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Deux chercheurs français reçoivent le Prix de l’inventeur européen

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Ludwik Leibler a inventé des plastiques façonnables à volonté, tandis que Philippe Maugars a participé au développement de la technologie de communication sans contact NFC. Ce sont les deux lauréats français des Prix de l’inventeur européen 2015 décernés par l’Office européen des brevets.  

Deux chercheurs français reçoivent le Prix de l’inventeur européen
Franz Amtmann (Austriche) et Philippe Maugars (France)
© Maurice Weiss/European Inventor Award/OSTKREUZ

Pour leur dixième édition, les Prix de l’inventeur européen de l’Office européen des brevets (OEB), décernés cette année à Paris, ont récompensé deux chercheurs français. Dans la catégorie Recherche, Ludwik Leibler, qui dirige le laboratoire Matière Molle et Chimie, à l’ESPCI ParisTech, est l’inventeur avec son équipe d’une nouvelle catégorie de matériaux, baptisés « vitrimères » parce qu’ils réunissent les propriétés d’un verre et d’un polymère : des matériaux organiques légers, constitués de chaînes moléculaires comme les résines thermodurcissables ou les élastomères, mais qui peuvent être refaçonnés à volonté par chauffage – comme un verre.

L’équipe de Ludwik Leibler est partie d’ingrédients disponibles et utilisés dans l’industrie (résine époxy, durcisseurs, catalyseurs…) pour créer cette matière au comportement inédit : le réseau moléculaire n’est pas lié de manière permanente, car les liaisons se rompent et se reforment en dynamique.  Réparables et recyclables, les vitrimères pourraient trouver des applications dans le médical (chirurgie réparatrice), comme dans les articles de sport (des planches de surf réparables…), et l’automobile. Le laboratoire de l’ESPCI/CNRS travaille notamment avec le chimiste Arkema.

La NFC récompensée 

L’autre Français distingué par l’OEB cette année, dans la catégorie Industrie cette fois, est le pionnier de la technologie NFC (Near Field Communication) Philippe Maugars, qui reçoit un prix conjointement avec l’Autrichien Franz Amtmann. Les deux chercheurs ont travaillé au sein du groupe Philips à la mise au point de la technologie de communications en champ proche ("Near Field Communication", NFC), permettant d'échanger des données à haut débit entre un lecteur et un terminal mobile (smartphones, cartes de paiement, montres intelligentes…). La NFC permet le paiement sans contact, le contrôle d’accès, ou encore la gestion des stocks.

Franz Amtmann a d’abord travaillé chez Mikron, société autrichienne spécialisée dans les cartes sans contact et les systèmes RFID, rachetée par Philips en 1995. Philippe Maugars est quant à lui entré chez Philips dès ses débuts en 1983. Les deux lauréats ont par la suite travaillé dans le cadre de NXP, issu de la division semiconducteurs de Philips.  Philippe Maugars a créé en 2013 sa propre entreprise, PM Company, qui collabore avec NXP.

Les Prix de l’OEB ont été remis dans 4 autres catégories 

Le prix pour "L’œuvre d’une vie" est décerné à Andreas Manz (Suisse) pour son invention du laboratoire sur puce. Des technologies s'appuyant sur cette invention sont utilisées dans les laboratoires pour l'étude génétique et l'analyse cellulaire ou pour des instruments de mesure du taux de glucose destinés aux diabétiques. Andreas Munz dirige aujourd’hui le groupe microfluidique de l’institut coréen KIST de Sarrebruck (Allemagne).

Le Prix "Petites et moyennes entreprises" récompense Laura van’t Veer (Pays-Bas)  qui a développé un test génétique des tissus, permettant aux femmes atteintes d'un cancer du sein au stade précoce d'obtenir un diagnostic fiable sur le risque de rechute ou les chances de guérison sans chimiothérapie. Laura van’t Veer est aujourd’hui à la tête d’un laboratoire du Netherlands Cancer Institute.

Dans la catégorie "Pays non européens", Sumio Iijima, Akira Koshio et Masako Yudasaka (Japon) sont lauréats pour avoir développé au sein de Nec les nanotubes de carbone, qui recèlent un fort potentiel industriel, mais les applications ne sont qu'à leurs débuts. L'équipe japonaise a mis au point un processus de fabrication permettant d'utiliser les nanoparticules dans la biomédecine, notamment pour le traitement du cancer.

Enfin, le Prix "Populaire", attribué par le public qui choisit son lauréat lors d'un vote sur internet, récompense Ian Frazer (Australie) et son collègue aujourd’hui décédé Jian Zhou (Chine), de l’université du Queensland, pour le développement du premier vaccin contre le cancer du col de l'utérus.

Thierry Lucas

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