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Deux équipes françaises mettent au point des supraconducteurs chauds

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Des supraconducteurs pour doper les composants électroniques Les travaux des chercheurs de deux équipes du CNRS à Paris et à Grenoble font rêver les industriels de l'électronique.Les supraconducteurs permettront de réaliser, entre autres, des composants encore plus rapides.


 

Des supraconducteurs à température ambiante : ce vieux rêve de physicien n'est plus aujourd'hui chimérique ! Coup sur coup, deux équipes du CNRS viennent de pulvériser les précédents records, établis il y a quelques mois. Jusqu'ici, pour transporter de l'électricité sans la moindre résistance et donc sans la moindre perte d'énergie, les composés les plus performants devaient être trempés dans l'azote liquide !

Aujourd'hui, un banal congélateur suffit. L'équipe de Michel Laguès, de l'Ecole supérieure de physique et de chimie industrielle de Paris, a obtenu, il y a quelques semaines, un film supraconducteur à -23°C! D'une épaisseur d'environ 30nanomètres, ce nouveau matériau résulte de la superposition de couches d'atomes de bismuth, de strontium, de calcium et d'oxyde de cuivre. Il a fallu employer une machine spéciale, mise au point par la société Riber, capable de déposer une couche atomique après l'autre!

Quelques jours plus tard, des chercheurs du Centre de recherche sur les très basses températures à Grenoble, en collaboration avec le laboratoire de cristallographie, ont à leur tour mis en évidence une phase supraconductrice dans un échantillon de cuprate de mercure refroidi entre -23 et +7°C. " Un record d'autant plus intéressant que la matière synthétisée est massive, donc potentiellement plus apte à transporter des courants importants", estime Patrick Dubost, responsable du service matériau au laboratoire d'Alcatel Alsthom Recherches à Marcoussis.

"De telles avancées ne peuvent laisser les scientifiques indifférents. Mais il faut d'abord confirmer ces premiers résultats et reproduire ces nouveaux matériaux. Si tel est le cas, la recherche recevra certainement une nouvelle impulsion", précise-t-il. Mais de là à entrevoir dans un proche avenir des applications industrielles... Les supraconducteurs dits "chauds", mais en fait refroidis avec de l'azote liquide, n'ont pas encore donné lieu à des retombées industrielles concrètes. Il en sera probablement de même pour les nouveaux matériaux. "Plus on monte en température et plus les structures sont complexes. Les paires d'électrons circulent dans des couches comportant de moins en moins d'atomes, donc la moindre irrégularité perturbe leur passage. Pour être performant, le matériau devra être pur à l'échelle atomique", indique Patrick Dubost.

Si les spécialistes arrivent à mettre au point des techniques industrielles, les films supraconducteurs seront probablement de bons candidats pour réaliser des composants électroniques super-rapides. En revanche, la poudre devrait être plus apte aux applications électrotechniques : enroulements de transformateurs ou de moteurs, bobines de stockage de l'énergie, etc. Mais pas avant le XXIe siècle.



USINE NOUVELLE - N°2438 -
 

 

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