L'Usine Energie

Deuxième round pour l’hydrolienne d’EDF

Ludovic Dupin , ,

Publié le

EDF s’apprête à tester pour trois mois son hydrolienne au large du Finistère. C’est la deuxième phase d’essais pour le prototype du groupe. L’électricien vise son premier parc en 2014.

Deuxième round pour l’hydrolienne d’EDF © EDF

A l’occasion de la signature d’une convention de partenariat sur les énergies marines avec l’ENTSA (Ecole Nationale Supérieure de Techniques avancées Bretagne) à Brest (Finistère) ce jeudi 6 septembre, Henri Proglio, le PDG d’EDF, est venu saluer l’immersion imminente de son prototype d’hydrolienne au large de Paimpol-Bréhat. L’opération aura lieu courant septembre et durera 3 mois. L’hydrolienne est une gigantesque turbine activée au gré des marées.

Il s’agit d’une seconde étape pour l‘électricien national. L’hydrolienne, développée par l’irlandais Openhydro, avait déjà été immergée trois mois entre octobre 2011 et janvier 2012. En parallèle de cette seconde phase d‘essai, EDF prépare également les tests d’un convertisseur sous-marin construit par Converteam, qui devra récupérer l’électricité produite par les hydroliennes.

L’ambition d’EDF à terme est de raccorder au réseau un parc de 4 hydroliennes au printemps 2014, ce qui constituerait le premier parc au monde. Chaque hydrolienne mesure 16 mètres de diamètre pour une masse de 850 tonnes. Sa puissance maximale théorique est de 500 KW. Le parc sera immergé à 35 mètres de profondeur. C’est un projet de 40 millions d’euros.

Une rénovation à 100 millions d'euros

Tirer l’énergie des marées est un sujet auquel EDF croit depuis 1966 avec la création du barrage de la Rance (Ille-et-Vilaine). Le groupe vient d’ailleurs d’investir 100 millions pour lancer un programme de rénovation de l‘ouvrage. Le sujet spécifique des hydroliennes est apparu au milieu des années 2000, alors que l’électricien a estimé les capacités française et européenne. L’Europe possède un potentiel hydrolien de 10 à 15 GW, dont 60 % est concentré en Grande-Bretagne. La France pour sa part afficherait un potentiel de 1,5 à 3 GW, soit au mieux l’équivalent de deux réacteurs EPR.

Henri Proglio explique que l‘énergie hydrolienne prendra "une part marginale dans le mix français". Mais il ajoute que cette ressource a un véritable potentiel dans le monde et pourrait notamment être très utile dans les îles. Il ajoute : "Les énergies marines sont les énergies de demain. EDF, en tant que premier électricien mondial, se doit d’être à la pointe dans le domaine".

Jean-Patrick Boissier, le PDG de DCNS qui est partenaire d‘EDF dans l‘énergie hydrolienne, s’enthousiasme : "la France (qui possède le deuxième territoire maritime mondial) doit s’appuyer sur la mer pour sa réindustrialisation et sa transition énergétique".

Pour rappel, en mars dernier, l’ancien ministre de l’industrie, Eric Besson avait annoncé une feuille de route pour l’hydrolien en France. Elle prévoyait, entre autres, un appel d’offres hydrolien d’ici deux ans pour la zone du Raz Blanchard (Manche). Depuis, l’élection présidentielle, cet agenda semble plus flou, mais EDF se dit prêt à répondre à toute proposition du gouvernement.

A Brest, Ludovic Dupin
 

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Les entreprises qui font l'actu

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte