, délégué Force ouvrière à Belfort. "Autant aller brûler un cierge !", lance Jérôme, technicien sur le site belfortain. Avant d'ajouter : "Vous avez déjà vu un PDG revenir sur sa décision de fermer un site français ? Nous, on se bat pour notre emploi. On veut des garanties sur le maintien de l'activité jusqu'en 2018 et des solutions de reclassement sur place."

 

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