Deux stars du design jugent les étoiles du Mondial

Jean-Marie Massaud et Matali Crasset, deux créateurs extérieurs au monde de l'automobile, analysent les concept-cars présentés au Mondial 2006.

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Deux stars du design jugent les étoiles du Mondial

C-Métisse de Citroën
Elle est dotée d'une traction hybride diesel, avec un moteur thermique V6 HDi et deux moteurs électriques implantés dans les roues arrière. A l'intérieur, la position de conduite est déterminée en fonction de la position de l'oeil du conducteur et complétée par un appui-tête en suspension.

L'avis de Jean-Marie Massaud
, 40 ans, diplômé de l'ENSCI.
Outre son activité de designer dans l'industrie et le luxe, il a assuré l'identité architecturale du Vulcano Stadium à Guadalajara au Mexique.

«Au premier regard, la C-Metisse de Citroën comme la 908 RC de Peugeot investissent sur le fantasme du plaisir de conduire, de la vitesse et de la puissance. Mais compte-tenu des enjeux environnementaux, de tels concept-cars sont de vrais pousse-au-crime ! Continuer à présenter la voiture comme un objet de représentation, de statut social me semble totalement archaïque. L'enjeu crucial de demain, c'est de concevoir des véhicules en symbiose avec notre technosphère ET notre écosphère.
La forme d'un objet révèle son contenu. Dans ces deux voitures, la forme évoque surtout l'arrogance, la performance et l'égoïsme. Dans la 908 RC comme dans la C-Métisse, l'énorme pont central qui sépare les places arrière comme les places avant n'invite pas à la convivialité. Côté dessin, la 908 RC est en phase avec les codes habituels de Peugeot. On y retrouve l'élégance d'une ligne lisse, tendue, un peu conservatrice. Mais cet air de «Batmobile», doublée d'une motorisation hypertrophiée (5,5 de cylindrée), va à contre-courant de ce qui devrait guider les constructeurs. Grande virtuosité aussi pour la ligne de la C-Métisse.
On retrouve dans ses courbes arrière la ?maladresse? instrumentalisée, qui donne aux Citroën leur singularité. Mais, pour l'une comme pour l'autre, cet habillage cosmétique ne cache pas un certain vide conceptuel.»


Iroc de Volkswagen
Cette sportive est équipée d'un moteur TSI de 210 chevaux. Au centre, les indicateurs ronds de la planche de bord accueillent un fond bleuté qui crée un effet de perspective en 3D. A droite, le design hexagonal des bouches de sortie de l'air conditionné, couleur argent mat, reprend celui de la calandre.

L'avis de Matali Crasset,
41 ans, diplômée de l'Ecole supérieure de création industrielle (ENSCI) est aujourd'hui l'une des designers françaises les plus demandées. On lui doit entre autres le Hi-Hôtel de Nice et le musée d'art contemporain SMs'Hertogenbosch aux Pays-Bas.

«L'Iroc ne ressemble pas davantage à la ligne habituelle de Volkswagen, qui est souvent dans la retenue. Son allure semble la destiner au marché asiatique : on retrouve beaucoup de leurs codes visuels comme ce tableau de bord ultralumineux et éclairé. Les cadres gris intérieurs, autour de la partie centrale ou à l'intérieur des portes, sont intéressants. D'autant qu'ils sont repris sur la calandre. Mais sa ligne extérieure pêche par trop d'éléments contradictoires : les flancs présentent des modelés, puis brutalement, la carrosserie est évidée. Ces idées sont bonnes mais leur succession sur ce véhicule de petite taille complique son histoire. »

Propos recueillis par Marion Deye

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