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L'Usine Auto

"Deux visions ont pu s'opposer chez Renault, celle de Carlos Tavares et celle de Carlos Ghosn", selon Bernard Jullien

Pauline Ducamp , , ,

Publié le

Entretien Bernard Jullien, directeur du Gerpisa (Groupe d'Etude et de Recherche Permanent sur l'Industrie et les Salariés de l'Automobile), revient sur l'éviction du groupe français de Carlos Tavares, numéro 2 de Renault.

Deux visions ont pu s'opposer chez Renault, celle de Carlos Tavares et celle de Carlos Ghosn, selon Bernard Jullien © DR

L'Usine Nouvelle - Patrick Pelata, Carlos Tavares... Le poste de directeur opérationnel chez Renault est maudit ?

Bernard Jullien - Dès 2008, quand ce poste a été créé avec Patrick Pelata, il a été mal défini. Ce n'était pas clairement un poste de direction, beaucoup de décisions étant encore finalement du ressort de Carlos Ghosn. C'est aussi lui qui reste l'interlocuteur privilégié quand on parle de Renault, notamment pour l'Etat, actionnaire majeur de Renault.

Ce poste de directeur opérationnel peut-il perdurer ?

Le problème de ce poste est que c'est un vrai-faux poste de direction générale et que Carlos Ghosn reprend la main dès qu'il l'entend : c'est lui le seul dirigeant incontestable de Renault. Je pense que désormais, pour retrouver un vrai directeur propre au groupe Renault, il faudra attendre le départ de Ghosn. Tirer les leçons du passé impliquerait de supprimer ce poste de directeur opérationnel.

Carlos Tavares avait très bonne presse auprès des équipes. C'était un homme d'automobile.

Carlos Tavares avait réussi à rassurer une partie des équipes en interne, en insistant en particulier sur le coeur de gamme et/ou en reparlant du haut de gamme ou de Alpine. Carlos Ghosn, qui avait paru modérer les ardeurs de Tavares sur le haut de gamme et vient d'affirmer pour Nissan la volonté d'aller vite sur le développement de véhicules automatiques, semble porter une vision de l'automobile moins conventionnelle. Carlos Ghosn peut de ce point de vue penser que Tavares n'a fait pour le véhicule électrique que le minimum syndical. Il peut par conséquent y avoir, derrière ce départ, l'affirmation d'une option stratégique : celle soutenue par Carlos Ghosn - en accord trop superficiel avec Carlos Travares - qui parie sur des ruptures assez fortes et rapides.

Carlos Ghosn évince tous ses héritiers potentiels.

Il y a clairement avec Carlos Ghosn une personnification de la direction : l'Alliance c'est lui et comme le sort de Renault est de plus en plus intrinsèquement lié à celui de l'Alliance, on en vient à ne plus pouvoir imaginer Renault sans Ghosn. Pour l'instant, le bilan est "globalement positif" mais à terme se posera un problème de gouvernance.

Propos recueillis par Pauline Ducamp

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