Deux candidats au moins à la reprise de STX France

Pour éponger ses dettes, le coréen STX doit céder avant la fin 2016 son chantier naval de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) dont le carnet de commandes est à son apogée, avec 14 paquebots à construire en dix ans. Le groupe italien Fincantieri et le néerlandais Damen seraient sur les rangs. 

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Deux candidats au moins à la reprise de STX France

Figé depuis deux ans, le dossier de la vente de STX France pourrait enfin connaître son épilogue d'ici à la fin de l'année. Alors qu'il doit présenter le 9 septembre 2016 un plan de sauvegarde, pour éviter la liquidation, le groupe coréen STX Offshore & Shipbuilding vient de confirmer la mise en vente de son plus bel actif, le chantier naval STX France, qui emploie 2 600 salariés à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) et mobilise des milliers d'emplois dans la sous-traitance. "Notre objectif est d'avoir bouclé la vente de STX France à la fin de l'année", a confirmé Kong Doo-Pyoung, porte-parole de STX Offshore & Shipbuilding, actionnaire majoritaire de STX France avec 66,66 % des parts aux côtés de l'Etat français.

La recherche d'un repreneur a été confiée au cabinet PricewaterhouseCoopers (PwC). STX recevra les offres des acheteurs potentiels en octobre, avant de choisir son candidat en novembre. Selon Kong Doo-Pyoung, plusieurs investisseurs, y compris asiatiques, ont manifesté leur intérêt. Disposant d'une minorité de blocage, l'Etat français sera associé au processus de vente. Selon le ministère de l'Économie et des Finances, deux repreneurs auraient manifesté un intérêt pour le dossier dont un consortium comprenant un industriel du secteur ainsi "qu'un second candidat crédible." Selon plusieurs sources, il s'agirait du groupe italien Fincantieri et du néerlandais Damen.

Le chantier est bien plus séduisant qu’en 2014

A Saint-Nazaire, "on ne s'inquiète pas outre mesure, car on est trop occupé à travailler", note François Janvier, de la CFE-CGC. Le chantier doit en effet livrer 14 paquebots d'ici à 2026 tout en menant à bien sa diversification dans les énergies marines renouvelables. L'essentiel de ce carnet de commandes a été signé depuis le début de cette année qui marquera sans doute l'apogée du chantier en termes de dynamique commerciale. "La direction n'est pas partie prenante à ce stade dans le processus de vente", dit-on au service communication. Pas de contacts, pas de visites d'éventuels acquéreurs donc. "Nous n'avons aucune information", confirme François Janvier. "Des noms, des rumeurs circulent, elles sont reprises constamment et tendent à être prises pour des informations", regrette le syndicaliste.

François Janvier explique que le chantier est bien plus séduisant aujourd'hui que lors de sa mise en vente en 2014. Pour lui, le « pacte de compétitivité », signé en 2014, fut le déclencheur des grosses commandes dont la série Vista de l'armateur italien MSC. "Ainsi, nous avons réalisé deux exercices équilibrés, et lancé un vaste plan d'investissement", poursuit-il. Après avoir lourdement investi ces dernières années -100 millions d’euros dont 30 millions pour édifier un portique de levage capable de manipuler des blocs de 1 200 tonnes -, STX France a prévu une enveloppe similaire dans les cinq ans à venir pour gagner encore en capacités. Il se trouve que le groupe coréen est un actionnaire plutôt dormant, qui ne soutient pas les efforts du chantier mais qui ne siphonne pas non plus les résultats, totalement réinvestis à Saint-Nazaire. STX France se débrouille également seule pour trouver elle-même les financements de ses navires. Sur ce point, un actionnaire stable ne serait pas un luxe.

Le groupe Fincantieri est considéré comme un danger

La CFE-CGC pointe cependant plusieurs scénarios à éviter dont la main mise d'un actionnaire chinois " car on sait qu'ils veulent développer une activité de navires de croisière dans leurs ports", dit-il. Le syndicaliste redoute aussi un éventuel concurrent désireux d'acheter STX France pour mieux l'éliminer. Le groupe italien Fincantieri est, à ce titre, considéré comme un danger. "Il a reculé l'échéance d'une restructuration, ce qu'il devra bien faire un jour et nous pourrions en être les victimes." L'italien s'est en outre lié au groupe chinois CSSC pour construire des paquebots en Chine.

Au syndicat FO, on appelle à une nationalisation pure et simple du chantier. Des élus, dont le socialiste Christophe Clergeau, militent pour que l'État demeure au capital avec, à ses côtés, un pool d'actionnaires régionaux pour constituer un ancrage sur le territoire. La région des Pays de la Loire a indiqué qu'elle pourrait investir 10 millions d'euros dans un tel tour de table tout en préférant une solution industrielle. On voit mal des financiers s'intéresser aux dossiers tant la construction navale est peu rentable, risquée et soumise à des cycles erratiques.

De notre correspondant en Pays de la Loire, Emmanuel Guimard

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